"Comment se fait-il que vous n'ayez pas détaillé ceci auparavant ? Là, je suis interloqué. Il faut un minimum d'autocontrôle. C'est tout de même indispensable. Les documents rendus ce soir devront absolument mentionner cela. C'est impératif, c'est une imposition de ma part. Comment cela? Mais enfin vous vous êtes engagés sur des moyens, et des résultats. J'exige le respect de votre engagement. Vous vous doutez bien que la pression du client est plus que phénoménale. La remise de ce dossier est impérative dans les plus brefs délais. De quels moyens disposez-vous actuellement sur ce sujet? Concrètement, combien de personnes travaillent en ce moment et sur quels sujets? Pouvez-vous me le dire, s'il vous plaît? Et quand le document sera-t-il finalisé? Jusqu'à quelle heure serez-vous joignable ce soir? Et demain matin, à partir de quelle heure? C'est impensable. Où en seront les modifications demain à la première heure? Envoyez-moi dès maintenant un aperçu du travail en cours, s'il vous plaît. Pouvez-vous me dire précisément ce que vous aurez fini dans un heure? Et combien de temps exactement vous faut-il pour finaliser le tout conformément à votre engagement? J'ai absolument besoin d'une réponse précise. Allô? J'attends la réponse. Je vous ai posé une question, j'attends la réponse s'il vous plaît. Allô?"
mercredi 26 octobre 2011
lundi 24 octobre 2011
payer pour avoir une chance
On y est !
Enfin un salon du livre fait payer les jeunes illustrateurs pour avoir la chance de rencontrer 3 DA “maximum”. Tout de même il en a fallu, du temps, pour faire comprendre à ces infâmes glandeurs que ça suffisait, de rencontrer gratos leurs futurs patrons (et non plus collaborateurs), après s'être ruinés en train et s'être fracassé le dos à poireauter des heures dans les files d'attente.
dimanche 9 octobre 2011
Un patron est mort.
Steve Jobs est mort, paix à son âme.
C’était un patron, un capitaliste de merde qui a réussi à vendre au populo des choses inutiles, à créer des besoins nouveaux au nom de la liberté et de l’idéologie d’un monde de communication. Un mec qui parlait si bien, un vrai tribun ce mec paraît-il. Dans le Libé du 7 octobre, 13 pages (!) sont consacrées à cette ordure, avec les témoignages des grands de la Terre, d’Obama à Bill Gates en passant par les politicards à la mode qui pleurent cette enflure. Ils devaient avoir des actions chez Apple sans doute: le cours de l’action a été multiplié par 40 en dix ans, grâce à des produits aussi indispensables que l’I-phone (développé en France) ou l’I-pad si indispensable pour l’émancipation de l’humanité.
mercredi 5 octobre 2011
Le crépuscule de l'humanité
Hier, il y avait un débat autour du livre "Résister à la chaine", de Christian Corouge et Michel Pialoux, respectivement ouvrier Peugeot à la retraite, et sociologue (livre publié chez Agone).
Le débat était introduit par un documentaire d'une cinquantaine de minutes sur l'usine PSA Peugeot à Sochaux. On a beau savoir, se tenir informé, ne pas être dupe, se prendre les témoignages d'ouvriers en pleine gueule, ça fait toujours mal. C'est cru, ça ne prend pas de pincettes, c'est sans détour. L'ouvrier n'enrobe pas ce qu'il a à dire dans un jargon, il parle de ce qu'il doit faire, des directives qu'il doit suivre, et il n'a même pas à expliquer les conséquences de toute ça, elles sont évidentes, criantes, inévitables.
mardi 27 septembre 2011
Ouap
« Plaquez tout, les petits. Le travail - dans ce contexte - n'ennoblit pas l'homme. Les idéologues qui prétendent le contraire, quelle est leur profession ? Et quelles sont les chances de durée, je veux dire de durer dans l'amour, d'un couple qui se sépare à 7 heures pour se revoir à 20 heures, fatigué, au cœur d'une bruyante cité HLM ? Moi, je suis parti longtemps, préférant la gêne dans le bleu de la Provence et à la survie au milieu des odeurs de choux et de volaille, ici. Vos yeux sont des miroirs las de refléter les grues, le ciment, les tours et les usines. Glissez, mortels, sur la pente savonneuse de turbin-chagrin ! Glissez vers les cimetières populaires surpeuplés ! Glissez sur vos rêves écrabouillés, magma rosissant et doré des splendeurs à venir. Glissez sur le flot de vos larmes rentrées, sur votre sueur, sur le sang des règles qui prend l'ouvrière debout quand, ailleurs, on va « s'étendre un moment ». Eh oui ! Petit, je m'excuse mais c'est comme ça ! Glissez sous ce beau ciel qui part pour ailleurs ! Glissez au rythme du piano du voisin d'à côté qui était peut-être un virtuose et qui attend son cancer loin de l'odeur du lilas et des roses ! Glissez, mortels et songez que ce n'est pas juste vis-à-vis de nos douze ans, vis-à-vis des garçonnets et des fillettes que vous étiez et qui auraient dû avoir tous les droits ! Ah ! Nom de dieu, vive la Révolution ! »
Ouap, dans Tueurs de Flics de Fajardie.
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