Quelques jours plus tard, un autre cadre, Bruno P., se donne la mort –
par pendaison – à Trégunc, dans le Finistère. Il laisse derrière lui une
série de documents qui permettent de comprendre ce qui l’a poussé à
cette extrémité. Dans une lettre d’explications, il écrit :
mardi 18 février 2014
jeudi 29 août 2013
Derrière les bips bips, des êtres humains.
Quand j'ai voulu
commencer des études à la fac, j'ai dû quitter le domicile
familial – trop éloigné. J'avais droit à une bourse, échelon
maximal, et pourtant les loyers étaient si élevés (même en vivant
en couple) que j'ai cherché un job. J'ai eu « de la chance »,
j'ai trouvé rapidement un emploi de caissière (j'aime pas dire
« hôtesse de caisse » et essayer de cacher la misère).
C'était à temps partiel pendant les périodes de cours, et à temps
complet pendant les vacances : j'ai dit oui. J'y ai passé trois
ans tout pile, le temps de terminer ma licence.
Daniel Mermet ou les délices de « l’autogestion joyeuse »
Ce n’est jamais un plaisir de « tirer » sur son propre camp. Mais quand
l’une des personnalités les plus influentes de l’audiovisuel « de
gauche » adopte au quotidien des techniques de management dignes du
patronat néolibéral le plus décomplexé, difficile de détourner les yeux.
Enquête sur l’animateur un brin schizophrénique de « Là-bas si j’y
suis », l’émission culte de France Inter.
mercredi 5 juin 2013
J'ai fait des études,
j'ai cumulé des diplômes, j'ai engrangé
de longues années d'enseignement et maîtrisé plus de domaines qu'il ne
m'en fallait. Il parait que c'est seulement comme ça qu'on peut faire un
métier qui nous plaît.
Sachez qu'on nous ment. Les rêves ne font pas bon ménage avec la réalité.
Par contre, ce qui marche bien, c'est la précarité.
Résultat, bouffée par la trouille d'un loyer à payer, j'ai chopé le premier CDI qui passait, le seul ou on m'engageait vite et sans trop barguiner.
Je suis téléopératrice.
C'est pas top comme métier.
Sachez qu'on nous ment. Les rêves ne font pas bon ménage avec la réalité.
Par contre, ce qui marche bien, c'est la précarité.
Résultat, bouffée par la trouille d'un loyer à payer, j'ai chopé le premier CDI qui passait, le seul ou on m'engageait vite et sans trop barguiner.
Je suis téléopératrice.
C'est pas top comme métier.
jeudi 9 mai 2013
Quand il se raconte, le réel est une fiction comme une autre.
Quand l’avenir appartient aux patrons dont les ouvriers se lèvent tôt.
Quand l’usine où tu viens d’être embauché fait des contrats
hebdomadaires, soit alors jusqu’à 18 mois 72 contrats d’une page format
21 x 29,7 cm comprenant durée du contrat, personne que tu remplaces et
convention collective auquel tu es rattaché. Mais bon, tu ne vas pas y
passer ta vie.
Quand un collègue, te voyant passer avec un transpalette te clame « Alors, t’es dans les transports ? »
Quand tu dis que tu es ouvrier et que les gens te disent « Ah ! »
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