mercredi 7 décembre 2011

Héroïne en CDI épisode 13 : LA RÉUNION

Cet après-midi-là, il y avait une réunion à laquelle je devais assister. Enfin, disons plutôt que le matin même on m'avait lancé le carton d'archives dans les pattes. Contrairement à ce qui arrive si vous me faites la même chose avec une balle, je rattrape, car on me paye pour ça. Ah, le pouvoir de l'argent.

« -Chef, oui, chef, pas de problème, je vais assurer grave.

samedi 3 décembre 2011

Grève

Aujourd'hui, il y a eu grève, une vraie grève, pas une intersyndicale-interprofessionnelle à deux balles et à date fixe décidée au-dessus de nos têtes, non, une vraie grève spontanée.
Le motif est tellement minable que ça fout limite la honte.
On ne réclamait pas une augmentation de salaire, on ne réclamait pas des moyens supplémentaires, nan, rien de tout ça.

samedi 5 novembre 2011

Attention jeu de cons !

Padawan précaire, je viens de parler d’un truc que tu connais super bien et qui peut te foutre encore plus dans la merde que tu ne l’es déjà (sisi, c’est possible) : la pression.
La pression c’est un truc que tu connais à peu près depuis toujours. Tout bébé déjà il était question de te faire taire et tenir sage alors que tu voulais juste un câlin…après ça a été objectif sagesse et résultats scolaires mirifiques…si t’es une fille fallait rajouter beauté et douceur au menu. C’est super, la pression. C’est un truc ça permet de te faire culpabiliser grave de chez grave de juste qui tu es, et de te faire obéir, sinon c’est pas compliqué on t’aimera pas. Si c’est pas la sanction suprême, ça, hein…

mercredi 26 octobre 2011

Héroïne en CDI épisode 12 : NE PAS SE LAISSER METTRE LA PRESSION

"Comment se fait-il que vous n'ayez pas détaillé ceci auparavant ? Là, je suis interloqué. Il faut un minimum d'autocontrôle. C'est tout de même indispensable. Les documents rendus ce soir devront absolument mentionner cela. C'est impératif, c'est une imposition de ma part. Comment cela? Mais enfin vous vous êtes engagés sur des moyens, et des résultats. J'exige le respect de votre engagement. Vous vous doutez bien que la pression du client est plus que phénoménale. La remise de ce dossier est impérative dans les plus brefs délais. De quels moyens disposez-vous actuellement sur ce sujet? Concrètement, combien de personnes travaillent en ce moment et sur quels sujets? Pouvez-vous me le dire, s'il vous plaît? Et quand le document sera-t-il finalisé? Jusqu'à quelle heure serez-vous joignable ce soir? Et demain matin, à partir de quelle heure? C'est impensable. Où en seront les modifications demain à la première heure? Envoyez-moi dès maintenant un aperçu du travail en cours, s'il vous plaît. Pouvez-vous me dire précisément ce que vous aurez fini dans un heure? Et combien de temps exactement vous faut-il pour finaliser le tout conformément à votre engagement? J'ai absolument besoin d'une réponse précise. Allô? J'attends la réponse. Je vous ai posé une question, j'attends la réponse s'il vous plaît. Allô?"

lundi 24 octobre 2011

payer pour avoir une chance

On y est ! 

Enfin un salon du livre fait payer les jeunes illustrateurs pour avoir la chance de rencontrer 3 DA “maximum”. Tout de même il en a fallu, du temps, pour faire comprendre à ces infâmes glandeurs que ça suffisait, de rencontrer gratos leurs futurs patrons (et non plus collaborateurs), après s'être ruinés en train et s'être fracassé le dos à poireauter des heures dans les files d'attente.

dimanche 9 octobre 2011

Un patron est mort.

Steve Jobs est mort, paix à son âme. 

C’était un patron, un capitaliste de merde qui a réussi à vendre au populo des choses inutiles, à créer des besoins nouveaux au nom de la liberté et de l’idéologie d’un monde de communication. Un mec qui parlait si bien, un vrai tribun ce mec paraît-il. Dans le Libé du 7 octobre, 13 pages (!) sont consacrées à cette ordure, avec les témoignages des grands de la Terre, d’Obama à Bill Gates en passant par les politicards à la mode qui pleurent cette enflure. Ils devaient avoir des actions chez Apple sans doute: le cours de l’action a été multiplié par 40 en dix ans, grâce à des produits aussi indispensables que l’I-phone (développé en France) ou l’I-pad si indispensable pour l’émancipation de l’humanité. 

jeudi 6 octobre 2011

L'antichambre du travail

T’as eu une réponse. Au milieu des silences éloquents dont les entreprises/administrations gratifient les demandeurs d’emploi, par manque de temps ou par mépris, quand ceux-ci les sollicitent, t’as eu une réponse.

