dimanche 13 avril 2014

Journée d'ouvrier


Fiction : Assemblage subjectif de faits réels, dont certains n'ont pas été inventés.

La douleur le réveilla. Il était en chien et en sueur sur son lit. Il avait égaré sa nuit, sentait cette sorte de rouille d'usure et de fatigue sur ses muscles. Il ne parviendrait pas à se rendormir. Ni à se réveiller. Cet entre deux de foireux. Temps que cette semaine aussi s'achève. Il n'était que 5 h du matin.

La cafetière fumait. Il s'installa avec sa tasse face au velux pendant que sa platine passait Ring of fire de Johnny Cash en sourdine. En se contorsionnant un peu contre le mur il pouvait trouver une position ou il ne morflait pas trop. Au loin il apercevait les lumières des éoliennes sur la colline voisine. Un mec lui avait raconté un jour combien ils avaient des problèmes avec les chauve-souris. Ces bestioles avaient pourtant des radars. Mais comme elles volaient en groupe, elles avaient tendance à faire confiance à la voisine pour veiller au grain et débrancher le radar, comme on déconnecte la Wi-fi. Les éoliennes ne figuraient pas encore dans leur GPS, elles se prenaient l'obstacle dans la gueule. Donc pour protéger les éoliennes il fallait leur démontrer que le danger pouvait être mouvant, qu'il fallait savoir bien l'identifier sous des masques,  garder une vigilance collective, que c'est autant toi qui protège le groupe que le groupe qui te protège. C'est vraiment rien que bête une chauve-souris. Ce serait une histoire à raconter à la gamine ce WE. L'appart' était pas trop mal rangé. Elle aurait bien quelques trucs à mettre en dawa. Il décida d'aller au boulot à pied. Il avait bien le temps, ça ne commençait qu'à 7 h 30. Et il n'avait pas encore de quoi faire réparer sa voiture.

mercredi 9 avril 2014

Fourbi

Fourbi c’est un petit fanzine, brochure ou appelle-le comme bon te semble, qui rassemble des textes en vrac sur le travail salarié. Textes écrits par des travailleurs-euses, chômeurs-euses, étudiants-es et autre précaires.

dimanche 6 avril 2014

Non, merci.

La magie du public où on a ratiboisé les postes de fonctionnaires c’est de pouvoir y entrer en CDD sans passer par la case concours (1000 candidats 4 postes, j’ai même pas cherché à attraper la rampe, je me suis jamais sentie l’âme d’un peloton de tête).
C’est tout bénéf, tu coûtes pas cher et t’es pas moins compétent qu’un autre, et lourdable à volonté, moderne flexible comme l’Etat-entrepreneur  aime. Tu signes des contrats une fois par an où c’est marqué en toutes lettres que ça ne te garantit en aucun cas une titularisation à venir, ok au moins c’est franc, et de ton côté tu te gardes l’illusion d’une liberté (surveillée).