<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385</id><updated>2012-02-12T04:59:24.110-08:00</updated><category term='Travailler plus gagner moins et quand même vivre mieux'/><category term='Héroïne en CDI'/><title type='text'>LE SALAIRE DE LA PEUR</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>42</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-484472568122237642</id><published>2012-02-12T04:59:00.000-08:00</published><updated>2012-02-12T04:59:24.118-08:00</updated><title type='text'>Dans les choux</title><content type='html'>&lt;blockquote class="tr_bq"&gt;&lt;div class="post-excerpt" style="text-align: justify;"&gt;Pendant que certains enfument la campagne électorale avec &lt;a href="http://seenthis.net/messages/55685" target="_blank"&gt;&lt;b style="color: #444444;"&gt;de petites saillies assassines qui n'ont d'autre objet que de faire parler pour ne rien dire&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;, je vais me contenter de vous parler de la vraie vie, en l’occurrence de la mienne.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dans la série des &lt;em&gt;provocs&lt;/em&gt; à deux balles qui font couler beaucoup d'encre et de jus de cerveaux plus que disponibles, il y avait eu, en son temps, la &lt;a href="http://blog.lefigaro.fr/social/2011/02/le-mirage-des-offres-demploi-n.html" target="_blank"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #444444;"&gt;gentille petite vanne des 500&amp;nbsp;000 offres d'emploi non pourvues&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;. C'est bien ce genre de déclaration à l'emporte-pièce : ça ne mange pas de pain, ça se sort du fin fond de son string de sumo, ça &lt;em&gt;émotive&lt;/em&gt; gravement chez ceux qui n'avaient pas besoin de plus pour se réactiver le &lt;a href="http://blog.monolecte.fr/post/2006/09/29/Le-Point-sur-la-table" target="_blank"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #444444;"&gt;mode haine-des-chômeurs-ces-feignasses-rentières&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/a&gt; et surtout, même si le chiffre est ensuite dénoncé et son manque de fondement démontré, l'essentiel est fait&amp;nbsp;: il a marqué les esprits et restera dans les bas-fonds de notre inconscient collectif, petite perle nauséabonde qu'une autre vacherie, balancée comme par hasard un soir de manque d'inspiration quant à un vague projet politique, cristallisera encore plus jusqu'à en faire une évidence incontestable et incontournable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se trouve donc que je viens justement de postuler à l'une de ces offres non pourvues et qui devrait le rester.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ceux qui me connaissent savent que je navigue sans faillir depuis des années dans &lt;a href="http://blog.monolecte.fr/post/2007/01/03/Le-precariat-contre-le-salariat" target="_blank"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #444444;"&gt;un océan de précarité&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;, traversé de courants traîtres et balayé de vents contraires. Un coup de rame en avant, trois vagues en arrière, tel est mon quotidien et celui de bien d'autres avec moi. Le truc, c'est de ne pas faiblir, toujours souquer ferme, godiller entre les écueils, ne négliger aucune plage, aucun îlot, même minuscule et dérisoire. La plupart du temps, ma vie se résume à &lt;a href="http://blog.monolecte.fr/post/2009/09/01/L-autodetermination-du-hamster-dans-sa-roue" target="_blank"&gt;&lt;b style="color: #444444;"&gt;beaucoup d'efforts pour rien&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;, comme cet appel d'offres, préparé tambour battant pendant plus d'un mois autour d'une bien belle équipe de gens motivés et doués, chacun dans leur domaine, pour en arriver au final à une suspension &lt;em&gt;sine die&lt;/em&gt; pour cause de... va savoir... &lt;q&gt;on se le met derrière l'oreille pour se le fumer plus tard&lt;/q&gt;, en gros, un truc comme ça. Mais voilà, la règle est impitoyable&amp;nbsp;: sept fois à terre, &lt;a href="http://www.telerama.fr/cinema/films/8-fois-debout,400925,critique.php" target="_blank"&gt;&lt;b style="color: #444444;"&gt;huit fois debout&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;, tu ravales ta déception, tu passes tes déplacements dans la colonne &lt;em&gt;pertes et profits&lt;/em&gt; qui cumule surtout des pertes, tu te mets ton orgueil et ta sensibilité au fond de la poche, et tu reprends la barre, l'œil vrillé sur l'horizon lointain qui se dérobe au fur et à mesure que tu traces ta route vers lui. [...]&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L'intégralité à lire sur &lt;a href="http://blog.monolecte.fr/post/2012/02/06/Dans-les-choux#pr" target="_blank"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #444444;"&gt;le blog de Monolecte&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-484472568122237642?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/484472568122237642'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/484472568122237642'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2012/02/dans-les-choux.html' title='Dans les choux'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-5643538186188807486</id><published>2012-01-27T01:19:00.000-08:00</published><updated>2012-01-27T01:19:51.696-08:00</updated><title type='text'>L'atelier de C.V.</title><content type='html'>&lt;style type="text/css"&gt; &lt;!--  @page { margin: 2cm }  P { margin-bottom: 0.21cm } --&gt; &lt;/style&gt;   &lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;«&amp;nbsp;&lt;i&gt;Alors c’est très simple&amp;nbsp;: vous êtes douze, vous allez vous séparer en deux groupes de six et étudier ensemble le CV de chaque personne de l’autre groupe. Puis en fin de séance chacun d’entre vous se fera le rapporteur de ce que son propre groupe a dit pour chaque CV étudié, ainsi tout le monde pourra prendre la parole&lt;/i&gt;&amp;nbsp;». Sourires, hochements de tête, clins d’œil et starting-blocks.  &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Non mais qu’est ce que je fais là&amp;nbsp;? A un atelier rédaction de curriculum vitae organisé par un prestataire de services payé à prix d’or par Pôle Emploi&amp;nbsp;? Ah oui… j’avais presque oublié&amp;nbsp;: je suis chômeur depuis fin 2010, ce serait ma dernière ligne droite car il ne me reste plus que dix mois d’allocations, il faut coûte que coûte que je retrouve un travail,&amp;nbsp;maintenant, tout de suite, parce que je le mérite – ou plutôt parce que je dois tout faire pour le mériter. Mais je n’en veux pas de leurs boulots. J’ai déjà travaillé pendant 20 ans. Et je n’en pouvais plus. Je n’en peux toujours plus. Le travail m’a rendu malade – physiquement et mentalement – et alors j’ai dit stop. Pour un moment. Combien de temps, je ne sais pas encore.  &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Je ne suis toujours pas prêt à retravailler, à subir à nouveau la pression du monde de l’entreprise, du monde du travail et de gens à qui je n’adresserais même pas la parole si je venais à les rencontrer par hasard dans la rue. Ah tiens, d’ailleurs, les onze autres de cet atelier non plus je ne leur aurais jamais adressé la parole. Ils sont beaucoup trop sûrs de leur propre valeur. De la nécessité de ce qu’ils font. Ils ne se posent pas la question du pourquoi faire mais ils font. Leur travail était une contrainte mais ils en veulent un nouveau. Ils vivent dans un monde parfait dont ils ne se rendent même pas compte qu’ils n’en font plus réellement partie. Mais ils s’accrochent. Tous cherchent du travail mais personne ne dira qu’il est au chômage. La honte, l’opprobre, la vilaine maladie, le cancer sociétal.&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Donc me voilà depuis un peu plus d’une année maintenant inscrit à Pôle Emploi. C’est le prix à payer pour avoir délibérément arrêté de travailler&amp;nbsp;: j’ai fait un abandon de poste, j’ai été licencié seulement pour faute grave et j’ai donc droit aux Assedic… c’est un peu la même chose que l’arrêt du contrat de travail à l’amiable mais l’avantage de ma méthode est de prendre son patron totalement par surprise et donc de l’emmerder. J’en ris encore. C’est même ma drogue les jours où ça va un peu moins bien.   &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Dans mon cas les personnes de Pôle Emploi ont presque été clémentes avec moi&amp;nbsp;: pas trop de harcèlement, pas de vexations, pas de cette politique du chiffre qui dans notre nouveau monde transforme n’importe quelle mission de service public en machine de guerre. Juste une incapacité totale, faute de moyens réels et de motivation, à s’occuper des chômeurs mais une toute petite poignée de convocations – une fois sur deux mon conseiller a malicieusement noté que le système informatique était en panne et qu’il ne pouvait techniquement pas me fournir d’offres d’emploi adaptées à mon profil&amp;nbsp;», quel dommage – et cet atelier, donc, tombant comme un cheveu sur une soupe, un atelier CV. Il faut bien occuper les chômeurs.  &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Nous sommes douze et je suis coincé pour au moins deux heures avec les autres. On passe en revue tous les CV. Ça charcle. Mais on se justifie en affirmant que l’on est là pour avoir l’avis et le regard d’autrui et que l’on acceptera soi-même toutes les critiques et autres remarques venues des autres. Au milieu des débats je dresse l’oreille parce que je comprends que le groupe d’en face est en train d’examiner mon propre cas. Et il semble très bien mon CV&amp;nbsp;: qualité, savoir-faire, tradition. C’est à se demander pourquoi je n’ai pas encore retrouvé un travail, non&amp;nbsp;?&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;On parle encore, on échange, je grogne un peu, préfère regarder la bourgeoise de plus quarante ans assise en face de moi et qui essaie d’en faire dix de moins. Elle a des jolis seins et je suis un pervers. Fin des délibérations. L’animatrice de l’atelier reprend alors la parole et déclare que l’on va passer en revue les CV un par un. C’est moi qui commence. Je dois répéter tout ce que les autres ont dit d’un torchon dont je n’ai que faire. Je me déteste de faire ça et pour la première fois je sens vraiment que la machine Pôle Emploi a un ascendant sur moi, m’impose sa façon de faire, une façon de penser qui n’est pas la mienne. L’activité en groupe ça peut être fatal. Ce sera donc la première et la dernière fois en qui me concerne.&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;D’autres cas suivent. Puis vient le mien. C’est ma bourgeoise d’en face qui est la porte-parole du groupe qui a examiné ma vie&amp;nbsp;et mon œuvre. Elle n’a pas grand-chose à dire, je ne l’écoute pas vraiment et elle a une jolie petite robe à pois un peu trop petite et qui donc la serre avantageusement. Elle me dit juste que mon CV est trop lisse, trop parfait que l’on ne peut pas s’y accrocher – c’est exactement ça. Elle regrette aussi que je ne mentionne pas d’activité secondaire, de loisir ou de passion – je dois avoir l’air d’un monstre sans âme mais j’aime ça, aussi.&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;On finit le tour de table. L’animatrice tire des conclusions. Je pense juste à me tirer de là. Chacun garde une copie des CV de tout le monde… je trouve cela très indiscret et malvenu. Comme si on était une grande famille. Alors que nous devrions être des individus prêts à tout. L’hypocrisie jusqu’à la fin.  &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;Haz.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-5643538186188807486?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/5643538186188807486'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/5643538186188807486'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2012/01/latelier-de-cv.html' title='L&apos;atelier de C.V.'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-7213136253593585903</id><published>2012-01-04T00:06:00.000-08:00</published><updated>2012-01-04T00:06:14.588-08:00</updated><title type='text'>Contre le chomâge... et contre le travail !</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Après avoir récemment perdu mon travail, je suis rentré dans le rang  de  ce qu’on appelle communément les chômeurs et précaires. Je n’ai pas   envie d’écrire un texte théorique contre le travail ou des textes   intellos conceptuels. Je me limiterai à ce long billet d’humeur et de   quelques réflexions.  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce titre d’article résume à peu près tout ce que je pense concernant la problématique du chômage et du travail.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En gros : ni l’un, ni l’autre, non merci.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pour  l’expliquer, je commencerai par une anecdote : pas plus tard  qu’il y a  quelques jours, j’allais à une manifestation "&lt;i&gt;contre le chômage&lt;/i&gt;". Et  là, le mégaphone de la CGT retentit. Plusieurs trucs assez   insupportables et un notamment deux phrases qui me frappent comme un   courrier de "&lt;i&gt;trop perçu de la C.A.F en votre faveur&lt;/i&gt;". Le mec se lance   dans une diatribe sur les patrons et les capitalistes (jusqu’ici, tout   va bien) en expliquant que "&lt;i&gt;ces gens là, qui ne travaillent pas sont des   parasites, et que le travail, c’est ça la dignité dans la vie&lt;/i&gt;" puis   nous explique que "&lt;i&gt;les chômeurs doivent lutter pour un travail et un   salaire décents&lt;/i&gt;" (il a l’air de savoir de quoi il parle).&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La  première escroquerie consiste à prétendre que la division de  classe ne  repose que sur le travail. Ce qui est faux, et les chômeurs et chômeuses en sont la preuve vivante. Non seulement il y a des pauvres   qui ne travaillent pas (et survivent tant bien que mal, la fameuse   "armée de réserve du capital") mais il y a des patrons, des   propriétaires et des capitalistes qui travaillent. Même si du point de   vue strictement "ouvriériste" ou travailliste, ils ne produisent rien ou   pas grand chose, la plupart des cadres de la société d’exploitation   dans laquelle nous vivons travaillent effectivement. Dans des bureaux,   dans des bourses, en supervisant des chantiers, en faisant des réunions,   en se déplaçant, en faisant leurs calculs, en faisant de la politique,   etc, bref à des postes de gestionnaires la plupart du temps et   généralement moins manuels, mais du travail quand même. En fait, c’est   une minorité de rentiers qui ne travaillent pas du tout. La plupart des   capitalistes d’aujourd’hui travaillent. Certains sont même salariés (il  y  a des patrons salariés par les actionnaires ou grands patrons, et  qui  ne sont donc pas complètement propriétaires, ou seulement d’une  partie)  même si ils ont des salaires gras et ne foutent pas grand  chose, etc.  Bref, si la plupart des pauvres travaillent dur pour gagner  juste de  quoi survivre ou un tout petit peu plus, ça ne veut pas dire  que tout  repose sur la seule problématique "salarié-e-s/patrons" (même  si ça  reste une problématique importante).&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’est bien sur le  pouvoir décisionnel, la propriété privée (qu’elle  soit "libéralisée" ou  d’État) et les moyens de la défendre qui  sanctionnent aussi la  constitution d’une classe dominante. Si il y a  bien un secteur dans la  société où il n’est jamais question de  "démocratie" ou de liberté (même  "pour de faux"), c’est bien celui du  travail. De l’entreprise. Du  salariat, bref de l’économie. L’économie  est privation par définition.  Elle partage celà avec la prison. Tourner  un film documentaire dans le  monde de l’entreprise est au moins aussi  improbable que de filmer le  quotidien d’une prison. L’économie est  l’antithèse de la décision  raisonnée et prise collectivement. Pour celui  ou celle qui n’a que sa  force de travail à vendre, à aucun moment il  n’est question de choix  sur l’organisation du travail.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ensuite, je suis peut être pas  très vieux, mais je sais pas ce que  c’est qu’un "travail décent" ou un  "salaire décent".  Jusqu’ici même  quand presque tout le monde était  contant autour de moi dans son boulot   (ou plutôt feignait d’y être  contant, comme on fait tous ou presque en  général hors période de  grève, de gros ras le bol ou de pétage de  plombs)  je ne l’étais pas et  n’ai jamais su "faire semblant" bien  longtemps. Je n’ai jamais gardé  un boulot plus de 6 mois (licenciement  économique, "plan social" ou  non-renouvellement de C.D.D) et ayant laissé  tombé les études sans  diplôme, j’ai du dire adieu à la bourse et j’ai  depuis enchainé les  boulots qui passaient. Je n’ai jamais aimé le  travail. Même si j’ai  ressenti (comme la plupart des gens j’imagine)  très tôt la nécessité de  bosser (au départ pour arrondir les fins de  mois pendant les études,  combler les découverts, ou mettre de l’argent  de coté) à certains  moments et ai tenté de trouver des tafs qui me  "plaisaient" ou plus  supportables, je n’ai jamais rien trouvé qui ne  soit pas épuisant au  final et mieux payé que le S.M.I.C. Les planques  existent, j’y ai  évidemment pensé, et je finirai sans doutes par le  faire, mais je sais  que je me lasserai vite. En  fait, qu’il s’agisse de  travail "salarié"  ou de travail à l’école, je n’ai jamais aimé le  travail. Ce n’est ni  l’effort, ni le fait de faire des choses avec  d’autres gens qui me  dérange, bien au contraire, mais ce qui fait la  base du travail dans  nos sociétés : la contrainte, et le fait d’être  instrumentalisé,  utilisé. De me sentir étranger à moi même, en un mot :  aliéné. La base  de l’exploitation capitaliste, ce n’est pas une question  de propriété  privée libérale ou d’État, ni seulement une question de  rapport salarié  (employeur/employé-e), mais aussi et surtout un rapport  coercitif, de  contrainte. On ne travaille ni parce qu’on le désire, ni  parce qu’on  aime ce qu’on fait, ni parce qu’on en a envie, ni parce que  ça nous est  vraiment utile (ce qu’on produit, ce qu’on fabrique, qu’on  fait, dit  ou vend, etc...) mais parce qu’il le faut. Parce que "c’est  comme ça".&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Voilà  la seule raison d’être du travail en tant qu’aliénation et  contrainte :  c’est comme ça. La raison d’être du travail dans nos  société : c’est  la prison. Si on pousse le raisonnement un tout petit  peu plus loin, on  comprend vite à quoi servent les flics et les  tribunaux. Si ils  n’étaient pas là : qui obligeraient les gens à  travailler et fermer  leur gueule au juste ? Certainement pas la C.G.T et  son S.O. Pendant  cette même manif, je dis à un copain à coté de moi que  je trouve  ridicule et insultant de rabâcher à des chômeurs qu’il leur  faut un  "travail décent" et que c’est "ça le sens de leur lutte" et même  de  leur vie donc, et en fait. A près tout, quelle différence de fond ça   fait avec le discours de Pôle Emploi ? "Ta lutte, gamin, c’est de   trouver un boulot, et de le garder, le reste, c’est de la littérature".   En somme : aucune différence, sinon sur les détails. Le copain me  répond  que "c’est ça que veulent la plupart des chômeurs". Genre, un  boulot.  Je ne lui en veux pas personnellement de me dire ça. Il ne fait  que  reproduire le discours dominant sur le sujet. En quoi le fait que  la  plupart des chômeurs "demandent" du travail constitue une preuve à  quoi  que ce soit ? Moi aussi je suis inscrit comme demandeur d’emploi,  moi  aussi je serai encore amené à écrire des C.Vs et faire des  entretiens  d’embauche. Est-ce que ça m’empêche de détester le travail ?  Est-ce que  c’est ça que je veux vraiment ? Bien sur que non. Mais la  question se  pose quand même : il est qui pour dire ça ?  Moi je suis  chômeur. Et je  n’ai pas envie de travailler. Même si j’y serai encore  contraint, ou que  je m’y résoudrais et espère que ça ne sera pas trop  dur et bien payé :  ce n’est pas ça que je désire vraiment dans ma vie.  