Parfois tu ne sais plus très bien de quelle boîte il s’agit ; des candidatures, t’en as envoyé des palettes entières.

Quand c’est un « non », tu mets de côté le courrier/sauvegardes l’email, pour que ton conseiller Pôle Emploi puisse constater que tu recherches activement un boulot. Par les temps qui courent mieux vaut assurer ses arrières, mais je m’égare, dis.

mercredi 5 octobre 2011

Le crépuscule de l'humanité

Hier, il y avait un débat autour du livre "Résister à la chaine", de Christian Corouge et Michel Pialoux, respectivement ouvrier Peugeot à la retraite, et sociologue (livre publié chez Agone).

Le débat était introduit par un documentaire d'une cinquantaine de minutes sur l'usine PSA Peugeot à Sochaux. On a beau savoir, se tenir informé, ne pas être dupe, se prendre les témoignages d'ouvriers en pleine gueule, ça fait toujours mal. C'est cru, ça ne prend pas de pincettes, c'est sans détour. L'ouvrier n'enrobe pas ce qu'il a à dire dans un jargon, il parle de ce qu'il doit faire, des directives qu'il doit suivre, et il n'a même pas à expliquer les conséquences de toute ça, elles sont évidentes, criantes, inévitables.

mardi 27 septembre 2011

Ouap

« Plaquez tout, les petits. Le travail - dans ce contexte - n'ennoblit pas l'homme. Les idéologues qui prétendent le contraire, quelle est leur profession ? Et quelles sont les chances de durée, je veux dire de durer dans l'amour, d'un couple qui se sépare à 7 heures pour se revoir à 20 heures, fatigué, au cœur d'une bruyante cité HLM ? Moi, je suis parti longtemps, préférant la gêne dans le bleu de la Provence et à la survie au milieu des odeurs de choux et de volaille, ici. Vos yeux sont des miroirs las de refléter les grues, le ciment, les tours et les usines. Glissez, mortels, sur la pente savonneuse de turbin-chagrin ! Glissez vers les cimetières populaires surpeuplés ! Glissez sur vos rêves écrabouillés, magma rosissant et doré des splendeurs à venir. Glissez sur le flot de vos larmes rentrées, sur votre sueur, sur le sang des règles qui prend l'ouvrière debout quand, ailleurs, on va « s'étendre un moment ». Eh oui ! Petit, je m'excuse mais c'est comme ça ! Glissez sous ce beau ciel qui part pour ailleurs ! Glissez au rythme du piano du voisin d'à côté qui était peut-être un virtuose et qui attend son cancer loin de l'odeur du lilas et des roses ! Glissez, mortels et songez que ce n'est pas juste vis-à-vis de nos douze ans, vis-à-vis des garçonnets et des fillettes que vous étiez et qui auraient dû avoir tous les droits ! Ah ! Nom de dieu, vive la Révolution ! »


Ouap, dans Tueurs de Flics de Fajardie.

mercredi 17 août 2011

Héroïne en CDI épisode 11 : LES SOUS- et les SUR-HOMMES

La hiérarchie sociale, saute aux yeux dans un tas de situations, une fois qu'on a pris l'habitude de la voir; et dans le milieu du travail, elle culmine parfois de manière décomplexée. 

Dans mon boulot, le sommet de la pyramide, c'est l'architecte. Alors pour lui/elle, il est interdit d'arriver en retard, consigne de la direction. S'il vient en visite on lui propose un café, on lui sourit beaucoup, on lui serre fort la main. Il n'a aucune raison de penser qu'on ne se conduit pas de la même manière avec tout le monde, pour peu qu'il ne se soit jamais posé la question. Il doit trouver les gens bien sympathiques et très professionnels. 

mardi 12 juillet 2011

La bourse ou la vie

 

La réponse du CNL vient de tomber. La commission a décidé de me donner une bourse pour faire mon projet. Youpi ! me direz vous.

