dimanche 9 octobre 2011

Un patron est mort.

Steve Jobs est mort, paix à son âme. 

C’était un patron, un capitaliste de merde qui a réussi à vendre au populo des choses inutiles, à créer des besoins nouveaux au nom de la liberté et de l’idéologie d’un monde de communication. Un mec qui parlait si bien, un vrai tribun ce mec paraît-il. Dans le Libé du 7 octobre, 13 pages (!) sont consacrées à cette ordure, avec les témoignages des grands de la Terre, d’Obama à Bill Gates en passant par les politicards à la mode qui pleurent cette enflure. Ils devaient avoir des actions chez Apple sans doute: le cours de l’action a été multiplié par 40 en dix ans, grâce à des produits aussi indispensables que l’I-phone (développé en France) ou l’I-pad si indispensable pour l’émancipation de l’humanité. 

mercredi 5 octobre 2011

Le crépuscule de l'humanité

Hier, il y avait un débat autour du livre "Résister à la chaine", de Christian Corouge et Michel Pialoux, respectivement ouvrier Peugeot à la retraite, et sociologue (livre publié chez Agone).

Le débat était introduit par un documentaire d'une cinquantaine de minutes sur l'usine PSA Peugeot à Sochaux. On a beau savoir, se tenir informé, ne pas être dupe, se prendre les témoignages d'ouvriers en pleine gueule, ça fait toujours mal. C'est cru, ça ne prend pas de pincettes, c'est sans détour. L'ouvrier n'enrobe pas ce qu'il a à dire dans un jargon, il parle de ce qu'il doit faire, des directives qu'il doit suivre, et il n'a même pas à expliquer les conséquences de toute ça, elles sont évidentes, criantes, inévitables.

mardi 27 septembre 2011

Ouap

« Plaquez tout, les petits. Le travail - dans ce contexte - n'ennoblit pas l'homme. Les idéologues qui prétendent le contraire, quelle est leur profession ? Et quelles sont les chances de durée, je veux dire de durer dans l'amour, d'un couple qui se sépare à 7 heures pour se revoir à 20 heures, fatigué, au cœur d'une bruyante cité HLM ? Moi, je suis parti longtemps, préférant la gêne dans le bleu de la Provence et à la survie au milieu des odeurs de choux et de volaille, ici. Vos yeux sont des miroirs las de refléter les grues, le ciment, les tours et les usines. Glissez, mortels, sur la pente savonneuse de turbin-chagrin ! Glissez vers les cimetières populaires surpeuplés ! Glissez sur vos rêves écrabouillés, magma rosissant et doré des splendeurs à venir. Glissez sur le flot de vos larmes rentrées, sur votre sueur, sur le sang des règles qui prend l'ouvrière debout quand, ailleurs, on va « s'étendre un moment ». Eh oui ! Petit, je m'excuse mais c'est comme ça ! Glissez sous ce beau ciel qui part pour ailleurs ! Glissez au rythme du piano du voisin d'à côté qui était peut-être un virtuose et qui attend son cancer loin de l'odeur du lilas et des roses ! Glissez, mortels et songez que ce n'est pas juste vis-à-vis de nos douze ans, vis-à-vis des garçonnets et des fillettes que vous étiez et qui auraient dû avoir tous les droits ! Ah ! Nom de dieu, vive la Révolution ! »


Ouap, dans Tueurs de Flics de Fajardie.

mercredi 17 août 2011

Héroïne en CDI épisode 11 : LES SOUS- et les SUR-HOMMES

La hiérarchie sociale, saute aux yeux dans un tas de situations, une fois qu'on a pris l'habitude de la voir; et dans le milieu du travail, elle culmine parfois de manière décomplexée. 

Dans mon boulot, le sommet de la pyramide, c'est l'architecte. Alors pour lui/elle, il est interdit d'arriver en retard, consigne de la direction. S'il vient en visite on lui propose un café, on lui sourit beaucoup, on lui serre fort la main. Il n'a aucune raison de penser qu'on ne se conduit pas de la même manière avec tout le monde, pour peu qu'il ne se soit jamais posé la question. Il doit trouver les gens bien sympathiques et très professionnels. 

mardi 12 juillet 2011

La bourse ou la vie

 

La réponse du CNL vient de tomber. La commission a décidé de me donner une bourse pour faire mon projet. Youpi ! me direz vous.

Sauf que non, pas du tout. On me fait l'aumône de la “bourse découverte”, soit 3500 euros, payables dans les deux mois à hauteur de 80% c'est à dire 2800 euros, qui partiront aussitôt dans les cotisations, les loyers impayés et l'IRCEC, c'est  dire qu'il ne nous restera rien, niquedouille, ne serait-ce que pour manger.