Je ne rêve pas "d’un  salaire décent" avant de m’endormir. Je veux être  libre et ne produire  que ce dont j’ai besoin. D’ici là, je veux avoir  de quoi bouffer et  vivre "dignement" comme on dit, et bien sur m’amuser  et jouir de la vie.  Pas bosser. Non. Certainement pas. Et si je le  fais quand même, ce sera  parce que j’y suis contraint. Parce que j’ai  trop désespérément besoin  de cet argent qui est nécessaire à ma survie.  Même si je fais un boulot  qui me plait. Pour autant : est-ce que j’ai  envie d’en faire ma seule  revendication politique ? Même à court terme ?  C’est hors de question.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce discours sur "les chômeurs qui ne  demandent qu’à travailler" est  un discours esclavagiste, qui ne conçoit  pas les chômeurs ou chômeuses  comme des êtres humains avec des désires  propres, des problèmes, des  intérêts de classe et même des  contradictions et des antagonismes, mais  comme des robots prêts à  l’emploi. Des humains-machines. C’est cet  individu qui n’est plus autre  chose qu’un travailleur, qui dans une  société qui repose sur le  travail, n’a plus de sens à sa vie sans son  emploi, cet humain  désespérément moderne que décrit Hannah Arendt dans  "La condition de  l’homme moderne". Ce discours relayé jusque dans les  syndicats et les  organisations de gauche n’est que le pendant du  discours libéral :  c’est toujours le discours du pouvoir. D’un coté la  droite dit "le  chomage est un problème individuel, une question de choix  et de  volonté", et de l’autre la gauche dit "c’est un problème  strictement  collectif, avec des raisons économiques déterminées. Les  gens ne  demandent qu’à travailler". Pourtant, les deux contiennent une  part de  vérité, mais les deux sont absolument faux énoncés tels quels.  Dans les  deux cas, le travail comme valeur sociale fondamentale n’est  pas remis  en cause, et reste présenté comme le sens même de la vie ou  plutôt de  l’existence. Mais dans quel but ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En même temps, si "les gens ne  demandent qu’à travailler" pourquoi il  y a tant de fraude aux allocs ?  Pourquoi les gens ratent leurs RDV du  pôle emploi délibérément ?  Pourquoi les gens font grève ? Pourquoi il y a  temps d’absentéisme au  travail ? Etc, etc.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"&lt;i&gt;Le caractère étranger du travail apparaît  nettement dans le fait  que, dès qu’il n’existe pas de contrainte  physique ou autre, le travail  est fui comme la peste. [Pourquoi ?]  Parce que le travail dans lequel  l’individu s’aliène, est un travail de  sacrifice de soi, de  mortification&lt;/i&gt;" Et ce n’est pas moi qui le dit.  C’est le jeune Marx dans  ses manuscrits de 1844.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;De tout temps  des résistances au travail et contre le travail ont  existé. Et le  travail a toujours été fuit comme la peste. Parce que le  travail n’est  pas la base de la vie. Ce n’est pas vrai.  C’est encore plus faux dans  la société dans laquelle nous vivons et  selon ce qu’on met derrière ce  mot. Il ne peut pas être utilisé  aujourd’hui comme ne représentant que  "l’ensemble de l’activité  productive humaine". Parce qu’utiliser le  terme "travail" de manière  strictement positive c’est assimiler le fait  de créer, de réaliser et de  produire entre producteurs librement  associés à n’importe quelle forme  d’esclavage salarié, de tortures,  d’abrutissements, de mutilations et  d’aliénations. C’est mélanger les  deux dans un terme flou qui masque  l’oppression dans un signifié  implicite qui voudrait seulement dire  "faire un truc". C’est faire  comme si depuis plus de 200 ans, ce terme  n’était pas utilisé pour  décrire l’humiliation et la contrainte  quotidienne que représente  l’obligation de se vendre pour gagner le  droit de survivre. D’autant  plus que 131 ans après l’écriture du "&lt;i&gt;Droit à  la paresse&lt;/i&gt;", où Paul  Lafargue (en 1880) expliquait déjà que 3h par jour de travail  seraient  amplement suffisant à satisfaire les besoins vitaux de la  société pour  chaque individu (si on supprimait la plus-value et donc la  propriété  privée et le capitalisme), il est d’autant plus vrai  aujourd’hui que le  niveau atteint par la technique rend quasiment le  travail humain  virtuellement obsolète. Ce n’est pas un hasard si la  classe dominante  partout dans le monde vente les louanges du travail en  tant que "valeur  sociale". La nécessité historique du travail forcé en  tant qu’activité  humaine touche à sa fin. Ou plutôt n’en finit plus de  toucher à sa  fin. Même la gauche et l’extrême gauche ont abandonné  depuis longtemps  leur identité "progressiste" dans cette stratégie qui  voulait qu’à  travers la réduction du temps de travail on en arrive à  supprimer  l’exploitation salariée. Elle en est même, au contraire,  aujourd’hui à  vanter la "création d’emploi". Et on justifie la nécessité  du travail  en inventant des emplois au nom de l’écologie, de la  construction  d’autoroute, dans une usine de pneu ou pour faire du street  marketing  au moment même où pour la première fois dans l’histoire de  l’humanité  se profile la possibilité d’abolir le travail en tant que  corvée et  activité séparée de la vie.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Vous ne savez pas quoi faire de  votre vie ? Ne vous inquiétez pas, le  gouvernement va vous créer un  emploi ! Des milliers d’années de  philosophie retournées comme un gant  de bain  sale. La question n’est  plus "qui suis-je ? Où vais-je ?" mais  "à quoi vais-je servir ?" ou  plutôt "qui vais-je servir ?".  L’utilitarisme capitaliste touche ici à  ce qu’il a de plus absurde.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La  condition de chômeur est ce bug dans la "matrice" de l’idéologie   dominante : il veut forcement travailler, ou alors c’est un feignant et   un parasite. Dans tout les cas, c’est un être triste et servile. Sans   désir et forcément malheureux (au moins jusqu’à l’entretiens d’embauche   concluant).&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et peut être qu’elle commence là, la lutte "contre  le chômage" des  chômeurs et précaires : par rejeter cette  classification biaisée,   rejeter la culpabilisation qui va avec, oser  s’imaginer heureux sans  travail (même temporairement), et s’organiser  en conséquence.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Non  pas juste "pour demander du travail et un salaire décents" ou un  "salaire social garanti" (par qui ? par l'État ? dirigé par qui ?),  mais,  avec les salarié-e-s, avec tout-e-s les autres exploité-e-s, pour  lutter  contre l’aliénation du travail et le système du salariat.  Lutter contre  la propriété privée en l’attaquant en son cœur : en  refusant de payer  partout où c’est possible. En organisant l’entraide  localement, sabotant  ainsi l’intégration forcée au travail et à tout le  système  d’exploitation capitaliste.   Faire en sorte que "ne pas avoir  de travail" ou "perdre son boulot" ne  soit plus une fatalité qui  conduit immédiatement à courir après le  suivant ou à se culpabiliser.  Multiplier les bouffes de quartier, les  cantines collectives et les  espaces communautaires et activités  gratuites, les lieux d’échanges  gratuits, les permanences d’informations  pratiques, collectiviser les  allocations et autres prestations  sociales, organiser des  auto-réductions, s’organiser pour empêcher les  expulsions locatives,  ouvrir des lieux d’habitations, des squats, des  centres sociaux  autogérés, créer des coopératives agricoles ou autres  pour permettre à  ceux et celles qui le désirent de produire pour  survivre (mais sans  hiérarchie, sans patrons), même si ce ne sont que  des solutions  temporaires, tout en continuant de lutter pour précipiter  la chute de  ce monde.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Tout ce qui peut renforcer l’autonomie individuelle et  collective,  sans aller dans le sens d’un projet "alternativiste", mais  dans une  perspective clairement révolutionnaire ou insurrectionnelle,  ne peut que  nous rendre plus forts et plus fortes et accélérer  l’histoire. Moins  nous sommes affairé-e-s à survivre dans nos petites  bulles individuelles  ou notre petit milieux, et plus nous avons de  temps pour faire autre  chose. Pour vivre, pour lutter, etc. Toutes ces  propositions sembleront  cruellement routinières à certaines personnes  qui crieront au déjà-vu,  et pourtant si peu appliquées. Elles ne  suffisent évidement pas, mais  sont des pistes lancées. Une chose est  sure : à moi, ça me parle plus  qu’une manif balisée par les  syndicats-poubelles et pacifiée par les flics  pour demander un boulot  de merde payé des miettes.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Contre le chômage, et contre le travail,  ses profiteurs et ses idéologues :&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Détruire le salariat, depuis l’intérieur... ou l’extérieur.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp;Un ennemi&lt;b&gt; &lt;/b&gt;débonnaire du travail et de l'État, sur &lt;/i&gt;&lt;b&gt;&lt;a href="http://lecridudodo.blogspot.com/" target="_blank"&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="color: #444444;"&gt;le Cri Du Dodo&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-7213136253593585903?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/7213136253593585903'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/7213136253593585903'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2012/01/contre-le-chomage-et-contre-le-travail.html' title='Contre le chomâge... et contre le travail !'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-7260323716084024134</id><published>2011-12-07T05:40:00.000-08:00</published><updated>2011-12-07T05:40:35.979-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Héroïne en CDI'/><title type='text'>Héroïne en CDI épisode 13 : LA RÉUNION</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Cet après-midi-là, il y avait une réunion à laquelle je devais assister. Enfin, disons plutôt que le matin même on m'avait lancé le carton d'archives dans les pattes. Contrairement à ce qui arrive si vous me faites la même chose avec une balle, je rattrape, car on me paye pour ça. Ah, le pouvoir de l'argent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« -Chef, oui, chef, pas de problème, je vais assurer grave.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;T'as intérêt, la minette. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(pas vraiment en ces termes précis)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour une personne normalement motorisée, ce genre de choses ne devrait pas poser trop de problèmes. Or il se trouve que ce matin-là justement, je ne le suis pas du tout. Évidemment, c'est bien après l'échange ci-dessus que je m'en rends compte. Me voilà donc à midi, rentrer à biclou à travers champs – c'est joli mais là j'ai faim, si tu veux. Puis entrer en coup de vent chez moi pour me saisir d'un quignon quelconque et de ma belle clé de voiture – une vraie clé sans pile, là. Oui, car j'ai une voiture, c'est bon. Certes, les pneus sont pas beaucoup plus larges que ceux d'un solex. Certes, je l'ai repeinte moi- même, au rouleau, et pas en noir je peux vous dire. Mais elle est en bon état, et elle consomme presque rien. Vroum vroum, il y a du brouillard, mes phares jaune soleil me guident jusqu'au petit parking devant les bureaux de l'hôpital psy – on rénove un bâtiment là-bas. Je me love contre un magnifique 4x4 rutilant et qui fait un bon paravent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La réunion se déroule tranquillement, j'ai finalement la surprise de voir mon boss se pointer quand même; ah ben ça valait bien la peine de me casser la nénette... Il y a quatre ou cinq intervenants, le béton, les fluides (nous), l'économiste, l'architecte, l'hôpital. Une fois terminé, je m'éclipse en premier et me remets au volant, soulagée. Comment on pourrait décrire le bruit de la batterie morte parce que j'ai oublié les phares? Quelque chose comme, rheu rheu rheu ou bien couii, couii. Bon, ça fait ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ah, je suis bien contente. Voilà une bonne occasion de prouver ma débrouillardise et ma capacité à me sortir de toute situation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est à ce moment-là que sort le responsable du gros-oeuvre. (le béton. faut pas rigoler avec ça.) Il vient droit sur moi. Euh pardon, sur le 4x4 à ma gauche. Ah, c'est lui! Je lui saute dessus avec mes pinces, en lui résumant la situation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est quand je lui demande si il pourrait m'ouvrir son capot que ça devient fendard. Il savait pas comment faire...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a cherché partout, sous le volant et dans le tableau de bord. Ca sentait fort le neuf là-dedans. D'un coup, tching, le bon bouton est trouvé. Je me branche illico, rouge sur rouge, noir sur noir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là, je vois du coin de l'oeil mon patron sortir à son tour en compagnie de l'architecte, et c'est à peine s'il ne se passe pas la main sur le visage comme le Bouillon dans le Petit Nicolas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ah ben ça, les batteries de tracteur, ça dépote, je m'envole presque quand je tourne la clé. Sur ce, je remercie mon bienfaiteur, évite soigneusement de caler en tirant le starter bien fort, et repars pour de nouvelles aventures.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;Héroïne en CDI&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-7260323716084024134?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/7260323716084024134'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/7260323716084024134'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2011/12/heroine-en-cdi-episode-13-la-reunion.html' title='Héroïne en CDI épisode 13 : LA RÉUNION'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-4986391198860711016</id><published>2011-12-03T06:53:00.000-08:00</published><updated>2011-12-03T06:53:02.442-08:00</updated><title type='text'>Grève</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Aujourd'hui, il y a eu grève, une vraie grève, pas une intersyndicale-interprofessionnelle à deux balles et à date fixe décidée au-dessus de nos têtes, non, une vraie grève spontanée. &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Le motif est tellement minable que ça fout limite la honte.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;On ne réclamait pas une augmentation de salaire, on ne réclamait pas des moyens supplémentaires, nan, rien de tout ça.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Contexte&amp;nbsp;:  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Je travaille depuis près d'un an dans une bibliothèque universitaire en tant que magasinière contractuelle. C'est une bibliothèque récente, qui a donc été créée avec une dotation en postes minimale, parce que c'est passé de mode, les fonctionnaires. Il y a donc très peu de titulaires, la majorité des salariés sont des contractuels à des postes permanents (grosso modo, il y a un tiers de fonctionnaires pour deux tiers de contractuels). On n'est pas recrutés pour faire face à un accroissement temporaire d'activité, on est là parce que la bibliothèque ne tournerait pas sans nous, tout simplement.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Comme toute BU, notre bibliothèque est rattachée à une université, qui est notre employeur officiel. Le problème, c'est que la dite université fait preuve d'une certaine mauvaise volonté, voire d'une incompétence crasse, dans la gestion de nos contrats et de nos salaires. Les incidents ne se comptent plus&amp;nbsp;: Contrats égarés (alors qu'ils ont été remis en main propre, donc c'est pas «&amp;nbsp;la faute de la Poste&amp;nbsp;» comme on a essayé de nous le faire avaler), non-renouvelés arbitrairement, salaires amputés de plusieurs centaines d'euros sans explication, contrats renouvelés trop tardivement donc salaire non-versé car c'est trop tard pour la mise en paiement, communication désastreuse (on oscille entre silence pesant et ton menaçant, pour situer)... Il y a eu plusieurs tentatives de régler ces différents à l'amiable, sans résultat. Personnellement, j'ai jamais vu ça, et pourtant, j'ai déjà bossé avec pas mal d'enfoirés.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;A l'issu d'une réunion de service, on apprend qu'une fois de plus, un collègue ne va pas être payé en temps et en heure à cause d'un problème administratif nébuleux, qu'il a demandé un chèque à l'agence comptable de l'université, qui lui a ri au nez, qui lui a proposé un paiement de 80% de son salaire mais pas avant quinze jours («&amp;nbsp;il est 17h&amp;nbsp;»), en lui faisant comprendre qu'il avait du bol, et que c'était ça ou rien. L'appui de la direction de la bibliothèque ne change rien, il peut s'asseoir sur son salaire ce mois-ci, en gros.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Ok les mecs.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Il est bientôt 10h, un collègue propose de ne pas ouvrir la bibliothèque au public tant qu'il n'est pas payé. Accepté à l'unanimité. On est en période de partiels, ça va emmerder les étudiants, mais c'est peut-être le seul moyen de faire entendre raison à cette administration de merde.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Re-contexte&amp;nbsp;: La BU en question est au cœur du quartier latin à Paris, et elle est sur-fréquentée (victime de son succès), il y a fréquemment une file d'attente pour pouvoir y entrer. Si on ferme, les autres BU des environs vont être saturées, sachant qu'elles le sont déjà pour la plupart. Je précise ça parce que moi-même, débarquant de ma province, je ne connaissais que les BU quasi-désertes et vieillottes de ma fac, et je n'imaginais pas que ce genre d'établissements pouvaient être si prisés avant de bosser à la capitale. L'explication est simple&amp;nbsp;: Une concentration d'étudiants très importante, disposant souvent de logements exigus, ou vivant en collocation, viennent en BU pour travailler dans de bonnes conditions, c'est tout.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;On rédige un tract collectivement, expliquant le pourquoi de la fermeture, et on se poste à l'entrée de la bibliothèque pour les distribuer et dire aux étudiants ce qu'il en est, partant du principe qu'une porte close n'explique rien, alors qu'un agent qui prend le temps d'exposer la situation, ça a du poids et ça désamorce le sentiment de «&amp;nbsp;prise d'otages&amp;nbsp;» qu'évoquent souvent certains usagers de tel ou tel service public quand il y a grève.  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Pour le coup, succès total&amp;nbsp;: très peu de râleurs, la plupart des étudiants sont effarés par notre situation, nous apportent leur soutien, nous encouragent, un futur juriste en droit du travail nous donne même des conseils, personnellement, je ne m'attendais pas à ça.  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;A midi, on apprend que la DRH arrivera à 14h pour nous «&amp;nbsp;expliquer la situation&amp;nbsp;».&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;A 14h, on est en salle de réunion avec cette dame et un directeur des services de l'université, qui vont tenter de «&amp;nbsp;faire de la pédagogie&amp;nbsp;», mais qui vont très vite s'emmêler les pinceaux tant ils ne maîtrisent pas leur sujet. Les problèmes de salaire&amp;nbsp;? Un «&amp;nbsp;incident marginal&amp;nbsp;». Quand ils réalisent que plus des trois quarts des salariés présents ont été victimes de ce type d'incident, ils ne se démontent pas. Quand on leur expose les conséquences dramatiques que ça peut avoir sur nos finances, ils haussent les épaules. On cause loyers impayés, un mec explique qu'il ne pouvait même plus payer sa carte de transport pour venir bosser, et eux s'embrouillent dans des discours vagues, ils n'ont même pas honte. J'apprendrai plus tard que le directeur des services est énarque, je ne suis pas étonnée. Ce qu'on nous déballe, c'est un concentré de mauvaise foi.  