Sauf que non, pas du tout. On me fait l'aumône de la “bourse découverte”, soit 3500 euros, payables dans les deux mois à hauteur de 80% c'est à dire 2800 euros, qui partiront aussitôt dans les cotisations, les loyers impayés et l'IRCEC, c'est  dire qu'il ne nous restera rien, niquedouille, ne serait-ce que pour manger. 

samedi 11 juin 2011

Attention Danger Travail

Aujourd'hui, j'avais des choses à dire, encore sur le travail. Mais je ne sais plus comment formuler, je n'ai plus de mots pour décrire mon dégoût, j'ai épuisé mon vocabulaire à vomir le travail. Alors aujourd'hui, je me contente de poster cet excellent film de Pierre Carles, Attention Danger Travail, pour ceux qui ne le connaitraient pas encore.






Attention Danger Travail (1)
 
 
Dahlia

samedi 28 mai 2011

Héroïne en CDI, épisode 10 : Travailler moins


S'il y a bien un concept auquel j'adhère, c'est celui de travailler moins. Partage des richesse ! Partage du temps de travail ! Comme on dit dans les manifs. Ça ferait bosser tout le monde, moins et pour le même résultat. 
Voilà le concept, simple à saisir, tout beau tout frais. Je parle pas de révolution, notez, c'est pas que j'en aie pas envie mais c'est pas le sujet. Tout cela est bien au contraire très compatible avec le capitalisme. Le « débridé », et le « à la papa ». J'irais même jusqu'à dire que je vais en intéresser quelques uns de ceux qui viennent buller sur le Salaire de la Peur avec l'oeil méprisant de la classe dominante pour des agités pénibles et irrécupérables. Restez en ligne, ça risque de vous donner des idées.

vendredi 27 mai 2011

Le Miroir

Elles sont désespérées ces salariées : l’employeur met en place une nouvelle organisation qui bafoue le droit et dégrade les conditions de travail au mépris de l’activité même de l’entreprise. Il est sourd aux réclamations des délégués du personnel. Elles demandent une intervention urgente de l’inspecteur du travail.

Difficile de réprimer une grimace. Ta direction a en effet annoncé hier qu’un projet identique allait être appliqué ici. Cynisme et indifférence ont été opposés aux représentants syndicaux. L’inspecteur du travail peut-il solliciter une intervention de l’inspecteur du travail ?

mercredi 11 mai 2011

Le parasite

Un politicard, peu importe qui il est, aujourd'hui c'est Wauquiez (*), hier c’était un autre (Boutin ? je sais plus, les propos ignobles restent, leurs auteurs sont interchangeables), et je te fiche mon billet que demain un autre connard prendra la relève, a sorti une horreur. Bon, d'accord, un autre politicard a encore sorti une horreur, jusque là pas de quoi s'estourbir, rien de plus régulier, il se passent les bons mots comme des relais, pour disperser la colère, la délayer dans un grand bol d'eau croupie, puant les égouts. Mais pour moi c'est toujours la même personne qui dégueule par sa bouche.

mardi 26 avril 2011

Héroïne En CDI, épisode 9 : 22 juin

Quel drôle de titre, 22 Juin. Que se passe-t-il le 22 Juin? Eh bien, c'est le lendemain du 21. Et tous les ans, c'est la même histoire... J'ai beau grandir, ça ne passe pas. Je sais très bien que je dois me lever le lendemain, et me voilà pourtant, galopante au cœur de la nuit avec les derniers zonards et tapeurs de djembe, saignant sur ma gratte, irrémédiablement BOURREE. Se coucher? Se pas coucher? Pour l'heure peu m'importe, c'est au petit matin que la falaise à gravir se dessine, au bon gros fusain. En général, j'arrive à trouver quelques bonnes prises et, bon an mal an, à me hisser jusqu'au plateau-repas. Des fois, c'est le drame. Heureusement que j'arrive en premier au bureau, c'est plus discret pour gerber. Ça en fait, c'est la petite intro anecdotique pour faire une accroche rigolote sur mon sujet du jour, l'alcool au boulot (hein, que vous avez rigolé).

lundi 28 mars 2011

Variable d'ajustement

La connasse de la boîte d’intérim s’appelait « Béné », c’était écrit sur son dévidoir à scotch. Elle paraissait toujours sortir de chez le coiffeur, faisait mille petites manières avec sa bouche et saisissait tous les objets comme si son vernis à ongle n’était pas encore sec. J’ai eu envie de l’éclater des milliers de fois, de lui casser la gueule, de hurler, de foutre en l’air son bureau. Sauf que j’avais besoin d’argent et qu’elle avait le pouvoir de me trouver des « missions » d’intérim.

