samedi 8 décembre 2012

Distorsion cognitive

On est en décembre, et y a des familles roms foutues sur le trottoir comme des merdes (mais les enfants roms ne sont pas des enfants, c'est des brigades de pickpockets du métro dressées par la mafia), malgré la trêve hivernale (mais ils étaient dans des bâtiments insalubres, c'est pour leur bien aussi).
C'est marrant comme on se préoccupe de l'insalubrité de ton lieu de vie quand il s'agit de te jeter dehors. Comme disait M., j'ai habité un appartement insalubre, j'ai jamais vu les flics débarquer chez moi pour m'expliquer que pour mon bien, je devais déménager. Ça doit être lié au fait que je payais un loyer, malgré la moisissure qui envahissait les murs, l'absence d'isolation qui imposait un chauffage d'appoint supplémentaire et les fils dénudés à proximité des points d'eau. Et l'agent EDF qui t'explique que oui, c'est clairement pas aux normes, mais qu'il voit pire dans la cité sur les hauteurs, où d'autres gens payent aussi des loyers, et où trois gamins ont cramé vifs quelques années plus tard.

mercredi 24 octobre 2012

Il est 2h25

Il est 2h25 - Et je sais ce qui va se passer, dans cinq minutes.

Il est 2h30 - Et le réveil sonne, Et mes tripes me disent « merde ». Je l’éteins pour pas la réveiller, car je sais ce qui va se passer, dans 5 minutes.

Il est 2h42 - Je ne suis pas tout à fait medium… Mais je sens une main me farfouiller et une voix qui me glisse, à l’oreille « réveille toi Hank…l’Amérique n’attend pas. »Elle sait que ça me fait sourire. Elle peut me voir sourire dans la nuit. C’est sa manière a elle de souligner le truc, la douleur, le ridicule du truc…. J’étais son Buckowski qui allait au turbin… Comme dans ses nouvelles… Merde vous avez vu la gueule de ce type… Il écrit comme il transpire, et je suis pas saoul…

lundi 1 octobre 2012

Les limites à la joie d’apprendre

Quand j’ai commencé mes études, j’étais jeune et un peu inconsciente. Du genre : je viens d’avoir le bac, je peux tout réussir dans la vie. J’étais ivre d’une image stéréotypée de l’étudiante, toujours heureuse, guillerette, arpentant les couloirs d’une bibliothèque fantastique recélant des trésors incroyables : après tout, ne me présentait-on pas cette période comme “la meilleure de votre vie” ? Et encore parfois, ces profs qui nous regardent, du haut de leurs rides, ne nous disent-ils pas encore : “C’est encore pire après” — sympathique moyen d’attirer du public dans leurs gêoles, vous me direz. Au début, je ne comprenais pas l’ironie doucereuse. Et soudain, les problèmes familiaux ont troublé le petit paradis, le nuage s’est percé aussi sûrement qu’un ballon de baudruche ; je suis redescendue sur terre.[...]

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samedi 29 septembre 2012

Ton quart de siècle

Pour ton papa l'Etat, entre 18 et 25 ans tu es un bébé, bébé-étudiant, bébé-Tanguy, encore chez les parents ou dans une cité U, un bébé qui tâtonne dans des études supérieures souvent décriées, décrétées inutiles d'emblée. Si ta famille est vraiment très pauvre, ton papa l’État te filera une bourse, sinon il estimera que la solidarité familiale permettra ta survie, il te renverra vers tes vrais papa-maman qui payeront pour toi. Si ta famille est juste au dessus de l'échelon, situation bâtarde de « pas assez pauvre pour être aidée mais pas assez riche pour t'aider », tu auras l'opportunité de rentrer dans la vie active avant tout le monde en décrochant un job étudiant à mi-temps, et à toi de jongler avec ces nouvelles variables du post-bac qui te tombent sur la gueule, toutes en même temps sinon c'est pas marrant. Les courses, le loyer, les factures, le lavomatic et les partiels, le stage peu ou pas payé et le mémoire à rédiger, et au milieu le timer du Macdo, l'inventaire abrutissant de la grande surface, la mobylette de Pizza X, les casiers du tri postal la nuit, la serpillère et le balai à chiottes, le costume de guignol pour distribuer les flyers, servir les autres au bar, le sourire obligatoire. 

jeudi 6 septembre 2012

Babylone

Anti travail. J'aurai du creuser un peu, voir vos opinions,  et peut être vos solutions ... avant de causer. Mais ce soir j'ai la blase. Je voit des gens comme vous qui tiennent bon, et, une fois n'est pas coutume, j'ai des regrets.