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;On a la rage, le ton monte. Mon chef se fait traiter d'&amp;nbsp;«&amp;nbsp;autiste&amp;nbsp;», parce qu'&amp;nbsp;«&amp;nbsp;il ne veut pas comprendre&amp;nbsp;». Comprendre quoi&amp;nbsp;? Qu'on a rogné sa paye pendant des mois sans explication, et qu'on refusait de régulariser sa situation après&amp;nbsp;? Qu'il a bossé un mois sans contrat parce que l'université l'avait perdu&amp;nbsp;? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Les histoires se succèdent, à défaut de leur foutre le nez dans la merde qu'ils ont semé, on vide notre sac. La DRH a un petit sourire ironique à hurler, un collègue m'avait prévenu, elle aime ce genre de situation. Ne pas s'énerver. Je lui fais remarquer que sa condescendance a quelque chose d'insultant, elle ne me regarde même pas, pour elle je vaux sans doute moins qu'une petite merde collée à ses pompes. Elle est quinquagénaire, on est des jeunes cons pour la plupart, je pense que c'est son sentiment.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;On en revient au sujet initial. «&amp;nbsp;Vous avez pris le carnet de chèque&amp;nbsp;? Parce que nous on retourne pas bosser, là.&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Là, on touche un nerf. On sent que ça, ça les emmerde, ces petits branleurs qui ne veulent pas retourner au turbin pour une futile histoire de thune. On insiste aussi sur le fait que, si ce type d'&amp;nbsp;«&amp;nbsp;incident marginal de paiement&amp;nbsp;» se reproduit à l'avenir, on se remettra en grève. Pour qu'ils réalisent. Puisqu'au fond, il n'y a que ça qui les fait réagir.  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Négociations de marchands de tapis, ils proposent 90%, s'emmêlent dans leurs chiffres, finalement ils ne peuvent rien promettre car «&amp;nbsp;l'agent comptable est souverain&amp;nbsp;», ils repartent, ils vont nous tenir au courant.  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Pas d'excuses, pas d'explications, rien, du vent.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Comme leur a dit mon chef , on croirait entendre Copé quand ils s'expriment.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Ce cinéma a duré deux heures.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;A 17h, le collègue a eu son chèque, de 100% de son salaire.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;A 17h15, on a rouvert la bibliothèque.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;A 20h, quand j'ai fait la fermeture, j'avais un sale goût dans la bouche. On a fait grève pour qu'un mec qui a bossé touche son salaire. Bien sûr, on a aussi démontré qu'on était une équipe unie, soudée, solidaire, mais n'empêche, on a fait grève simplement pour que notre employeur respecte la loi.  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;On en est là, putain.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;Courageuse Anonyme&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-4986391198860711016?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/4986391198860711016'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/4986391198860711016'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2011/12/greve.html' title='Grève'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-6687916210063836761</id><published>2011-11-05T01:54:00.000-07:00</published><updated>2011-11-05T01:54:06.012-07:00</updated><title type='text'>Attention jeu de cons !</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;style type="text/css"&gt; &lt;!--  @page { margin: 2cm }  P { margin-bottom: 0.21cm } --&gt; &lt;/style&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Padawan précaire, je viens de parler d’un truc que tu connais super bien et qui peut te foutre encore plus dans la merde que tu ne l’es déjà (sisi, c’est possible)&amp;nbsp;: la pression.&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;La pression c’est un truc que tu connais à peu près depuis toujours. Tout bébé déjà il était question de te faire taire et tenir sage alors que tu voulais juste un câlin…après ça a été objectif sagesse et résultats scolaires mirifiques…si t’es une fille fallait rajouter beauté et douceur au menu.  C’est super, la pression. C’est un truc ça permet de te faire culpabiliser grave de chez grave de juste qui tu es, et de te faire obéir, sinon c’est pas compliqué on t’aimera pas. Si c’est pas la sanction suprême, ça, hein…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Tu l’as pas sentie, au début. Bah nan, c’est le principe quand on te fait un truc depuis toujours, tu le sens pas, ça fait partie de ta normalité. Pendant plus de dix huit années parfois, tu l’as pas sentie. Mais là, dans ta précarité, tu la sens bien, la pression, de mieux en mieux, même.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Elle débarque de partout, cette salope de chienne. T’as plus une minute de répit.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Dès que tu sors de chez toi elle t’assaille.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;«&amp;nbsp;&lt;i&gt;Alors le boulot&amp;nbsp;?&amp;nbsp;&lt;/i&gt;» fait le voisin, quand il ne t’attaque pas directement «&lt;i&gt;&amp;nbsp;et bin dites donc il est tard pour se lever, hein&lt;/i&gt;&amp;nbsp;»…&amp;nbsp; «&amp;nbsp;&lt;i&gt;et c’est quand que tu bosses&amp;nbsp;?&amp;nbsp;&lt;/i&gt;» fait le pseudo-pote que tu persistes à côtoyer au café sinon tu verras plus personne…&amp;nbsp; «&amp;nbsp;&lt;i&gt;faut en vouloir, ho, faut vous y mettre, hein&amp;nbsp;!&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» fait l’assistante sociale de la mairie du haut de son fonctionnariat…&amp;nbsp; «&amp;nbsp;&lt;i&gt;puisque vous ne travaillez pas venez donc à quinze heures&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» fait le toubib…&amp;nbsp; «&amp;nbsp;&lt;i&gt;mais oui continuez, racontez-moi vous allez me faire pleurer…mais je m’en fous faudra payer&amp;nbsp;!&amp;nbsp;&lt;/i&gt;» dit l’huissier… «&lt;i&gt;&amp;nbsp;tu crois quand même pas que je vais t’aider à rester inactive&amp;nbsp;comme ça ?&amp;nbsp;&lt;/i&gt;» te balance ta mère en guise de soutien alors qu’elle vient de te coûter ta dernière mobicarte…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Plein la gueule pour pas un rond, et si par malheur tu t’effondres sur ton canapé devant une télé de lassitude fais bien gaffe à ne choisir que les chaînes pour enfant sinon ça va recommencer. «&amp;nbsp;&lt;i&gt;on est en droit d’attendre des nécessiteux qu’ils participent activement à la vie de la cité pour mériter notre aide&lt;/i&gt;&amp;nbsp;», crache un ministre surpayé en regardant son temps de parole sur sa Rolex.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Au fond de toi, tu sais ce que tu vaux. Tu sais que ce n’est pas un choix, tu sais que tu as été désigné par le sort pour morfler parce qu’il faut que quelqu’un morfle, point barre, tu sais très bien que d’autres ont fait les mêmes choix que toi et ont aujourd’hui une toute autre situation, que d’autres encore ont fait largement pire dans le genre et sont super bien lotis. Tu sais que tu n’y es pour rien, que ce n’est pas une question de mérite, tu mérites autant que les autres, nom de dieu, il n’y a juste pas assez pour tout le monde parce que certains prennent la part des autres. Tu le sais.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Les autres d’ailleurs le savent aussi. Mais vu que ça ne les arrange pas parce que quand même ce sont eux qui bouffent ta part du gâteau social, ils ont plus intérêt à le nier et à te culpabiliser qu’à se regarder dans une glace et à se juger coupables qu’ils sont de complicité de crime contre toi.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Alors tu en prends plein la gueule. Partout. Tout le temps.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Au début tu es fort. Tu résistes. Tu as vu tes potes, tes camarades de classe, tes collocs, se faire pistonner sur un stage ou sur une embauche, tu as vu tes cousins se faire payer un cabinet d’exercice libéral et une clientèle, tu as vu un mec de ta fac se faire préférer à toi juste parce qu’il a des burnes là où tu as des ovaires, tu as vu un autre être choisi parce qu’il avait une bagnole, un troisième parce qu’il avait une adresse hors zup…tu sais pertinemment que le mérite la valeur humaine ou la compétence ne sont pas du tout en cause dans la réussite sociale. C’est d’ailleurs un tantinet énervant.  Des fois même tu hurles&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;i&gt;bordel vos gueules bandes d’enfoirés&amp;nbsp;!! ça n’a rien à voir avec du mérite ou du courage, putain&amp;nbsp;! vous les méritez pas plus que moi, vos places&amp;nbsp;!&lt;/i&gt;&amp;nbsp;».  En général, là, on te diagnostique une dépression ou pire encore. C’est que ça dérange, tes cris, ho. L’essentiel est donc te faire taire.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Et puis le temps passe, et la pression demeure, persiste, signe et s’accentue, sa mère la pute de pression même.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Même l’instit du petit y va franco maintenant. L’autre jour elle t’a direct inscrit sur la liste des parents accompagnants de la sortie scolaire, sans même te prévenir. «&lt;i&gt;&amp;nbsp;ça me paraissait évident&amp;nbsp;!&amp;nbsp;&lt;/i&gt;» qu’elle a dit.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Mouais.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Évident. Bah tiens. Évidemment, ce que t’es con aussi, au plus bas niveau de l’échelle sociale, tu ne peux plus même être libre de ton temps ou de tes décisions. Bin voyons. C’est que ça va te coûter chéro sa connerie, à l’instit, en prime. Tu vas devoir payer ton trajet de bus sur le lieu de la sortie. Elle se rend pas compte, elle, ce que c’est, un billet de RER banlieue zone 3. Cette semaine, y’aura pas de pain avec la soupe. Peut-être qu’avec des biscottes en guise de croûtons on y arrivera quand même.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Faut te méfier de la pression, padawan précaire.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;C’est des coups à te foutre plus dans la merde encore, tu vois.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Mais bon c’est obligé que tu y cèdes, hein, à un moment ou un autre. Te culpabilise pas pour ça, on y est tous passés. C’est qu’elle est sacrément forte, la pression, aussi.  Y résister c’est vraiment très difficile. Il faut, c’est une question de survie, mais c’est super dur. C’est pour ça qu’il faut s’unir et rester soudés dans la précarité, même juste avec un blog sur internet. Tout seul, tu tiendras pas, la pression te bouffera.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Moi la pression m’a eue à un moment. Pis bien, la vache de chienne.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Au début j’ai juste cédé sur le côté faignasse branleuse. C’est vrai, quoi, c’est salaud, comme insulte, aussi. On a envie de démentir. Alors j’ai signé pour tout ce qui passait. Tout.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Au début j’ai eu des heures de ménage dans un institut de beauté. Vi. Poils de cul des autres collés à la cire par terre, voilà. Le problème c’est qu’en plus d’être ragoûtant c’était en horaires décalés, pour pas gêner les clientes. Je gagnais le smic horaire, mais je devais payer une nounou au black. Bin oui, elle voulait pas niquer une place sur son agrément pour un mioche deux heures le soir… normal. Bilan je perdais de la thune. Mais j’étais moins vue comme une branleuse. A quel prix…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Après j’ai distribué les pubs en boîtes aux lettres. «&amp;nbsp;&lt;i&gt;c’est cool, à part que vous êtes dehors quand des fois il pleut, quoi&amp;nbsp;&lt;/i&gt;» qu’elle disait, la conseillère en insertion…à part que c’est une tonne, je déconne pas, une tonne, de papier par jour à déliasser, trier, reliasser, porter, poser, reporter, poser, déposer. A part que ta bagnole elle peut pas gérer la charge, donc tu fais en deux ou trois fois. A part que tu te casses le dos, que tu casses ta bagnole, ce qui sera très utile pour ton avenir, et qu’en prime tes heures de travail sont calculées par un logiciel qui dit que t’es encore une fois une branleuse parce que ça devait faire 30 heures la semaine y’a aucune raison que t’en aies fait 50. C’est cool tu taffes t’es mieux vu. Très peu mieux, finalement. Pis tu le sens pas trop parce que t’es à l’hosto. Pour ton dos.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Le mieux que j’ai eu c’est commerciale chez les particuliers. Porte à porte. Là c’était le pompon. 6 mois de taf au smic à courir après des primes inaccessibles (on va quand même pas te donner un secteur porteur, toi t’auras la cambrousse et les pauvres, interdit de penser, y’a pas de mauvais secteur on te dit bordel, mais lol). Tu vois fallait prendre rendez-vous par téléphone, aller chez les gens, déballer ton argumentaire, signer. Encore une fois, horaires décalés, nounou au black, samedis niqués, etc, hein. Mais bon, je suis pas une branleuse, bordel.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Tout ça pour qu’un jour un client veuille annuler une vente. Bah il a le droit, vente à domicile, 7 jours de réflexion, je lui avais dit, hein, chuis pas comme ça moi tsé. Brave, le client, il a téléphoné pour avertir. Le chef a refusé. Pas moi, le chef. Il lui a pas dit qu’il fallait envoyer le coupon d’annulation en recommandé. Il lui a mis un huissier au cul. Pas moi, le chef. Le client a été acculé. Il a déposé plainte. Pas contre moi, contre mon patron, hein. Moi entre temps j’ai changé de taf, tu sais bosser pour des enfoirés ça lasse, chuis pas une branleuse mais je suis pas une forceuse non plus pis j’y gagnais même pas de quoi payer la nounou.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Deux ans après je me suis retrouvée au pénal. Sisisi. Au pénal.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;La procédure d’annulation conflictuelle avait suivi son cours et juridiquement il fallait me retomber sur la gueule. Le client a donc plaidé la vente forcée. Oh c’était joli, crois-moi…comme je fais 48 kilos il pouvait pas dire que j’étais impressionnante, donc il a joué sur la «&amp;nbsp;séduction&amp;nbsp;». Je te laisse imaginer comment c’était chouette, l’argumentaire. Ouais, hein. Son avocat quand je l’ai appelé il m’a dit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;i&gt;ne le prenez pas personnellement, c’est obligé, juridiquement, pour pouvoir remonter après faut passer par vous, c’est comme ça&amp;nbsp;&lt;/i&gt;». C’est comme ça. Je ne suis rien. Un pion. Faut me péter ma vie en douze pour que môssieur puisse faire son petit procès, on me pète ma vie en douze. Faut pas le prendre personnellement.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Le pénal c’est super chouette comme expérience, je t’assure. Faut pas le prendre personnellement.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;T’es recherché comme Mesrine, déjà, on interroge les fichiers sécu pour te retrouver, on téléphone aux toubibs et aux pharmaciens chez qui tu es allée dans les derniers mois. Oui parce que la France juste consulter l’annuaire ou se baser sur tes coordonnées bancaires qui ont quand même servi à te payer quand tu bossais chez ce patron-là, elle sait pas, tu penses. Mais aller en uniforme et en camion de gendarmes chez ton médecin traitant pour «&amp;nbsp;recherche de personne impliquée dans un dossier d’abus de faiblesse&amp;nbsp;», ça, la France, elle sait. Et ça on te le dit pas, c’est ton toubib, six mois après, qui t’en parle. Tu te sens super bien dans ton quartier, d’un coup, quand t’apprends ça.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Mais au début tu le sais pas. Nan. Tu sais rien. Tu reçois juste un recommandé un jour et comme t’attends un chéquier tu te méfies pas. La gueule de l’enveloppe t’étonne. Bon. Tu lis. «&lt;i&gt;&amp;nbsp;mise en examen, abus de faiblesse &lt;/i&gt;». Tu tombes dans les pommes. Tu comprends plus rien. Tu sais même plus où t’es.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Tu t’affoles, t’appelles le tribunal, tu veux qu’on t’explique, c’est quoi ça, de quoi on parle, youhou&amp;nbsp;moi j’ai jamais abusé de personne, vous vous gourez les gars, j’ai un frère handicapé en pus je connais la musique c’est pas du tout moi qui ferais ça bordel&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Tu peux rien savoir. Te faut un avocat pour savoir même de quoi on t’accuse. Ah. C’est ballot t’as pas une thune. On te file l’adresse d’un commis d’office. Tu le sais pas mais ta vie est en train de basculer dans un très mauvais téléfilm pire que ceux de la 6 l’après midi, là.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Rendez-vous chez l’avocat.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;«&lt;i&gt;&amp;nbsp;Et bin vous ne correspondez pas du tout à ce que dit le dossier&amp;nbsp;! Ne le prenez pas mal mais vu ce que dit la partie adverse je m’attendais à voir une femme beaucoup plus… séduisante&amp;nbsp;on va dire !&lt;/i&gt;&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Ok. Bon. Je me suis évanouie sur un guichet de poste la semaine dernière, tu vois, alors là si tu veux ce que tu viens de me dire, je sais pas, t’attendais une pute apparemment, ça m’aide vachement à comprendre ce qui m’arrive, hou là je sens que mes jambes me lâchent et j’ai encore un mioche à ramasser à l’école dans une heure, pas tomber dans les fruits encore un coup bordel…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Changement d’avocat. Nan mais je le sens pas le commis d’office insultant, là. Chais pas, un instinct. A pas l’air de piger les enjeux ce con-là. Si je finis en taule injustement il dira juste que je fais tache au milieu des putes, en gros.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Le pénaliste est à l’avocat ce que le CDD est au précaire. Le gratin. Celui avec du vrai fromage qui coûte un organe au marché noir. Lui il me traite pas de pute mais ça va finir que je vais devoir le devenir pour le payer, didiou…&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Beaucoup de larmes. Beaucoup. C’est que si tu veux c’est super agréable ce que je lis dans le dossier, pas du tout insultant, en gros le mec pour dire que je l’ai forcé il dit que je l’ai bien dragué à mort et plus encore, voilà. Et comme il est seul et misérable sexuellement bin il a cédé et il a signé pour pouvoir me sauter en échange. Ouais, hein, ça cogne. Y’a pas de souci madame, ça tient pas la route (il se retient de dire «&amp;nbsp;&lt;i&gt;y’a qu’à vous voir&amp;nbsp;&lt;/i&gt;», lui, c’est pour ça qu’il est devenu gratin, tu vois, il a un certain niveau de retenue) (pas que je sois moche, non, du tout, mais bon je respire pas la chaudasse non plus c’est clair) (je peux le faire, hein, mais là comme ça à froid, bah nan, quoi) (bref chuis canon bordel c’est juste l’attitude qui colle pas) (laule).&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Bah non ça tient pas la route. Même l’avocat adverse me l’avait dit, ça. C’est pas personnel, bête question de procédure. Vivi. Evidemment y’aura non-lieu. Vivi. Tu sais monsieur avocat gratin hors de prix quand t’es au pénal tu vois moyennement l’évidence quand même, hein. C’est pas que tu sois pas confiante mais sur le petit papier qui t’a mise dans les pommes y’avait marqué 5 ans ferme, ça peut éventuellement t’effrayer quand même un chouilla, on sait pas, une erreur est vite arrivée, tu sais que t’en mourrais pas au pire mais quand même bon ça a une petite tendance à t’emmerder la nuit ce truc. Pleurs again. Il sait, il comprend, il éponge, il va me tirer de là, faut pas pleurer madame c’est salaud mais c’est que procédural, ça va se passer, vous verrez, y’a qu’à juste dire ce que vous m’avez dit, le juge instruira pas, allons allons relevez-vous.