jeudi 17 mars 2011

Monsieur le directeur

à : Pôle Emploi 
Monsieur le Directeur,

Passionné par les métiers de l’édition et de l’imprimerie depuis de nombreuses années, alliant créativité et efficacité dans l’exécution, maîtrise de la chaîne graphique et des règles typographiques, je prends aujourd’hui la liberté de vous soumettre ma candidature spontanée pour un poste de responsable PAO.

mercredi 16 mars 2011

Héroïne en CDI, épisode 8 : Le plein de gasoil

La voiture du petit patron qui n'en veut est souvent semblable à celle de son voisin sur le parking de la pépinière d'entreprises. Noire rutilante, fenêtres légèrement teintées bordées d'un liseré argent, elle se décline en deux tendances: le suppositoire ou le tracteur (A6/X5). En déplacement, ces véhicules ont une forte tendance à l'excès de vitesse et au zigzaguement – dû à la conduite au genou tout en consultant les documents nécessaires à la conversation téléphonique.

lundi 21 février 2011

Vous cherchez une stagiaire ?

J'ai 21 ans, bac+4, des idéaux, des idées, des envies, et de la motivation à revendre. Après avoir achevé ma licence en juillet dernier, j'ai décidé de travailler dans un agence d'architecture, plus dans le cadre d'une obligation scolaire, non, juste par envie, l'envie d'en connaître davantage avant de finir mes études, de m'affranchir de ce système illusoire d'enseignement qui s'enfonce dans trop d'académisme pour livrer des jeunes diplômés en pâture au fameux « monde du travail », après 6 ans de travaux forcés, et si peu d'expérience du milieu.

mercredi 9 février 2011

Héroïne en CDI, épisode 7 : Faire le poireau des semaines

En recherche d'emploi, il y a un piège à éviter à tout pris. C'est l'espoir. Ca, c'est vraiment l'attrape-bleusaille... Enfin en tout cas, c'est ce qu'on se dit toujours APRÈS COUP.
Illustration.
Suite à un tuyau qui m'a été généreusement refilé par un employeur potentiel (ah, le RESEAU), je contacte une petite entreprise du coin recherchant quelqu'un comme moi, à ce qu'il paraît. Contact pris, j'envoie la salade habituelle – par email, je suis moderne. Après quelques relances, je rencontre en chair et en os cet homme dynamique et doué. Le courant passe, il m'explique ce qu'il recherche comme profil: c'est-à-dire, tout.

samedi 5 février 2011

les vaches maigres

T'es trop pleutre pour braquer le proxi, trop pauvre pour acheter de quoi dealer ensuite, trop inapte pour trouver un "vrai emploi", et de toutes façons y'en a pas, ça servirait à rien de te tuer d'angoisse en allant à Pôle Emploi. T'es trop con ou trop honnête pour frauder. T'es pauvre, t'es con, et on est bien contents.

lundi 17 janvier 2011

La procrastination n'est pas une maladie

Hier, alors que je flânais sur internet à prendre les nouvelles de ce monde malade, je suis tombée sur cet article
J'ai déjà écrit sur la procrastination, mais l'article me redonne du grain à moudre, et pas qu'un peu.

L'article, comme tout ce que j'ai pu lire d'articles "d'experts" sur la procrastination, se borne à donner quelques "solutions" aux petits gamins capricieux que nous sommes, nous autres les procrastineurs, en partant systématiquement du principe que la procrastination est un problème. Enfin, les articles d'"experts" que j'ai lus jusque là, du moins.

mardi 11 janvier 2011

Madame, Monsieur,

J'ai obtenu un DUT Info-Com spécialisé dans les métiers du Livre après avoir consciencieusement raté une année de Lettres Modernes, et j'ai décidé de m'en tenir là au niveau des études car le milieu universitaire ne m'apportait guère de satisfaction.
J'ai donc bifurqué avec optimisme vers ce qu'on appelle communément le « Marché du travail ».
Je sais, Madame, Monsieur, qu'à la lecture de mon CV vous allez m'interroger sur le manque d'adéquation certain entre mes expériences professionnelles et l'intitulé de mon diplôme. Je sais que je vais vous servir le baratin approprié, suivant le poste que vous me proposez, pour tenter de redonner sens à tout ça, pour justifier également les périodes d'inactivité entre deux contrats, pour expliquer, en gros, pourquoi je suis là, devant vous, et pourquoi j'ai le front, l'audace de vouloir travailler au sein de votre entreprise ou administration, rayez la mention inutile.