J'ai jamais voulu travailler.  Mon souci est de ne pas supporter la ville.  Squat, volaille, came, tristesse, gris ...  Je tenais pas là-bas. 

jeudi 23 août 2012

Comment dire ?

Après avoir travaillé pendant plus de 15 ans dans divers postes dans les Ressources Humaines, dans des entreprises à tailles diverses (de quelques milliers à près de 100 000), pour lesquelles je me suis occupé de recrutement, de formation, de Développement des Compétences et même de Développement des Ressources humaines, c'est-à-dire d'aider les salariés à développer leurs connaissances, leur maîtrise de leur travail, certes pour le plus grand bien de la rentabilité de l'entreprise - mais bah, du moment que l'on développe ses connaissances, ce n'est jamais perdu et l'entreprise est un milieu tellement acculturant n'est-ce pas avec son verbiage anglicisant, ses acronymes, tout ça tout ça - bref, pendant toutes années à tenter de convaincre les décideurs (ceux qui paient) que l'on peut traiter SES (?) salariés comme autrui, je me suis rendu compte que j'étais du côté obscur de la force. Nulle complainte ici, je savais où j'étais, ce que j'y faisais, gagnait très correctement ma vie et tentais d'agir comme un virus en essayant de convaincre qu'en payant mieux, formant mieux et considérant mieux autrui on allait pas forcément perdre de la rentabilité (du fric) ou de la performance (des parts de marché, du fric)... tout ceci n'a duré que le temps où le marché du travail était en faveur des salariés.

samedi 18 août 2012

Brûle

  Le 13 août 2012, un homme de 51 ans est mort des suites de ses blessures, après s'être immolé par le feu à la Caisse d'Allocations Familiales de Mantes-la-Jolie cinq jours plus tôt. Les journaux disaient que ses jours n'étaient pas en danger, ça ne fait qu'une erreur d'appréciation de plus.
Il ne touchait plus son RSA depuis quatre mois. On insiste beaucoup sur le fait que c'était une suspension et pas une fin de droit, comme si le résultat était différent, comme si ça ne voulait pas dire que tu devais te démerder sans les 400€ et quelques qui te permettaient de ne pas couler totalement. Suspendu parce qu'il manquait des papiers. À l'heure où les caisses sont vides, faut savoir que t'as intérêt à tous les avoir, les papiers, les photocopies, le dossier standardisé complété tant bien que mal, les attestations sur l'honneur que, les justificatifs de, pour gratter les gravillons de solidarité qu'on consent encore à te jeter à la gueule, à toi l'assisté qu'est bien moins à plaindre que ceux qui vont au turbin...

vendredi 27 janvier 2012

L'atelier de C.V.


« Alors c’est très simple : vous êtes douze, vous allez vous séparer en deux groupes de six et étudier ensemble le CV de chaque personne de l’autre groupe. Puis en fin de séance chacun d’entre vous se fera le rapporteur de ce que son propre groupe a dit pour chaque CV étudié, ainsi tout le monde pourra prendre la parole ». Sourires, hochements de tête, clins d’œil et starting-blocks.

mercredi 4 janvier 2012

Contre le chomâge... et contre le travail !

Après avoir récemment perdu mon travail, je suis rentré dans le rang de ce qu’on appelle communément les chômeurs et précaires. Je n’ai pas envie d’écrire un texte théorique contre le travail ou des textes intellos conceptuels. Je me limiterai à ce long billet d’humeur et de quelques réflexions.
Ce titre d’article résume à peu près tout ce que je pense concernant la problématique du chômage et du travail.

En gros : ni l’un, ni l’autre, non merci.