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Bon an mal an tu te relèves. Toute manière la justice tu sais c’est long. Va falloir continuer de vivre en attendant que quelqu’un ait du temps pour te recevoir. Continuer de gérer le quotidien, de jouer aux légos avec le petit, et pis ça tombe bien t’es en formation cette année, licence pro, pitin ça aide à bosser les cours cette merde…bref. Ce qui ne te tue pas te rend plus forte, allons, bordel, on a vu pire, allez.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Mon gratin hors de prix m’a décroché assez vite un rencart avec un juge d’instruction. Les seuls juges que j’avais vus jusque là c’était les JAF pour mon divorce, c’est pas la même race. Le JAF tu rentres dans son bureau tranquille, tu vois, t’as rien fait de mal, juste tu n’aimes plus, shit happens. Le juge d’instruction, tu rentres dans son bureau la trouille au ventre,&amp;nbsp; la gerbe aux lèvres. Pas du tout la même musique. T’as pris le temps de chercher des blogs de juristes avant, de les lire, ces gens, d’essayer de les humaniser dans ta tête, de te mettre à leur place, pour moins craindre, pour exorciser un peu, t’as bien causé avec ton gratin, tout ça…mais putain t’es très moyennement toi-même malgré tout. Et tu rates un cours super important en prime. Et tu sais pas pour combien de temps t’en as et y’a le petit à prendre à l’école après. T’as pas pensé mais si ça se trouve tu ressortiras pas de ce bureau&amp;nbsp;? C’est possible ça&amp;nbsp;? Vertige.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;C’est un presque cinquantenaire plutôt doux. Il connaît bien mon gratin, ils discutent de trucs privés, je suppose que prendre le gratin c’était pas con, ouf, chuis dans la pire merde de ma vie mais chuis toujours pas conne, voyons le bon côté. Il m’explique le truc, ballot, victime d’un système procédural la dame en effet, mais bon va falloir un peu amener de l’eau au moulin quand même parce que vous savez faut blinder le dossier, ici c’est pas nous qu’on décide en vrai, la juridiction compétente est ailleurs, mais pour pas trop m’abîmer et vu la gueule du bordel il me soulage comme il peut…il m’enlève l’accusation, il me met témoin assisté, paraît que c’est pas mal d’après mon gratin mais ça fait pas encore tout. Je ressors en larmes. Again. Chuis en bois mais là quand même, merde.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;La juridiction compétente est à 500 bornes. J’ai changé de région en plus de taf, bah oui, ballot, mobilité de mon cul, tiens, encore une fois je te paie espèce de connerie.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Gratin faut lui payer la première classe et les heures dans le train. La douloureuse a déjà 4 chiffres en euros… «&amp;nbsp;&lt;i&gt;en principe on n’ira qu’une fois, non-lieu et fini, rassurez vous, on va s’arranger pour le paiement, je veux pas vous plomber&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» gratin est sympa mais je suis déjà 6 pieds sous terre, le plomb changerait pas grand-chose.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Le juge d’instruction de la juridiction compétente est une femme. Jeune. Blonde. Grande. Belle. Extraordinairement plus pourvu en arguments frontaux que moi. Franchement cette fille est un pur canon, la première chose que je me dis en entrant dans son bureau c’est que la vie est vraiment une vieille pute borgne de filer un physique pareil à une nana qu’a déjà tout le reste…et qu’un physique d’actrice porno comme ça ça doit pas aider dans la magistrature en prime, pitin, imagine la gueule du proxo en face, des fois, mais lol.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Elle ouvre le dossier. Tu sens direct qu’ une belle femme comme ça avec un gros cerveau et une pure position sociale, un dossier où on accuse une nana (genre girl next door, en plus) d’abus de faiblesse par séduction frontale, en gros, ça a vite fait de lui rappeler tous les gros lourds qui la regardent droit dans les nichons tout le temps. Elle a comme un truc qui lui remonte dans le dos qui la redresse pile comme la justice ça tombe bien…elle regarde le client (confrontation, bah vi, obligé), qui se trouve être un troll niveau physique, elle lui demande sa version. Il la regarde droit dans les nichons en lui parlant. C’est qu’elle est grande, en plus du reste. Laule. Elle me demande ma version. Je la regarde dans les yeux. Je chiale mais on s’en fout, je veux pas baisser la tête, je veux pas laisser dire des saloperies sans réagir, je veux pas m’énerver, je peux pas de toute manière j’ai plus aucune énergie juste celle du désespoir d’avoir déjà une bonne vie de merde et de pas vouloir la prison en plus tout ça parce que j’ai eu un patron voyou et un client prêt à toutes les bassesses pour pas se faire avoir, chacun d’eux étant prêt à fusiller ma vie à moi pour s’économiser mille cinq cent euros.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Mille cinq cent euros, madame la plus que belle magistrate qui a tout pour toi, mille cinq cent euros, jeune beauté fatale à l’avenir plein de roses d’arcs-en-ciel et de licornes, c’est le prix de ma vie entière, à moi, tu vois. C’est ça que je lui dis. C’est ça que je veux qu’elle comprenne. Le sacrifice humain qui est en train de se produire, quoi qu’il arrive, et qu’elle pourra juste diminuer un peu, mais jamais annuler, parce que le mal est fait, madame, il est fait et bien fait, et il me reste encore à payer le gratin que tu vois là, en plus. Je pense à mon fils. J’ai toujours cette peur, irraisonnée selon gratin mais chevillée à mon ventre, de ne pas ressortir de ce bureau.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;J’en ressors, pourtant. Gratin est content. Il dit que c’est bon, ça va aller, y’aura non lieu, pas de souci. Il faut juste attendre le papier mais ça va le faire, va. Sinon elle aurait changé mon statut dans l’autre sens, d’abord. Si je suis toujours témoin assisté c’est que tout va bien. Il voudrait que j’arrête de pleurer. Je peux pas.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Le papier est arrivé. Non lieu. Fallait attendre le délai d’appel pour être vraiment sûrs. J’ai attendu. La procédure a repris son cours sans moi. Ils se sont battus entre eux pour leurs mille cinq cent euros. Paiera, paiera pas, j’ai même pas su. Je n’ai été qu’un dommage procédural. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;J’ai eu mon diplôme. Un sésame précieux pour ne plus travailler avec des particuliers justement. J’étais fière de l’annoncer à mon toubib.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;«&amp;nbsp;&lt;i&gt;regarde toubib je l’ai eu&amp;nbsp;! j’ai tenu&amp;nbsp;! dix ans de médecine compactés en 9 mois à la fac, je l’ai fait putain&amp;nbsp;! regarde chuis major&amp;nbsp;! mon responsable de formation est tellement content qu’il m’a inventé une mention très bien juste pour ma pomme t’as vu ça&amp;nbsp;! Je suis déléguée médicale, ça y est, je vais gagner ma vie. Enfin.&amp;nbsp;J’ai trente ans toubib, et je vais y arriver, tu vas voir, le bad karma m’aura plus jamais&amp;nbsp;!&lt;/i&gt;»&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Bah tu vois pas toi mais c’était un sacré progrès, socialement, hein. Et pis au vu des conditions de cette année-là, en plus, j’étais super fière de moi. Sortir major de promo, carton total, attends…toute ma vie j’avais rêve de faire médecine, enfin véto au départ, j’aime pas les humains…je m’étais mangé des tonnes de cours, de publications, toute l’année mon responsable m’avait répété que j’étais pas faite pour ça, qu’il fallait que je fasse la P1 et le concours bordel, pas juste ce truc de merde là tout minable…toute l’année je lui avais répété ma blague&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;i&gt;tu sais le problème de ma vie ça a toujours été le mécénat&lt;/i&gt;&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Toute l’année j’avais tenu mon toubib au courant de ma petite vie, au fil des vaccins du gosse et de ses rhinopharyngites. On avait causé cardio, immuno, gastro…on avait joué sur les diagnostics, tu vas voir je te dis que c’est une angine qu’il me couve, là, nan nan ma petite je suis vieux toubib je te dis que c’est une laryngite didiou, nan toubib je te jure tu te goures, on parie&amp;nbsp;? J’avais gagné trois fois. Ah bin hé, on a les rapports qu’on veut avec qui on veut, bordel, on est en démocratie.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Quand je lui ai annoncé ma réussite, il m’a avoué. Que les flics étaient venus, avaient appelé. Pas que lui. Le pharmacien aussi. Le dermato, l’ophtalmo, le gynéco même. C’est pas courant tu sais qu’on cherche un patient comme Mesrine comme ça. Il m’avait pas vendue, lui, il était fier de me le dire, il avait pas apprécié la méthode.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;J’avais un diplôme qui donnait droit à un travail. J’avais le droit d’aller voir les médecins pour leur causer médicaments. Et j’étais grillée comme le Mesrine local.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;J’ai quand même trouvé un poste de grosse envergure, pas local, au moins j’échappais à mon karma, hein. J’ai bossé quand même. Pas longtemps parce que tu sais le métier là il est mort en fait, décision gouvernementale, affaire médiator tout ça.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;En 6 mois chez les voyous j’avais gagné 6000 euros et des poussières de salaire au total. Gratin m’en a coûté 4500. Mon diplôme, payant, 3500 autres, plus 9 mois sans ressources, calcul à la louche 10000. Moyennant deux ans de taf (petite boîte, petit salaire) avant de retomber au chômage tout ça m’a laissée bénéficiaire d’environ 6000 euros, pertes d’allocs, frais de garde et impôts déduits.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Une pure opération blanche financièrement, et bien noire moralement.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;La pression finalement elle m’a pas vraiment aidée, hein. Et encore ça c’est sans compter que la pression étant forte aussi sur les femmes qui ont la malencontreuse idée de vouloir divorcer et se démerder seules, y’a aussi la pression du couple. Là je te garde ça pour un autre jour mais cette pression-là m’a amenée, en parallèle du reste que je viens de te raconter, à me retrouver avec beaucoup de souffrance, une deuxième séparation, et un deuxième enfant à charge.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Méfie-toi de la pression, padawan précaire. T’es pas un branleur, tu mérites pas plus que les autres, du démérites pas non plus, méfie toi de cette pute de pression, c’est une très mauvaise conseillère, je lui préfère encore la colère.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;La prochaine fois que quelqu’un te fera une réflexion à la con ou tentera de te driver vers un truc de merde bien pourri à grands coups de culpabilisation et d’insultes, fais-donc comme moi et réponds-lui direct&amp;nbsp;:  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;«&amp;nbsp;tu sais où tu peux te la foutre, ta pression&amp;nbsp;?»&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Pas de Bol.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-6687916210063836761?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/6687916210063836761'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/6687916210063836761'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2011/11/attention-jeu-de-cons.html' title='Attention jeu de cons !'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-5786973040145592129</id><published>2011-10-26T03:35:00.000-07:00</published><updated>2011-10-26T03:38:16.491-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Héroïne en CDI'/><title type='text'>Héroïne en CDI épisode 12 : NE PAS SE LAISSER METTRE LA PRESSION</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;"Comment se fait-il que vous n'ayez pas détaillé ceci auparavant ? Là, je suis interloqué. Il faut un minimum d'autocontrôle. C'est tout de même indispensable. Les documents rendus ce soir devront absolument mentionner cela. C'est impératif, c'est une imposition de ma part. Comment cela? Mais enfin vous vous êtes engagés sur des moyens, et des résultats. J'exige le respect de votre engagement.  Vous vous doutez bien que la pression du client est plus que phénoménale. La remise de ce dossier est impérative dans les plus brefs délais. De quels moyens disposez-vous actuellement sur ce sujet? Concrètement, combien de personnes travaillent en ce moment et sur quels sujets? Pouvez-vous me le dire, s'il vous plaît? Et quand le document sera-t-il finalisé? Jusqu'à quelle heure serez-vous joignable ce soir? Et demain matin, à partir de quelle heure? C'est impensable. Où en seront les modifications demain à la première heure? Envoyez-moi dès maintenant un aperçu du travail en cours, s'il vous plaît. Pouvez-vous me dire précisément ce que vous aurez fini dans un heure? Et combien de temps exactement vous faut-il pour finaliser le tout conformément à votre engagement? J'ai absolument besoin d'une réponse précise. Allô? J'attends la réponse. Je vous ai posé une question, j'attends la réponse s'il vous plaît. Allô?" &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Les mecs comme ça, c'est même pas la peine d'essayer de les rembarrer. Ils sont infiniment supérieurs dans l'art de la mauvaise foi, de la rhétorique et de l'autorité. Quoi qu'on puisse sortir, ça paraît toujours minable et puéril.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Des insultes? Complètement hors de propos, elles me feraient friser le renvoi pur et simple. (c'est pourtant ce qui me vient à l'esprit comme première défense, en général. on a pas dû fréquenter les mêmes cours d'école)&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;L'acquiescement? Ca me ferait mal au cul de passer la nuit au bureau, et ce serait de toute manière jamais assez.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;La justification? Elle est promptement rembarrée (oui, car vous pouvez vous douter que le mec qui me rentre dans le lard comme ça a des choses à se reprocher. Et pour la petite histoire, j'ai été parachutée la veille sur le projet, en opération kamikaze pour satisfaire l'insatisfait)  "ne cherchez pas à argumenter, madame, je n'ai pas de temps à perdre, vous êtes une professionnelle". Notez en passant que la professionnelle se doit donc d'encaisser au nom de son entreprise, et sans se défendre personnellement, auquel cas elle ne serait donc plus du tout professionnelle. Son ulcère, par contre, ne sera pas partagé par ses chers collègues et supérieurs, à la professionnelle.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Le sabotage? pas vraiment le meilleur moyen de me débarasser de cet infâme pot de colle qui voudrait suivre clic par clic l'avancée du boulot.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Alors? Que faire? Que dire, là, au téléphone, quand monte l'envie de pleurer de rage et de casser un nez rougeaud? Car on n'a même pas mangé ce midi ni hier midi et qu'on a tout simplement.. faim?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Eh bien, rien.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Je n'ai rien trouvé à dire, je n'ai rien dit. Silence, le téléphone est retombé au ralenti sur sa patère.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Tuuuut.... Tuuut... Tuuut... Petite désertion.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;L'oreille enfin libérée de l'emprise gluante de cette autorité, je peux enfin réfléchir et monter un plan d'action.  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Premier point: PARTIR DEJEUNER. Carrément. Et vlan. Ca tue, ça, hein, monsieur. Eh non, monsieur, elle n'est pas là, elle est PARTIE DEJEUNER. Tiens, prend ça dans la face! Malheureusement je n'atteins pas assez de détachement pour aller jusqu'à savourer ce repas. (Et dans ma bouche se mélangent la rage, la fatigue et le pain.) Seule une bonne marche rapide dans les bois attenants arrive à rétablir mon équilibre interne.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Deuxième point: ne plus répondre au téléphone. Demander à la secrétaire de filtrer (et ça c'est très très désagréable pour elle, mais je n'ai pas le choix que de demander un peu de soutien)&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Troisième point: faire mon boulot. Calmement, correctement, sans cris ni désespoir. Et partir à 17h en imaginant un visage congestionné de colère et de stress surmontant une cravate serrée sur chemise bleu clair. Pas bon pour le coeur, ça monsieur.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;Héroïne en CDI&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;style&gt;img, #cubbies-overlay{ -moz-transition-property: margin, box-shadow, z-index; -moz-transition-duration: 0.1s; -webkit-transition-property: margin, box-shadow, z-index; -webkit-transition-duration: 0.1s; }.cubbies-selected{ z-index: 9999; box-shadow: 3px 3px 8px -1px blue !important; cursor: pointer !important; margin: -3px 3px 3px -3px; }.cubbies-selected:active{ box-shadow: 2px 2px 5px -1px darkblue !important; margin: -1px 1px 1px -1px; }#cubbies-overlay{ position: fixed; z-index: 9999; bottom: 30px; left: 30px; box-shadow: 0 2px 3px rgba(0,0,0,0.8); border: none; }#cubbies-overlay:hover{ box-shadow: 0 2px 3px rgb(0,0,0); }&lt;/style&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-5786973040145592129?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/5786973040145592129'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/5786973040145592129'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2011/10/heroine-en-cdi-episode-12-ne-pas-se.html' title='Héroïne en CDI épisode 12 : NE PAS SE LAISSER METTRE LA PRESSION'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-5857575403849806743</id><published>2011-10-24T07:19:00.000-07:00</published><updated>2011-10-24T07:20:58.925-07:00</updated><title type='text'>payer pour avoir une chance</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On y est !&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Enfin un salon du livre fait &lt;a href="http://www.salon-livre-presse-jeunesse.net/I_05_02_ill_jeu_tal.php"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #444444;"&gt;payer les jeunes illustrateurs&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/a&gt; pour avoir la chance de rencontrer 3 DA “maximum”. Tout de même il en a fallu, du temps, pour faire comprendre à ces infâmes glandeurs que ça suffisait, de rencontrer gratos leurs futurs patrons (et non plus collaborateurs), après s'être ruinés en train et s'être fracassé le dos à poireauter des heures dans les files d'attente.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ça suffit, les privilèges de dessiner des petits mickés, il faut trier sur le volet les bons gros winners prêts à payer 10 euros pour illustrer nos livres et journaux à des prix dérisoires, des personnes déjà préparées à l'idée de se faire piétiner. On le sait bien, que vider les gens de tout pouvoir, ça leur fait tout accepter, alors si ils acceptent de payer 10 euros pour rencontrer un DA, tu sais que tu peux tout te permettre derrière.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On pourra dire que c'est pour tester la motivation, on s'en fout, personne trouvera à redire ou cherchera à comprendre, ce sont des parasites et tout le monde est d'accord avec ça. On n'aura qu'à dire que c'est des frais de dossiers, personne remarquera la blague : on reprend un truc qui existait déjà, on modifie légèrement son intitulé pour en faire un nouveau “service”, et on invente des frais de dossiers. Magique !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;D'ailleurs c'est comme les parasites au RSA, on les colle aux TIG, personne trouve à redire. Et bientôt on pourra demander aux chômeurs de payer l'accès aux petites annonces, et je vous fiche mon billet que tout le monde restera sage. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je vois pas pourquoi on s'emmerderait, hin, puisque personne ne bronche.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;Dahlia&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;style&gt;img, #cubbies-overlay{ -moz-transition-property: margin, box-shadow, z-index; -moz-transition-duration: 0.1s; -webkit-transition-property: margin, box-shadow, z-index; -webkit-transition-duration: 0.1s; }.cubbies-selected{ z-index: 9999; box-shadow: 3px 3px 8px -1px blue !important; cursor: pointer !important; margin: -3px 3px 3px -3px; }.cubbies-selected:active{ box-shadow: 2px 2px 5px -1px darkblue !important; margin: -1px 1px 1px -1px; }#cubbies-overlay{ position: fixed; z-index: 9999; bottom: 30px; left: 30px; box-shadow: 0 2px 3px rgba(0,0,0,0.8); border: none; }#cubbies-overlay:hover{ box-shadow: 0 2px 3px rgb(0,0,0); }&lt;/style&gt;&lt;br /&gt;&lt;style&gt;img, #cubbies-overlay{ -moz-transition-property: margin, box-shadow, z-index; -moz-transition-duration: 0.1s; -webkit-transition-property: margin, box-shadow, z-index; -webkit-transition-duration: 0.1s; }.cubbies-selected{ z-index: 9999; box-shadow: 3px 3px 8px -1px blue !important; cursor: pointer !important; margin: -3px 3px 3px -3px; }.cubbies-selected:active{ box-shadow: 2px 2px 5px -1px darkblue !important; margin: -1px 1px 1px -1px; }#cubbies-overlay{ position: fixed; z-index: 9999; bottom: 30px; left: 30px; box-shadow: 0 2px 3px rgba(0,0,0,0.8); border: none; }#cubbies-overlay:hover{ box-shadow: 0 2px 3px rgb(0,0,0); }&lt;/style&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-5857575403849806743?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/5857575403849806743'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/5857575403849806743'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2011/10/payer-pour-avoir-une-chance.html' title='payer pour avoir une chance'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-7586039647094391419</id><published>2011-10-09T03:32:00.000-07:00</published><updated>2011-10-09T03:32:22.220-07:00</updated><title type='text'>Un patron est mort.</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span id="internal-source-marker_0.664882052626381" style="background-color: transparent; color: black; font-family: Arial; font-size: 11pt; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="background-color: transparent; color: black; font-family: Arial; font-size: 11pt; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline;"&gt;Steve  Jobs est mort, paix à son âme.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="background-color: transparent; color: black; font-family: Arial; font-size: 11pt; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline;"&gt;C’était un patron, un capitaliste de  merde qui a réussi à vendre au populo des choses inutiles, à créer des  besoins nouveaux au nom de la liberté et de l’idéologie d’un monde de  communication. Un mec qui parlait si bien, un vrai tribun ce mec  paraît-il. Dans le Libé du 7 octobre, 13 pages (!) sont consacrées à  cette ordure, avec les témoignages des grands de la Terre, d’Obama à  Bill Gates en passant par les politicards à la mode qui pleurent cette  enflure. Ils devaient avoir des actions chez Apple sans doute: le cours  de l’action a été multiplié par 40 en dix ans, grâce à des produits  aussi indispensables que l’I-phone (développé en France) ou l’I-pad si  indispensable pour l’émancipation de l’humanité.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="background-color: transparent; color: black; font-family: Arial; font-size: 11pt; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline;"&gt;Grâce à ce patron  d’exception, nous sommes tous passés de l’âge du stylo et de la  bibliothèque à l’âge de l’internet pour tous disent les journaux. La  vérité est plus prosaïque, bien sûr. Dans ce dossier de Libé on apprend  que ce mec était une ordure de longue date, qui avait baisé son associé  dés le départ: quand les deux créateurs d’Apple travaillaient chez  Atari, Jobs n’avait pas le niveau informatique pour mener à bien son  boulot et que c’est son acolyte, Wozniak qui avait fait le turbin à sa  place pour 375 dollars, Jobs se mettant la prime de 5000 dollars dans la  poche sans en parler à son “copain”! On n’apprend rien de ce que l’on  ne sache déjà d’un patron: que c’est un voleur. Il n’a rien inventé,  rien découvert si ça n’est comment exploiter presque un million d’êtres  humains dans des conditions proches du système concentrationnaire avec  l’image du modernisme et de la démocratie. Parce que ce presque million  d’êtres humains, grâce aux lois que savent inventer les Etats pour  protéger ces ordures, ne sont pas salariés par Apple, mais ils  travaillent, ils fabriquent pour Apple. Cette société a aussi compris  les avantages de la fausse sous-traitance.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="background-color: transparent; color: black; font-family: Arial; font-size: 11pt; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline;"&gt;Après, la belle marque, les  belles pubs, les apparitions du héros à la télévision, les jolis  magasins, c’est autre chose. Une enquête montre que si Apple exige que  les “conditions de travail doivent être sûres” et que “les ouvriers  traités avec dignité et respect”, la réalité est toute autre. Et comment  s’en étonner quand cette boite fait fabriquer ses produits en Chine;  Apple pourra toujours dire qu’elle n’est pas au courant et jouer la  vierge effarouchée, peut-être sont-ils assez cons dans cette boite pour  faire la moindre confiance concernant le respect des droits humains dans  une dictature . L’entreprise Foxconn par exemple, qui fabrique les  ordinateurs et tous les “I”quelquechose pour le compte d’Apple, fait  travailler 920 000 ouvriers dans des conditions proches de l’esclavage,  utilise le kidnapping. Les auteurs d’un rapport sur les usines Foxconn  considèrent que celles-ci &amp;nbsp;sont “comparables à des camps de  concentration”. Ce même rapport cite des taux de cancers étonnants dans  un village proche d’une usine d’une autre compagnie travaillant  également pour Apple, qui profite de la nuit venue pour dégazer ses  vapeurs toxiques. C’est peut-être le vrai sens de la maxime de  l’entreprise: “&lt;i&gt;think different&lt;/i&gt;”!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="background-color: transparent; color: black; font-family: Arial; font-size: 11pt; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline;"&gt;Voilà  donc un grand patron que tous les journaux nous décrivent comme LE  révolutionnaire de l’Internet et qui n’est en fin de compte qu’un patron  voyou. Drôle de monde où, comme le fait Sarkosy, on loue le courage,  l’imagination et la force de travail d’un assassin, ou comme le fait  Obama, on le traite d’un des plus grands inventeurs américains, lui qui  n’a inventé en fin de compte que la bonne manière de faire consommer en  bonne conscience des produits issus de l’esclavage le plus sordide.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="background-color: transparent; color: black; font-family: Arial; font-size: 11pt; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline;"&gt; Un  patron est mort. Qu’ils crèvent tous!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="background-color: transparent; color: black; font-family: Arial; font-size: 11pt; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; text-decoration: none; vertical-align: baseline;"&gt;&lt;i&gt;V. &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-7586039647094391419?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/7586039647094391419'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/7586039647094391419'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2011/10/un-patron-est-mort.html' title='Un patron est mort.'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-8319288457185061254</id><published>2011-10-06T10:51:00.000-07:00</published><updated>2011-10-10T04:19:57.876-07:00</updated><title type='text'>L'antichambre du travail</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;style type="text/css"&gt; &lt;!--  @page { margin: 2cm }  P { margin-bottom: 0.21cm } --&gt; &lt;/style&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;T’as eu une réponse. Au milieu des silences éloquents dont les entreprises/administrations gratifient les demandeurs d’emploi, par manque de temps ou par mépris, quand ceux-ci les sollicitent, t’as eu une réponse.  &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Parfois tu ne sais plus très bien de quelle boîte il s’agit&amp;nbsp;; des candidatures, t’en as envoyé des palettes entières.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Quand c’est un «&amp;nbsp;non&amp;nbsp;», tu mets de côté le courrier/sauvegardes l’email, pour que ton conseiller Pôle Emploi puisse constater que tu recherches activement un boulot. Par les temps qui courent mieux vaut assurer ses arrières, mais je m’égare, dis.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Donc mettons que là, c’est «&amp;nbsp;oui&amp;nbsp;». Et mettons que tu débutes dans l’exercice de L’Entretien d’Embauche.  &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Tu as entendu des choses à ce sujet dans ton entourage, tu sais qu’il faut soigner sa présentation, alors tu mets des pompes correctes, des fringues classes, tu te coiffes et tu te pointes avec 25 minutes d’avance et l’haleine au menthol, prête à discuter de ta formation, du poste et de tes compétences. Souvent, ce sera pour un job quelconque, un truc pour lequel tu n’aurais jamais imaginé postuler un jour, du style SMIC à temps partiel, un truc pour lequel tu baisses un tout petit peu ton froc parce que là, tu n’as plus le choix, mais t’es confiante, t'es surqualifiée pour ce taf, il y a pas de raison que ça ne marche pas.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Pauvre conne, t’as rien vu, t’as à peine soulevé un coin de nappe.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Dans le couloir, ils sont une dizaine, surtout des femmes. Le recruteur a convoqué tout le monde en même temps par commodité, et t’attends comme pour l’oral du Bac de français.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Tu as dit bonjour en arrivant, on t’a répondu du bout des lèvres. Après tout, on est tous concurrents, hein&amp;nbsp;? Malgré toi, tu jauges un peu les autres du regard, à la dérobée, histoire de te situer dans le classement.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Ça s’éternise, et tu regrettes de ne pas avoir pris un bouquin, parce que là, de ne rien faire, posée connement sous les néons du couloir, tu sens la pression monter. Tu te répètes que c’est pas le job de ta vie, que c’est pas grave si c’est non, mais t’as d’autres données d’ordre pécuniaires qui parasitent tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;C’est ton tour, tu te lèves, parfois on te sert la main, parfois non, on t’offre un siège et t’as envie de te barrer avec tellement t’es stressée d’un coup, tu t’assois, tu poses tes mains sur la table, putain elles sont moites, ça fait des traces sur le formica, tu attends.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Parfois il est seul, parfois ils sont trois ou quatre face à toi, mais en général il n’y en a qu’un qui parle et qui se charge de présenter les autres. Souvent celui qui parle pour les autres est DRH, et même si tu es prise, tu ne le croiseras plus jamais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Parfois, tu es reçue dans un bureau minuscule, presqu’un cagibi, parfois tu te retrouves dans la salle de réunion, et ta voix semble s’éteindre sur le textile mural de cette grande pièce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Ils ont ton CV en main, et le survolent en te demandant de te présenter. Tu t’exécutes, parles de ton parcours universitaire et professionnel, et là, la voix te coupe sur ta lancée, et te demande de justifier, au choix&amp;nbsp;: les trous entre les CDD si tu as déjà travaillé, ou l’absence d’expérience professionnelle si tu viens d’être diplômé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Oui, parce que tu vas apprendre que par exemple, les stages, ça compte pas. Et que sans expérience, on peut pas te prendre, faut minimum deux ans. Là, t’en es à te demander pourquoi ils t’ont fait venir si ton CV ne leur convient pas, vu que, quand même, c’est sur cette base que t’as été admise dans ce bureau. Puis tu comprends&amp;nbsp;: c’est le jeu,&amp;nbsp;à toi de présenter ta défense. Tu sors un petit topo en présentant ton inexpérience comme un atout, car tu n’es pas sclérosée par une culture d’entreprise, tu as des capacités d’adaptation etc etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;On te regarde à peine quand tu parles, tu as l’impression d’être rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;On va continuer sur cette lancée. On ne te parlera que de ce que tu n’as pas. Après ton parcours pro, on peut s’en prendre à tes études aussi. Ou a ton absence de permis de conduire (même si le poste n’en nécessite aucun). Ou à ton utérus, potentiellement dangereux car fécond, même si les questions associées à ta fertilité sont, tu le sais, illégales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Etrangement, aucun recruteur ne s’attardera sur tes compétences techniques ou sur les logiciels que tu maîtrises. Là, je parle du DRH, du gars dont c’est le boulot de recruter, mais qui ne connaît rien au travail que tu effectueras.  T’as mis longtemps à comprendre qu’ils ne s’engageaient pas dans ces domaines de peur de dire des conneries, et de te laisser entrevoir leur incompétence…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;A la place, on va te demander de t’attribuer trois qualités, trois défauts. Tu vas dire des banalités, et là le mec en face, satisfait, pourra remplir sa petite grille psychologique à 2 francs grâce à laquelle il pourra déterminer si tu es plutôt hystérique, passif-agressif, dominant, soumis, amateur de bondage ou taureau ascendant mes couilles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Si tu n'es pas rompu à l'exercice, tu as l'impression qu'on te parle une langue dont tu ne maîtrises pas les codes. Le jour où cet espèce de gros con suffisant a utilisé le terme "forces vives" pour désigner le personnel, tu t'es mordue les joues très fort pour ne pas rire nerveusement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Tu te souviens aussi  très bien d'elle, de son petit sourire méprisant, et de son profond soupir à l'énoncé de tes compétences. De ses regards répétés vers l'horloge murale, et de sa conclusion lapidaire: "Oh, vous, ça se voit, vous n'avez pas envie de travailler."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;T'avais 22 ans, ça faisait 2 mois que tes Assedics étaient coupées, t'étais trop jeune pour le RMI, t'avais l'impression de te cogner à des murs. T'avais répondu sur le même ton "Non, j'ai besoin d'argent, c'est pas la même chose."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Et tu t'étais cassée, écœurée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Parce qu'on t'emmerde systématiquement avec ça. Même le job le plus merdique doit te tirer des exclamations d'enthousiasme. On te demande toujours pourquoi tu désires tant devenir téléopérateur, hôtesse de caisse, agent d'entretien, magasinier …Cette façon gerbante de présenter ces options vicieuses comme des passions, des choix personnels…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Tu te souviens de ce connard hautain qui t'avais qualifiée de "personnalité instable" parce qu'il n'y avait que des CDD sur ton CV et avait ajouté: "Si vous n'avez pas de CDI, c'est qu'au fond aucune entreprise ne souhaite vous garder."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Tu te souviens de toutes ces conclusions à l'emporte pièce, hallucinantes de bêtise, reposant sur du vide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Tu te souviens de cette femme qui te regardait comme si t'étais un insecte particulièrement répugnant, et qui t'avais juste dit "Vous ne méritez pas d'intégrer l'équipe, vous manquez de passion." C'était pour un job de téléprospecteur pour un grand annuaire pro.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Tu te souviens de ce gars qui t'avais expliqué posément que ton SMIC n'était pas acquis car que 20% de ta paye reposerai sur tes commissions de ventes, que pour lui c'était la meilleure façon de "créer une dynamique, une émulation entre les équipes". Ouais, ça existe. Et tu devais encore prouver que tu en voulais, la gniac, la gniac, la gniac. La gniac avec une pompe sur la nuque et la tête dans le caniveau, il y'en a qui y arrivent, toi t'as jamais pu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;T'as fini par arrêter de te pomponner, tu te contentais d'un jean propre, et parfois tu te buvais une petite bière pour te donner du courage. Tu t'es mise à t'en foutre pour de vrai. Tu as lu des articles qui expliquaient que les critères de recrutement d'une entreprise reposaient plus souvent sur des détails insignifiants que sur des critères rationnels, et d'une certaine façon, tu t'es faite une raison.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Surtout, tu ne t'es plus laissée piétiner l'ego. Tu as commencé à renverser le rapport de force avec les méprisants, les agressifs, à leur parler technique quand ils te causaient psychologique, à les mitrailler de questions gênantes, à les coincer, en somme, comme ils essayaient de te coincer. Tu as appris qu'avec ceux-là, la gentillesse comme la politesse était faiblesse, et qu'au fond tu n'avais plus rien à perdre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Bizarrement, ça a payé, parfois. Et au moins, tu ne sortais plus de là avec la rage et la honte dans le ventre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;T'as eu des recruteurs sympa aussi. Trois en tout. C'était simple, ils se contentaient de s'adresser à toi comme à un être humain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;Courageuse Anonyme&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;A voir sur le sujet : l'excellent &lt;span style="color: black;"&gt;doc Infrarouges&lt;/span&gt; "&lt;a href="http://www.pluzz.fr/la-gueule-de-l-emploi.html"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #444444;"&gt;la gueule de l'emploi&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;" diffusé sur France 2 le 6 octobre, sur le recrutement des Assurances Gan.&amp;nbsp;&lt;/i&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-8319288457185061254?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/8319288457185061254'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/8319288457185061254'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2011/10/lantichambre-du-travail.html' title='L&apos;antichambre du travail'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-5872449572621182116</id><published>2011-10-05T05:46:00.000-07:00</published><updated>2011-10-05T07:40:14.179-07:00</updated><title type='text'>Le crépuscule de l'humanité</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Hier, il y avait un débat autour du livre "&lt;a href="http://atheles.org/agone/memoiressociales/resisteralachaine/"&gt;&lt;b&gt;&lt;i style="color: #444444;"&gt;Résister à la chaine&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;", de&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;span class="messageBody translationEligibleUserMessage" data-ft="{&amp;quot;type&amp;quot;:3}"&gt; &lt;a href="http://blog.agone.org/post/2011/03/14/Je-suis-toujours-reste-a-l-usine"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #444444;"&gt;Christian Corouge&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/a&gt; et Michel Pialoux, respectivement ouvrier Peugeot à la retraite, et sociologue (livre publié chez Agone).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;span class="messageBody translationEligibleUserMessage" data-ft="{&amp;quot;type&amp;quot;:3}"&gt;Le débat était introduit par un &lt;a href="http://www.dailymotion.com/video/xf0g94_sochaux-cadences-en-chaine-1-3_news"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #444444;"&gt;documentaire&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/a&gt; d'une cinquantaine de minutes sur l'usine PSA Peugeot à Sochaux. On a beau savoir, se tenir informé, ne pas être dupe, se prendre les témoignages d'ouvriers en pleine gueule, ça fait toujours mal. C'est cru, ça ne prend pas de pincettes, c'est sans détour. L'ouvrier n'enrobe pas ce qu'il a à dire dans un jargon, il parle de ce qu'il doit faire, des directives qu'il doit suivre, et il n'a même pas à expliquer les conséquences de toute ça, elles sont évidentes, criantes, inévitables. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;span class="messageBody translationEligibleUserMessage" data-ft="{&amp;quot;type&amp;quot;:3}"&gt;Quand l'absurdité des ordres était décidément trop évidente, certains ont ri dans l'auditoire, jaune certes, mais ri. Je ne trouvais pas ça drôle, j'avais envie de hurler. Quand un ouvrier nous expliquait comment le patronat a pris exemple sur Toyota pour faire en sorte que la journée de 8 heures soit 8 heures de travail &lt;i&gt;effectif&lt;/i&gt;, sans une seule seconde de répit, je n'avais pas du tout envie de me poiler.&amp;nbsp; Quand un ouvrier nous explique qu'il est usé, exténué, qu'il a perdu tout le sens de son travail, qu'il n'a même plus le lien social dans son usine, ça ne prête pas à sourire. Quand tu entends cet ouvrier te parler du suicide de ses copains, et que lui-même a fait une tentative, ça te passe toute envie de te marrer.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les témoignages d'ouvriers, à qui on resserre toujours plus l'espace, à qui on retire toutes les secondes de répit dans la journée, on leur ôte le statut de personne, d'individu, d'homme.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On nie la nécessité de souffler.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On nie l'impact psychologique.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On nie la détresse et la souffrance.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On nie l'humanité. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pire que ça : on ne la nie même pas, on en a rien à foutre, on le sait, et on va toujours plus loin dans l'avilissement de l'autre, on trouve des solutions toujours plus élaborées pour couper tout lien humain, donc toute envie de révolte.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et enfin pire que ça&amp;nbsp;: les ouvriers, travailleurs, salariés, fonctionnaires, interim, précaires, sont persuadés qu'ils ne peuvent rien contre cette effroyable machine. Ils en ont oublié que derrière les directives, les normes, les ordres, les machines, il y a des hommes. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On en peut pas tuer, d'un coup de fusil, son patron, ce n'est pas moral, ce n'est pas légal.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mais lui peut vous tuer à petit feu, on peut vous pousser au suicide sans remord. Il a la loi pour lui, il a même la bénédiction de toute la classe dirigeante, tant qu'il ne tient pas lui même le fusil qui vous explosera la cervelle, tant que ce n'est pas lui qui vous passera la corde au cou. Loin des mains, loin des yeux, loin des conséquences. Tous applaudissent ce génocide à échelle planétaire.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La morale et le droit n'ont rien à voir avec l'éthique. Le pardon religieux n'existe que pour pouvoir commettre l'indicible, et le fric est en tête de toutes les religions. Dépersonnalisé, immatériel, vaporeux, le capital, avec ses normes et ses lois, maitrise absolument tout et de façon divine : c'est le destin, la fatalité, on n'y peut rien, Il est là, c'est tout, à nous de nous adapter, comme la main de l'ouvrier à la pince, quitte à devoir souffrir des carpiens toute la fin de sa foutue vie. On ne peut pas avoir de prise sur Lui, mais lui a une emprise totale sur nos vies.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mais on n'en oublie que comme un dieu, il n'existe que si on s'en remet à lui, que si on nie notre indépendance et notre humanité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Dahlia. &lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-5872449572621182116?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/5872449572621182116'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/5872449572621182116'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2011/10/le-crepuscule-de-lhumanite.html' title='Le crépuscule de l&apos;humanité'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-1398025359130489265</id><published>2011-09-27T01:41:00.000-07:00</published><updated>2011-09-27T01:49:14.110-07:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;style type="text/css"&gt; &lt;!--  @page { margin: 2cm }  P { margin-bottom: 0.21cm } --&gt; &lt;/style&gt;  &lt;/div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;«&amp;nbsp;Plaquez tout, les petits. Le travail - dans ce contexte - n'ennoblit pas l'homme. Les idéologues qui prétendent le contraire, quelle est leur profession&amp;nbsp;? Et quelles sont les chances de durée, je veux dire de durer dans l'amour, d'un couple qui se sépare à 7 heures pour se revoir à 20 heures, fatigué, au cœur d'une bruyante cité HLM&amp;nbsp;? Moi, je suis parti longtemps, préférant la gêne dans le bleu de la Provence et à la survie au milieu des odeurs de choux et de volaille, ici. Vos yeux sont des miroirs las de refléter les grues, le ciment, les tours et les usines. Glissez, mortels, sur la pente savonneuse de turbin-chagrin&amp;nbsp;! Glissez vers les cimetières populaires surpeuplés&amp;nbsp;! Glissez sur vos rêves écrabouillés, magma rosissant et doré des splendeurs à venir. Glissez sur le flot de vos larmes rentrées, sur votre sueur, sur le sang des règles qui prend l'ouvrière debout quand, ailleurs, on va «&amp;nbsp;s'étendre un moment&amp;nbsp;». Eh oui&amp;nbsp;! Petit, je m'excuse mais c'est comme ça&amp;nbsp;! Glissez sous ce beau ciel qui part pour ailleurs&amp;nbsp;! Glissez au rythme du piano du voisin d'à côté qui était peut-être un virtuose et qui attend son cancer loin de l'odeur du lilas et des roses&amp;nbsp;! Glissez, mortels et songez que ce n'est pas juste vis-à-vis de nos douze ans, vis-à-vis des garçonnets et des fillettes que vous étiez et qui auraient dû avoir tous les droits&amp;nbsp;! Ah&amp;nbsp;! Nom de dieu, vive la Révolution&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Ouap, dans &lt;i&gt;Tueurs de Flics&lt;/i&gt; de Fajardie. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-1398025359130489265?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/1398025359130489265'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/1398025359130489265'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2011/09/tout-les-petits.html' title=''/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-441419224950066101</id><published>2011-08-17T00:39:00.000-07:00</published><updated>2011-08-20T01:35:22.737-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Héroïne en CDI'/><title type='text'>Héroïne en CDI épisode 11 :  LES SOUS- et les SUR-HOMMES</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;La hiérarchie sociale, saute aux yeux dans un tas de situations, une fois qu'on a pris l'habitude de la voir; et dans le milieu du travail, elle culmine parfois de manière décomplexée.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Dans mon boulot, le sommet de la pyramide, c'est l'architecte. Alors pour lui/elle, il est interdit d'arriver en retard, consigne de la direction. S'il vient en visite on lui propose un café, on lui sourit beaucoup, on lui serre fort la main. Il n'a aucune raison de penser qu'on ne se conduit pas de la même manière avec tout le monde, pour peu qu'il ne se soit jamais posé la question. Il doit trouver les gens bien sympathiques et très professionnels.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Sur un petit nuage rose : l'architecte.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Ensuite, on a souvent la visite de commerciaux, qui viennent tenir à jour nos classeurs de documentation technique, et faire leur blabla sur les dernières nouveautés de leur marque. Alors là, c'est déjà plus la même histoire. Les commerciaux, ON S'EN TAPE. Bien qu'ils aient pris rendez-vous et qu'ils viennent de l'autre bout de la région voire même de la France, toujours en bagnole car personne ne se déplacerait pour venir les chercher à la gare, ils sont reçus: sur un coin de table, sans café, voire même tout en continuant à cliquer sur le mulot. Et eux, doivent garder le sourire, cirer les pompes, distribuer des stylos publicitaires. Métier dégradant s'il en est. Considérés unanimement comme des boulets, ils ne servent qu'en urgence pour obtenir un devis ou nous expliquer des subtilités techniques.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Heureusement, ma boîte est assez petite pour que, entre employés, on ne fasse pas de différence de statut entre la secrétaire, le chargé d'affaire ou le stagiaire de BTS.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Dans le milieu, on respecte aussi les gens de chantier et les ouvriers, parce qu'on a bien conscience qu'ils ont pas forcément la meilleure part du gâteau; et on a sûrement aussi un complexe d'infériorité, car eux, ce qu'on dessine, ils le FONT. Mettez moi un chalumeau dans les mains et vous verrez ce que je veux dire.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Ensuite, tout en bas de l'échelle, il y a bien sûr le ménage. J'ai toujours été étonnée de constater combien le gens aiment casser du sucre sur le dos de la pauvrette en polo à logo qui vient à l'heure du déjeûner. Nul ne semble se demander si ELLE, elle déjeune. Et que c'est plus sale après qu'avant... Et qu'il reste de la poussière ici... Et qu'elle a une drôle d'allure sur son scooter... disent-ils en foutant dans l'évier leur tasse vide qu'elle lavera alors que ça ne fait pas partie de ses attributions.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Moi, ce que je vois, c'est qu'elle nettoie les traces de merde de la cuvette, ce qui me soulage d'autant plus que je sais de quel cul elle sort - suivez mon regard vers la belle porte en verre de la direction.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Je m'étais liée d'amitié avec une des nombreuses personnes qui se sont succédé à ce poste (presque que des filles il faut bien le dire), on buvait un café en quatrième vitesse car elle avait commencé à 6h et devait filer sur un autre site avant de finir sa journée. Alors faisons une expérience. Mettons côte à côte un homo architectus et une homo aspiratum. Faisons-leur échanger leurs vêtements pour une journée, il y en a une qui va bien rigoler et l'autre qui va réaliser quelque chose.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;En conclusion, une fois n'est pas coutume, vous aurez droit à une petite polésie, comme dirait l'autre, intitulée:&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;AU ROYAUME DE OUI-OUI&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Le directeur dit à la femme de ménage:&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;"Voulez-vous un café?"&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Elle lui répondit: "Mais volontiers!"&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;  Le directeur va aux wawa&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Le directeur va faire caca&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Le directeur prend la balayette&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Et essuie la cuvette&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;L'architecte dit au laveur de carreaux:&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;"Avez-vous déjeuné?"&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;"Mais oui, j'ai mangé une entrecôte grillée&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt; Dans un restaurant du centre,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Avec une glace aux myrtilles.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Une fois bien rassasié,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Je suis r'parti travailler"&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt; Le chef de rayon demanda au chauffeur:&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;"Avez-vous fait bonne route?"&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Celui-ci, réjoui, dit "Si! Yé bienn dolmi!"&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;"Dans un gîte d'étape&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Avec petit dej' au lit&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Mon camion de tomates&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Garé devant le logis"   &lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-441419224950066101?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/441419224950066101'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/441419224950066101'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2011/08/heroine-en-cdi-episode-11-les-sous-et.html' title='Héroïne en CDI épisode 11 :  LES SOUS- et les SUR-HOMMES'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-4017817753932338960</id><published>2011-07-12T04:12:00.000-07:00</published><updated>2011-07-12T06:11:14.351-07:00</updated><title type='text'>La bourse ou la vie</title><content type='html'>&lt;h3 class="post-title entry-title" style="font-family: inherit;"&gt;&lt;span style="font-size: small; font-weight: normal;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;&lt;h3 class="post-title entry-title" style="font-family: inherit;"&gt;&lt;span style="font-size: small; font-weight: normal;"&gt;La réponse du CNL vient de tomber. La commission a décidé de me donner une bourse pour faire mon projet. Youpi ! me direz vous.&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Sauf que non, pas du tout. On me  fait l'aumône de la “bourse découverte”, soit 3500 euros, payables dans  les deux mois à hauteur de 80% c'est à dire 2800 euros, qui partiront  aussitôt dans les charges, les loyers impayés et l'IRCEC, c'est&amp;nbsp; dire  qu'il ne nous restera rien, niquedouille, ne serait-ce que pour manger.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Alors que j'attendais le double,  décidée à en profiter pour déménager d'un appart qui nous coûte trop  cher, voilà que tout s'écroule. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Mais là je vous entends : ho la  vilaine ingrate, cracher dans la soupe ! Oui, mais NON, je refuse.  Remballe ton dédain, remballe ton indignation tout de suite, avant que  je te le fasse bouffer par les trous de nez. Toute l'année, je n'ai  droit à rien, à part 76 euros de la CAF qui couvrent même pas les frais  bancaires. J'ai pas le droit au RSA, j'ai pas le droit aux allocs  chômages, j'ai juste le droit de fermer ma gueule parce que "mais tu  dessines c'est merveilleux !".&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Je n'ai pas le droit de me plaindre. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Sauf que les dessinateurs voient  leurs revenus fondre comme neige au soleil, sauf que trouver un plan  payé ça devient le parcours du combattant, sauf qu'il faut se plier aux  conditions illégales des employeurs (comme les magazines, qui te paient  sur facture mais&amp;nbsp; s'octroient les délais de la pige, ça va, t'as pas  trop mal au cul ? je peux continuer ?). Je ne connais aucune autre  profession où on baisse ton salaire, comme ça, parce que "c'est la  crise" ou je sais pas quoi. Oui parce que le DA au dessus de toi, non,  lui il se baisse pas son salaire, et l'imprimeur non plus, y'a personne  d'autre qui fait ça, y'a que TOI, pauvre gratteux, qui accepte ça, parce  que tu te dis, comme un con, le nez au vent, que ça te fera de la pub.  Sauf que tu te le fourres bien profond, quand tu auras enfin des  ambitions à la mesure de ton travail, le DA, qu'est-ce qu'il va faire,  te garder et te payer plus ? macache ! il va choper un nouveau petit con  naïf à sous payer, tout frais sorti de l'école. Et tu l'auras dans le  cul, du début à la fin.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Mais je n'ai toujours pas le droit de me plaindre.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Cette année a été  catastrophique, mes revenus ont dégringolé, les plans payés quasi  impossibles à trouver, quand j'en trouvais c'était à des prix  scandaleusement bas (allez, balançons, les Inrocks : 100 euros l'illus  couleur, 3 commandées&amp;nbsp; à rendre dans 2 jours, et évidemment on t'en  commande "une de plus pour le même prix et le même délai" au dernier  moment, imaginez ma réponse, le tout payé 2mois après, alors que c'est  sur facture, &lt;b&gt;ce qui est illégal&lt;/b&gt; mes petits chéris, ne vous  laissez pas marcher sur les panards comme ça et exigez d'être payés à  parution). Bref, une année de merde comme je n'en ai jamais eue, à ne  pas pouvoir développer des projets personnels pare que trop occupée,  préoccupée, à trouver du fric rapidement. Avec de telles conditions,  t'en viens vite à réfléchir à faire la pute, vendre de la drogue, ou  braquer la supérette, de façon tout à fait concrète. Ça où finir à la  rue, tu parles d'un "choix" tu parles d'une "chance" !&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Mais je n'ai toujours pas le droit de me plaindre, mazette "je dessine !".&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Sauf que je dessine de moins en  moins. Je suis de plus en plus écœurée par ce qui se passe, à mon niveau  mais pas seulement. Je vois tout s'effondrer, les conditions de vie de  tout le monde se dégrader vitesse grand V et personne ne bronche, je  vois les gens devenir des loups entre eux. &lt;span style="color: black;"&gt;Encore plus. &lt;/span&gt;Toujours plus, &lt;a href="http://www.rue89.com/2010/05/20/dans-la-sarthe-les-gendarmes-jouent-aux-sherifs-a-lecole-151982"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #444444;"&gt;obéissant comme de bons moutons&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;  à des loups, ne voyant même pas qu'ils courent à leur propre perte !  Refuser de se jeter dans la gueule de cette immonde bête c'est désormais  ne pas voir notre propre chance. Avec de tels raisonnements, mon vieux,  même la pauvre caissière au monoprix, payée au SMIC, et &lt;a href="http://www.europe1.fr/France/Licencie-pour-vol-dans-la-benne-a-ordures-619015/"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #444444;"&gt;qui risque gros en se servant dans les poubelles du magasin&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;, même elle n'a pas le droit de se plaindre, vu qu'elle a un putain de boulot, cette grosse veinarde.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Le pire là dedans, c'est que la  lassitude, l’écœurement, le découragement ont eu raison de ma colère. Je  ne suis plus combative aujourd'hui, les loups ont gagné : je suis une  chiffe molle, ruinée, qu'on va encore réussir à ponctionner par le biais  du tabac et de mon loyer, des énergies et de la bouffe. Je suis devenue  une de ces vaches maigres qu'on trait encore, asséchant leurs pis  malades et sclérosés, incapables de se défendre.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Mais je n'ai encore pas le droit de me plaindre, puisque je n'ai pas de patron, et j'ai choisi ma vie.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Et ce matin, tombe ce qui aurait  du être une bonne nouvelle, l'attribution de ma bourse. 3500 euros,  dont 80% seront versés dans les deux mois. Le temps de creuser le  découvert, d'accumuler les retards de paiement et les pénalités qui vont  avec, mes 2800 euros partiront aussitôt, dans du RIEN. et je n'aurai ni  le courage, ni le temps, ni la tête à finir mon projet, pour lequel  j'avais déposé mon dossier. 3500 euros, c'est la bourse découverte. La  bourse qu'on donne aux ptits jeunes qui débutent, avec beaucoup de  condescendance, comme on donne la pièce au miséreux un peu rigolo. Il  tend la main, mais en faisant des pirouettes, alors tu penses, si ça  amuse le bourgeois.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;J'avais déjà eu du mal à  demander cette bourse, ça me faisait mal de réaliser que c'était la  seule façon de nous en sortir, le seul espoir pour nous tirer de tout  ça. Je reçois cette bourse comme un coup dans le ventre, comme une  insulte, comme une humiliation. J'aurais même préféré ne pas l'avoir du  tout, par fierté. Non, je ne devrais pas remercier le CNL pour cette  aumône, non je te baiserai pas la main qui me méprise, non je ne  remercierai pas pour le peu de choses qu'on m'autorise à quémander une  fois par an maximum, et après 4 ans quand tu l'obtiens. Ce ne sont pas  des privilèges, ces bourses, c'est une preuve de plus qu'on crève  d'avoir choisi de dessiner.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Mais tu vois, je n'ai toujours pas le droit de me plaindre, je fais des mickeys.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Tanxxx&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-4017817753932338960?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/4017817753932338960'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/4017817753932338960'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2011/07/la-bourse-ou-la-vie.html' title='La bourse ou la vie'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-3284917742948936891</id><published>2011-06-11T06:21:00.000-07:00</published><updated>2011-06-11T06:23:49.262-07:00</updated><title type='text'>Attention Danger Travail</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Aujourd'hui, j'avais des choses à dire, encore sur le travail. Mais je ne sais plus comment formuler, je n'ai plus de mots pour décrire mon dégoût, j'ai épuisé mon vocabulaire à vomir le travail. Alors aujourd'hui, je me contente de poster cet excellent film de Pierre Carles, &lt;i&gt;Attention Danger Travail&lt;/i&gt;, pour ceux qui ne le connaitraient pas encore. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;iframe frameborder="0" height="359" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/x3lkr9" width="480"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;&lt;center&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.dailymotion.com/video/x3lkr9_attention-danger-travail-1_news" target="_blank"&gt;Attention Danger Travail (1)&lt;/a&gt;&lt;/center&gt;&lt;center&gt;&amp;nbsp;&lt;/center&gt;&lt;center&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;&lt;i&gt;Dahlia &lt;/i&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-3284917742948936891?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/3284917742948936891'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/3284917742948936891'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2011/06/attention-danger-travail.html' title='Attention Danger Travail'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-6815284236762090882</id><published>2011-05-28T02:16:00.000-07:00</published><updated>2011-05-28T02:16:19.315-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Héroïne en CDI'/><title type='text'>Héroïne en CDI, épisode 10  : Travailler moins</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;style type="text/css"&gt; &lt;!--  @page { margin: 2cm }  P { margin-bottom: 0.21cm } --&gt;&lt;/style&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;div align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;S'il y a bien un concept auquel j'adhère, c'est celui de travailler moins. Partage des richesse ! Partage du temps de travail ! Comme on dit dans les manifs. Ça ferait bosser tout le monde, moins et pour le même résultat.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Voilà le concept, simple à saisir, tout beau tout frais. Je parle pas de révolution, notez, c'est pas que j'en aie pas envie mais c'est pas le sujet. Tout cela est bien au contraire très compatible avec le capitalisme. Le «&amp;nbsp;débridé&amp;nbsp;», et le «&amp;nbsp;à la papa&amp;nbsp;». J'irais même jusqu'à dire que je vais en intéresser quelques uns de ceux qui viennent buller sur &lt;i&gt;le Salaire de la Peur &lt;/i&gt;avec l'oeil méprisant de la classe dominante pour des agités pénibles et irrécupérables. Restez en ligne, ça risque de vous donner des idées.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;On posera comme présupposé l'envie de se consacrer moins à la servitude du salariat, et plus à la construction de sa propre vie – présupposé utopique s'il en est, et qui nécessiterait à lui seul beaucoup de discussions. Parlons tomates. Supposons que l'individu lambda veuille plus de temps pour les biner mieux.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Alors évidemment, pour passer le test il faut remplir certaines conditions.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Avoir un salaire suffisant pour pouvoir s'en amputer d'une bonne partie n'est pas des moindres, surtout pour les 15% de salariés au SMIC tout cru, qui ne sont pas tous des jeunes sans gros besoins,  mais aussi des gens plus âgés, endettés, qui portent la charge d'une famille, etc...&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Ensuite, il faut se dénicher des bonnes raisons pour faire sa demande. Par là, j'entends toutes autres que &lt;i&gt;“Je veux plus construire ma propre vie&lt;/i&gt;” ou &lt;i&gt;“Je veux deux rangs de haricots à côté de mes tomates&lt;/i&gt;”.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt; Pour les femmes, c'est facile : j'ai des enfants, je veux faire un enfant, je dois garder des enfants, etc... Ça passe comme sur des roulettes. Pour les hommes, creusez-vous un peu le ciboulot, il faut quelque chose genre je me prépare pour faire l'ascension de l'Everest en hiver seul et sans oxygène, un raid 4x4 dans le désert, je fais des compétitions de surf... Quelque chose en quoi l'équipe dirigeante saura se reconnaître, sans pour autant trahir la véritable raison qui vous motive : moins voir leurs costards de merde, moins entendre votre réveil.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Et alors, après ? Après, on le fait. Après, on surmonte sa peur viscérale des portes en verre, on va toquer fermement et on pose avec assurance sa demande sur le bureau.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Dans ma boîte, plutôt jeune et souple, ça a marché pour les 80%. Et aussi pour les 60%. Je ne m'étendrai pas sur les multiples bienfaits de cette situation sur ma qualité de vie et mon jeu de guitare, qui n'est maintenant pas sans évoquer Paco de Lucia boeufant avec Celso Machado, pour sûr. Je passerai sur l'inquiétude de ma mère, le regard désapprobateur de ma boulangère et voisine qui, elle, se lève à 4 heures six jours par semaine, pour me faire du bon pain frais - je ne lui en demande pourtant pas tant. Et bien sûr, sur l'attention permanente pour ne pas dépenser inutilement.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Ce sur quoi je veux m'étendre, c'est sur les conséquences inattendues et qui ne profitent pas au même camp.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;D'abord, et c'était prévisible, personne n'a évidemment été embauché en complément. Aucun partage du temps de travail, donc, mais plutôt un tartinage de la tâche supplémentaire sur des tartines déjà bien lourdes.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Pour ce qui est du partage des richesse, là encore, on repassera car déjà qu'on m'a accordé cette énorme faveur d'être à 60%, faudrait pas non plus que je pense à être augmentée avant une bonne dizaine d'années.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Ensuite, mes propres journées de travail... S'en sont retrouvées intensifiées. Pas de répit; quand on a raté un épisode de l'éternelle série à rebondissements de ma vie de bureau, il faut rattrapper! Alors on y va, on turbine, encore plus qu'avant quand c'était déjà dur à suivre. Pour comprendre les tenants et aboutissants, le pourquoi et le comment, de chacun des emails sans réponse et de chacun des messages pressants.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Oui, car le travailleur à temps partiel (TPP) se sent coupable. Même si en échange de ses deux grasses matinées supplémentaires, il met maintenant de la margarine au lieu du beurre sur ses tartines. Et il peut, car son absence, c'est un manque à gagner pour l'employeur. Qui lui fait bien sentir. En conséquence de quoi, le TPP est plus rentable qu'avant. Il se donne plus, il est plus frais et plus motivé, il a mangé des vitamines dans ses bonnes fraises du jardin. Et le jour du coup de bourre vraiment affreux (vraiment affreux car la vie EST un éternel coup de bourre), rien n'empêche de le faire venir un jour de repos, payé en heures complémentaires, et non supplémentaires (non majorées, donc. Et encore, faut demander!)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Y'a donc pas longtemps à hésiter. Ami patron, lance-toi dans le temps partiel. Certains l'ont déjà bien compris, dans la grande distribution et le ménage par exemple. Il n'y a que des avantages pour toi.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Le travailleur, lui, se fera entuber ENCORE PLUS, mais pendant moins longtemps, certes.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;C'est là tout le choix qu'on a en 2011.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Bon, pour la révolution, on en reparle.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Héroïne en CDI &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-6815284236762090882?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/6815284236762090882'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/6815284236762090882'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2011/05/heroine-en-cdi-episode-10-travailler.html' title='Héroïne en CDI, épisode 10  : Travailler moins'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-23706898757202393</id><published>2011-05-27T11:53:00.000-07:00</published><updated>2011-05-27T11:59:01.487-07:00</updated><title type='text'>Le Miroir</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Elles sont désespérées ces salariées : l’employeur met en place une nouvelle organisation qui bafoue le droit et dégrade les conditions de travail au mépris de l’activité même de l’entreprise. Il est sourd aux réclamations des délégués du personnel. Elles demandent une intervention urgente de l’inspecteur du travail.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Difficile de réprimer une grimace. Ta direction a en effet annoncé hier qu’un projet identique allait être appliqué ici. Cynisme et indifférence ont été opposés aux représentants syndicaux. L’inspecteur du travail peut-il solliciter une intervention de l’inspecteur du travail ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;C’est comme un miroir, les travailleurs dans la merde parlent à d’autres travailleurs dans la merde. Qui aidera qui ? Ça tient aussi de la mise en abyme. Comment rendre compte de la situation ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Un jour on a nourri des vaches avec des vaches. La Révision Générale des Politiques Publiques à l’inspection du travail, c’est la vache folle. La crise capitaliste et ses conséquences sociales n’arrangent rien.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Il ne s’agit pas de concourir pour savoir qui est le plus mal. Ici on a plutôt tendance à se taire : on sait trop bien dans quelle conditions on bosse ailleurs. Postiers, aides-soignantes, travailleurs immigrés, saisonnières agricoles, le travail vous malmène. Les mécanismes sont partout identiques, étudiés par des chercheurs en sursis.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Mais ici on a ce fichu miroir. Voir les salariés se débattre, souvent en vain et malgré tous nos efforts pour accomplir nos missions, pour faire appliquer le droit du travail avec des moyens dérisoires, ça use. Alors comment continuer à croire que l’on va s’en sortir ici malgré ces petites victoires éparses qui permettent encore de tenir ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Luc, inspecteur du travail et militant syndical, s’est donné la mort dans les locaux du ministère du travail. On ne peut pas se taire. Il faut refuser la vache folle. C’est un impératif catégorique.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Ici il y avait trois contrôleurs du travail pour renseigner cinquante salariés. Il en reste un seul qui peine à répondre sur des points de droit inextricables à cent personnes en proie à des difficultés professionnelles et sociales. Mais deux directeurs ont été promus et lui demandent des comptes, parce qu’il n’a pas pu instruire, en plus du reste, des dossiers de ruptures conventionnelles.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Ici tu reçois un salarié broyé psychiquement pendant que derrière la porte une assistante sanglote. Son poste est supprimé. Un « caprice » d’après le directeur puisqu’elle conservera un emploi…&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Ici on convoque un employeur pour pointer un recours abusif à l’emploi précaire, il sera accueilli dans les locaux par un stagiaire présent depuis des mois.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Ici tu rapportes les traits d’une organisation délétère qui plonge les ouvriers dans la souffrance et dégrade le climat social. Demain la hiérarchie te félicitera d’abord pour l’enquête menée et annoncera qu’une organisation similaire va être déployée.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Ici on te signale les publications relatives aux « risques psychosociaux », on invite ergonomes et médecins pour disserter sur la destruction des collectifs de travail. Dans le même temps, onfavorise le clientélisme pour les mutations et les promotions, l’individualisme, la concurrence entre les services. Les garanties statutaires sont vidées de leur contenu.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Au ministère du travail, tout le monde sait ce qui est susceptible de tuer au travail, mais on met en œuvre la RGPP. Avec plus ou moins de zèle. Une infime partie de la hiérarchie s’insurge et souffre, les autres s’en moquent. Les nouvelles organisations sont ainsi faites que la responsabilité est diluée, au point qu’il n’y a plus de sens des responsabilités.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Ici tu n’as pas terminé le premier chapitre et tu connais déjà la fin de l’histoire, ça donne envie d’arrêter, ou tant que tu peux encore, d’écrire un autre livre riche de luttes, de solidarité.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Samuel &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-23706898757202393?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/23706898757202393'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/23706898757202393'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2011/05/le-miroir.html' title='Le Miroir'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-5336004656076610810</id><published>2011-05-11T02:26:00.000-07:00</published><updated>2011-05-11T02:26:16.277-07:00</updated><title type='text'>Le parasite</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Un politicard, peu  importe qui il est, aujourd'hui c'est Wauquiez (*), hier c’était un  autre (Boutin ? je sais plus, les propos ignobles restent, leurs auteurs  sont interchangeables), et je te fiche mon billet que demain un autre  connard prendra la relève, a sorti une horreur. Bon, d'accord, un &lt;i&gt;autre&lt;/i&gt; politicard a &lt;i&gt;encore&lt;/i&gt;  sorti une horreur, jusque là pas de quoi s'estourbir, rien de plus  régulier, il se passent les bons mots comme des relais, pour disperser  la colère, la délayer dans un grand bol d'eau croupie, puant les égouts.  Mais pour moi c'est toujours la même personne qui dégueule par sa  bouche. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Ce  ministre, fort de sa position qu'il estime sans doute plus louable, a  donc dit, le 8 mai 2011, reprenant le flambeau nauséabond de ses  prédécesseurs confortablement assis sur les millions des prolos,  attention je cite, ne vomissez pas votre chicorée :&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;“Quelle  est, pour moi, la principale injustice dans notre pays ? C'est  que  celui qui travaille n'ait pas un véritable écart avec celui qui   bénéficie des minima sociaux (...) Cette situation-là est pour moi &lt;b&gt;le cancer de la société française”&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;WOUAW !&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Le  mec, sans sourciller, désigne un pauvre bougre qui touche l'aumône de  460 euros sans le “meilleur” des cas comme un kyste purulent qui détruit  de l'intérieur le si joli sein de Marianne. Y'a fort à parier que ce  mec n'a jamais eu à se creuser la tête pour savoir comment il allait  bouffer dès le 10 du mois, quelle poubelle il allait faire, comment il  allait pointer à la soupe populaire sans honte, bref, je vais pas vous  faire un dessin, on se demande si c'est pas la poêle qui se fout du  chaudron, par hasard. Je ne vais pas faire un laïus sur comment on vit  avec si peu, y'a qu'à faire tourner sa machine à penser deux minutes et  t'as la réponse. Et en face, un bon gars, que nous désignerons comme tel  parce qu'il prend la défense de l'opprimé, et qu'il en est convaincu,  oui, c'est “la gauche” qui s'exprime par la voix de Martine Aubry, je  cite :&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;«Dire que les  gens qui vivent du RSA sont des gens qui ont les bras  ballants qui  attendent et sont très heureux de vivre de l'assistance,  c'est vraiment  ne rien connaître à la réalité des choses»&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Ho  bah c'est vachement sympa, me direz vous, parce que vous même vous êtes  bons. Sauf qu'elle se fout tout autant de votre gueule. Parce que je  veux bien qu'on me coupe un putain de bras si Martine Aubry et ses  copains de la soi disant gauche, a l'once de l'ombre d'un ongle de  l'idée de ce que vit un mec au RSA. J'ai autant envie de plastiquer  Aubry que Wauquiez, parce que ni l'un, ni l'autre, ni personne dans la  classe dirigeante, ne saura &lt;i&gt;jamais&lt;/i&gt; ce que c'est que de vivre avec 460 euros par mois en 2011.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Et  on oublie, aussi, que c'est cette même gauche, par le biais de Rocard,  qui a mis en place le RMI. Le RMI, c'est quand même le meilleur bâillon  qui ait jamais été inventé, le meilleur pare-révolte du monde. On te  fait l'aumône, comme ça tu n'iras pas gueuler, bien trop terrorisé à  l’idée de perdre si peu, ce si peu qui te loge (parfois), te nourrit  (des nouilles), et surtout plonge tout le reste de la population dans la  crainte d'être déchu, d'être relégué dans cette sous caste et de subir  l'opprobre. Le RMI n'a jamais été une bonne chose.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Mais  au delà de ce qu'est cette réalité, de vivre comme un chien, de  bidouiller du lever au coucher, vivre sans travailler est un droit,  bordel. On désigne ce parasite comme une plaie, et jamais on ira  demander aux politicards pourquoi ils ne se rendent pas à l'assemblée  quand ils en ont le devoir et sont grassement payés pour ça (ya qu'à  voir les &lt;b&gt;&lt;a href="http://www.nosdeputes.fr/" style="color: #444444;"&gt;graphiques&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;, vachement parlants, tiens prenons &lt;a href="http://www.nosdeputes.fr/laurent-wauquiez"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #444444;"&gt;Wauquiez&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;  quand il était député : pas UNE seule présence, il n'est intervenu sur  AUCUN dossier, et a pourtant touché sa paye. Ha. bon OK il n'a été  député qu'un mois, mais ça lui ouvre les droits à une retraite  confortable, que vous, vous n'aurez jamais, puisqu'il faut que vous vous  sacrifiiez), et que aucune amende n'est appliquée, comme le droit  français l'exige, en cas d'absence. Mais je vais pas pinailler sur le  droit français, ou la démocratie (ahah !), je les vomis comme tout le  reste, mais tout de même, y'a des coups de pied au cul qui se perdent.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Non,  le parasite n'est pas celui qu'on désigne, mon bon, ne te trompe pas de  cible. Le politicard, comme j'ai pu l'entendre, ne sacrifie pas sa vie  pour le bon populo (j'ai même entendu dire que “&lt;i&gt;après tout il se sacrifie, c'est normal qu'il touche des pots de vin&lt;/i&gt;”),  le politicard profite de sa position pour se faire du gras sur le dos  des pauvres pour l'hiver prochain.&amp;nbsp; On désigne le “bénéficiaire” (pouah  !) de minima sociaux comme parasite, parce qu'on croit que le mec qui  touche du chomedu préfèrerait que l'autre touche moins, plutôt que lui  touche plus. Étonnant mécanisme du mec dans la merde : y'a que les  cloduques qui proposent ce qu'ils ont trouvé dans les poubelles aux  autres cloches avant de se servir.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Le  droit de passer sa vie sans travailler, voilà le dernier vrai tabou du  capitalisme. Quoi, s'offusque t-on, un mec pauvre qui n'a pas envie de  bosser ! Bon, c'est vrai, on ira pas compter les héritiers de L'oréal  dans le tas : eux sont vautrés sur l'or nazi depuis des générations et  font tourner le monde sans lever le petit doigt, on estime donc qu'ils  ne parasitent rien, et on leur fait même des beaux cadeaux à la taille  de leur gloutonnerie. Non, l'ennemi intérieur, c'est le pauvre. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Et  si le pauvre émet l'idée de ne pas vouloir trimer, alors là, on crie au  scandale, parce que le pauvre suce les honnêtes travailleurs à rien  foutre. Je n'ai pas retrouvé les chiffres (&lt;b&gt;&lt;a href="http://lexpansion.lexpress.fr/economie/le-rsa-n-aura-rien-coute-a-l-etat-en-2009_230503.html" style="color: #444444;"&gt;j'ai retrouvé que ça&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;),  mais croyez moi, le RSA comme le RMI, c'est rien du tout dans le  budget. On ne désignera pas les dépenses des dirigeants comme une  charge, et pourtant elle autrement plus pachydermique, pour des gens qui  n'en branlent pas une. Je dis rien foutre, mais c'est même pas ça...  Y'a qu'à voir &lt;i&gt;“&lt;a href="http://www.dailymotion.com/video/x3lkr9_attention-danger-travail-1_news"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #444444;"&gt;Attention Danger Travail&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;”,  pour se rendre compte que ces “parasites” sont très actifs, mais  certes, ne rapportent pas un kopeck&amp;nbsp; à leurs dirigeants. C'est pas le  fait de rien foutre, qui les emmerde, c'est le fait qu'ils les  engraissent pas avec leurs activités, et qu'ils remettent en question le  système qu'ils subissent, et ça fait une une sacrée différence)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Et tout ça m'amène, encore une fois, à citer mon chéri, Émile Pouget, dans le Père Peinard de 1894 (“&lt;i&gt;Jabotage entre bibi et un fiston&lt;/i&gt;”&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;) :&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;“&lt;i&gt;Y a deux systèmes. Je  vas, par un exemple, te donner à choisir : figure-toi que la société  est seulement composée de vingt personnes, ayant toutes un métier utile.  Malheureusement, sur les vingt, y a un feignant qui refuse de  travailler et qui veut vivre aux crochets des copains. Les 19 autres  groument, nom d'une pipe ! Après bien des discussions, ils décident de  couper les vivres au mec et, pour l'empêcher de rien barbotter, ils  choisissent le plus grand, le plus fort et le plus bête d'entre eux,  qu'ils bombardent gendarme. &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Un beau  soir, le pandore paume le feignant sur le tas, en train de tordre le cou  à une poule ; il le passe un brin à tabac et l'amène aux camaros. &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Qu'en  foutre ? Si on le relâche, il s'en retournera chopper les poules. Après  bien des hésitations, on décide de le foutre à l'ombre. &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Mais  où ? Faut une prison ! Pour ça, on délègue le maçon et le serrurier  qui, pendant quelques semaines, lâchent leur turbin utile pour édifier  cette saloperie appelée «prison». &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;On y enfourne le feignasse. &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;A ce moment, un remords germe dans le siphon des 19 : «Avons-nous le droit de priver ce coco de sa liberté ?» &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Après  s'être bien chamaillés, s'être foutus des gnons sur le gnasse, ils  accouchent d'une constitution. Comme ils sont très démoc-soc, ils  organisent la législation directe du peuple par le peuple, avec  referendum et tout le bazar ! Une salade qui, pour ne pas être russe,  n'en est pas moins infecte. &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Maintenant, y a pas erreur ! On a le droit de mettre le feignasse au clou, à condition qu'un jugeur le condamne. &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Faut donc décrocher un jugeur ! On donne cette corvée au plus salaud des 19. &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Enfin,  ça y est, le feignant est au ballon ! Mais, comme il la trouve  mauvaise, il a fallu lui coller un gardien. On a choisi pour ça, -  toujours sur les 19 ! — le plus sournois de la bande. &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Récapitulons : pour se garer d'un flemmard, mes 19 andouilles sont donc arrivés à nourrir à rien foutre : &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Primo, un gendarme, &lt;br /&gt;Deuxièmo, un jugeur, &lt;br /&gt;Troisièmo, un gaffe, &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Quatrièmo,  pendant un sacré temps, le serrurier et le maçon ont eu un tintouin du  diable pour bâtir la prison, — tandis qu'ils laissaient les turnes des  bons bougres se délabrer. &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Cinquièmo,  le plus gondolant, c'est que mes 19 loufoques nourrissent tout de même  leur feignant : faut qu'il bouffe, au clou !... &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Voilà,  fiston, ce qui se passe en grand dans la vache de société actuelle.  Pour ne pas nourrir une flemme, on en nourrit quatre ! &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Dans  une société anarchote, on manœuvrera autrement : s'étant rendu compte  qu'il est plus onéreux de foutre un salopiaud au clou, que de le laisser  vagabonder, on se résignerait à le nourrir... en le méprisant. &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Or,  pour supporter le mépris de tous, faut une sacrée dose de caractère,  incompatible le plus souvent avec la flemmenza. Le feignant serait vite  dégoûté de son innoccupation et bricolerait. &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;En  tout cas, il se produirait quéque chose d'approchant à ce que nous  voyons dans la société actuelle : le métier de mouchard et celui de  maquereau font vivre leur homme sans rien foutre. Pourtant y a pas épais  de types qui en pincent, — et ceux-là mêmes, n'avouent pas leur sale  profession... ils s'en cachent, craignant le mépris. &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Ceci dit, petiot, entre les deux systèmes, celui de la répression des feignants ou le fourbi anarcho, lequel te botte ? ” &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/blockquote&gt;C'est encore le foutoir, ce texte, ça sort comme ça. Mais vous m'aurez comprise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Dahlia &lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;(*) &lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;Wauquiez,  qui, collé à Frédéric Mitterand, s'était rendu au FIBD cette année pour  frimer dans les cocktails en bramant que la bédé c'est cool, sans se  demander comment vivaient les auteurs, dont une bonne bonne partie  survit grâce au RSA. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-5336004656076610810?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/5336004656076610810'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/5336004656076610810'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2011/05/le-parasite.html' title='Le parasite'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-6173755417026264833</id><published>2011-04-26T01:10:00.000-07:00</published><updated>2011-04-27T08:53:00.906-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Héroïne en CDI'/><title type='text'>Héroïne En CDI, épisode 9 : 22 juin</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quel drôle de titre, 22 Juin. Que se passe-t-il le 22 Juin? Eh bien, c'est le lendemain du 21. Et tous les ans, c'est la même histoire... J'ai beau grandir, ça ne passe pas. Je sais très bien que je dois me lever le lendemain, et me voilà pourtant, galopante au cœur de la nuit avec les derniers zonards et tapeurs de djembe, saignant sur ma gratte, irrémédiablement BOURREE. Se coucher? Se pas coucher? Pour l'heure peu m'importe, c'est au petit matin que la falaise à gravir se dessine, au bon gros fusain. En général, j'arrive à trouver quelques bonnes prises et, bon an mal an, à me hisser jusqu'au plateau-repas. Des fois, c'est le drame. Heureusement que j'arrive en premier au bureau, c'est plus discret pour gerber. Ça en fait, c'est la petite intro anecdotique pour faire une accroche rigolote sur mon sujet du jour, l'alcool au boulot (hein, que vous avez rigolé).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, il y a deux choses différentes: arriver au boulot tout confit parce qu'on s'amusait fort et qu'on n'a pas vu le temps passer (cf. ci-dessus), ou bien boire exprès juste avant ou pendant le boulot pour le rendre supportable et relâcher la pression.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je lance un petit jeu: trouve qui appartient à quelle catégorie parmi les personnages décrits ci-après, issus de mon entourage proche ou lointain... Laurent vient dêtre embauché et conformément aux us de sa précédente entreprise, il garde dans son placard un magnum de whiskey. Il propose de temps en temps des coups dans des gobelets plastiques pour le café.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nicolas joue du tuba dans une fanfare. Devant son écran, il fait des siestes en gardant la pose. Seuls ses yeux sont clos, et son menton fait des piqués. Une fois, un client en visite s'est pris un gros vent en lui tendant la main; c'était comme saluer Marylin au musée Grévin. Il était pourtant plus jeune mais lui a bien fait sentir son mépris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toute l'équipe de la boîte de travaux publics mange au même restau le midi, dans le village à côté de la route qu'ils refont, par 0°C. Le menu est très complet: buffet d'entrées, plat, fromage, dessert, et vin à volonté. Ces quasi-smicards claquent 20% de leur paye pour se tenir chaud de l'intérieur. Parmi eux, un intérimaire suit le mouvement et manquera perdre ses deux jambes, écrasées par un recul de machine sans visibilité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un midi, j'ai accompagné Tonio à Auchan pour acheter une bonne bouteille de whiskey pour ses 20 ans, le soir même. Il me soutenait qu'il allait la boire tout seul, que ça le rend pas malade, ouais il l'a déjà fait plein de fois, il connaît. Le lendemain, c'est sa mère qui appelle et moi qui décroche. Elle pense qu'il a dû prendre froid en allant avec moi à Auchan hier. Je lui confirme qu'il y avait un vache de vent glacé sur le parking.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philippe a de fortes responsabilités mais le matin, il est de méchante humeur, teigneux et aboyeur. Le midi, il commande en apéritif deux bières d'un coup (pas de temps à perdre), et une bouteille de rouge avec le plat – pas n'importe lequel car il est membre d'un club d’œnologie très select, comme tous les clubs d’œnologie. C'est le moment où on peut l'entendre parler du temps de ses débuts, et raconter qu'il buvait 10 pastis tous les soirs avant de partir du boulot (faut croire que ça doit aller un peu mieux alors). En début d'après-midi il est bien plus jovial mais aussi moins fiable. Ses collègues ont appris à prendre en compte ce facteur à part entière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n'ai pas d'exemple féminin à fournir, je vais pas en inventer.&lt;br /&gt;Yacine est manœuvre et sans une grande tasse de gnôle, il est incapable d'enfourcher sa mobylette pour faire ses 15 bornes au matin. Il y a quelques années il était plus axé sur le haschich mais de sérieux problèmes cardio-vasculaires l'ont forcé à arrêter (pas persuadée que ce soit beaucoup mieux maintenant). Il ne boit pas d'eau mais du vin, et porte des bidons et des plaques de plâtre toute la journée. Il attend la retraite; plus que dix ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hervé a un nez couperosé et fume des cigarillos. Il a été commercial pendant des années avant une 'mystérieuse' reconnaissance d'incapacité professionnelle, avant de se reconvertir. Lors des pots de départ il ne franchit pas le seuil de la salle où se versent les bulles ; il prend sa sacoche et rentre chez lui manger avec sa femme. Il attend lui aussi la retraite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est 5 heures. J'ai choisi: ne pas me coucher. Et je reprends une finkbraü en honneur à ces victimes personnelles d'une vie professionnelle de souffrance.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-6173755417026264833?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/6173755417026264833'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/6173755417026264833'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2011/04/heroine-en-cdi-episode-9-22-juin.html' title='Héroïne En CDI, épisode 9 : 22 juin'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-931382539413958199</id><published>2011-03-28T03:47:00.000-07:00</published><updated>2011-03-28T03:53:06.827-07:00</updated><title type='text'>Variable d'ajustement</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;La connasse de la boîte d’intérim  s’appelait «&amp;nbsp;Béné&amp;nbsp;», c’était écrit  sur son dévidoir à scotch. Elle  paraissait toujours sortir de chez le  coiffeur, faisait mille petites  manières avec sa bouche et saisissait  tous les objets comme si son  vernis à ongle n’était pas encore sec. J’ai  eu envie de l’éclater des  milliers de fois, de lui casser la gueule, de  hurler, de foutre en  l’air son bureau. Sauf que j’avais besoin d’argent  et qu’elle avait le  pouvoir de me trouver des «&amp;nbsp;missions&amp;nbsp;» d’intérim.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;La première fois que je l’ai rencontrée,  elle m’a dit qu’elle ne  pouvait pas me donner de mission sans que je  sois inscrite, alors j’ai  dit que je voulais m’inscrire. Elle m’a  répondu que les inscriptions,  c’était pas l’après-midi, mais le matin.  Je suppose que c’est pour  tester la motivation du chômeur, détecter les  demandeurs honnêtes  puisque matinaux. Je suis donc revenue le  lendemain matin. Elle m’a  inscrite puis a relevé la tête et m’a dit:  «&amp;nbsp;On n’a pas de mission pour  vous&amp;nbsp;». Pendant plusieurs semaines, j’ai  insisté jusqu’à ce qu’elle  craque et me fasse l’honneur de me confier  «&amp;nbsp;un inventaire&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Je me suis retrouvée quelques jours plus  tard à attendre avec  quatre-vingts intérimaires, sur un parking de  grande surface, de nuit.  On est venu nous annoncer qu’il n’y avait pas  de vestiaire pour nous, et  que le parking ne serait pas surveillé. Par  conséquent, «&amp;nbsp;l’entreprise  n’était pas responsable des éventuels vols  qui pourraient se produire&amp;nbsp;»  pendant notre nuit de travail. Nous sommes  quand même tous allés déposer  nos manteaux et sacs dans nos voitures,  avant de nous remettre à  attendre sans manteaux, dans le froid, que la  petite porte s’ouvre.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Tu entres souvent par un couloir dans  lequel personne n’a trouvé  utile de mettre un peu de peinture sur les  moellons. La lumière est  dégueulasse, ça sent la poussière et le  désinfectant industriel. Tu suis  le troupeau jusque dans le magasin, et  tu constates qu’ils n’ont allumé  qu’une petite partie des néons, pour  faire des économies. C’est glauque  à crever.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Des inventaires, j’en ai fait des  tonnes. J’ai compté des rouleaux de  PQ, des livres, des fromages, des  brioches, des chewing-gums dans les  présentoirs devant les caisses, des  tasseaux, des clous, des élastiques,  des barrettes à cheveux… il y a  eu des missions pires que d’autres,  mais à chaque début d’inventaire,  le chefaillon s’est toujours fendu  d’un petit aboiement hargneux pour  nous expliquer qu’il passerait au  hasard recompter derrière nous. S’il  trouvait deux erreurs, il nous  virerait devant tout le monde. Et faudra  pas compter être payé.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;J’ai commencé à m’habituer aux  inventaires. Le principe était simple,  bien que l’organisation  sous-entendait que tu n’aies plus de vie. La  boîte d’intérim me  prévenait parfois juste une demi-heure avant, par  sms. Là, il fallait  tout lâcher, filer en courant sur un nouveau lieu de  travail sans  savoir quand on pourrait rentrer chez nous. Parce que tu  ne sais jamais  vraiment quand tu auras terminé. Parfois, on te fait  pointer un peu  avant minuit, puis un peu après minuit, pour te passer  artificiellement  sur «&amp;nbsp;une autre&amp;nbsp;» mission. Tu te retrouves comme ça à  bosser de 20  heures à sept heures trente du matin. C’était pas prévu, ou  on n’a pas  jugé utile de te le dire, et si chez toi on on s’inquiète  parce qu’on  ne te voit pas rentrer de la nuit, c’est tant pis.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Les missions à l’usine étaient  certainement plus dures que les  inventaires et les mises en rayon dans  la grande distribution, mais  finalement, le point commun restait notre  statut de merde, notre statut  d’intérimaire. Quand tu fais de  l’intérim, tu n’es rien, tu retournes au  XIX° siècle, tu es journalier.  Tu dépends du bon vouloir de celui ou celle qui organise le marché à  bestiaux. Tu te pointes et on te regarde les dents. Tu ne fais que  passer, alors on t’appelle «&amp;nbsp;Eh, toi de la  parfumerie&amp;nbsp;» si tu es au  rayon dentifrice, «&amp;nbsp;Eh, toi des liquides&amp;nbsp;», si tu es au rayon des  bouteilles… On te presse pour travailler plus vite, toujours plus vite,  et tu te retrouves en concurrence malgré toi avec les permanents,  les  moins précaires, qui en retour ne t’aiment pas.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;On a le droit à rien, qu’à fermer  notre gueule. On bosse par  missions d’une semaine, on est renouvelé  tacitement semaines après  semaines, si on est assez docile. Il y en a  qui bossent comme ça des  années, dans des grandes entreprises françaises  bien connues, des  fiertés nationales.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Être renouvelée, c’était à  la fois l’horreur et ce que je  recherchais. Parce que toujours  recommencer dans un lieu nouveau, avec  au ventre la peur de se planter,  de ne pas trouver ses marques, les  repas seule le midi parce que tu ne  connais personne, c’est très dur.  Mais ne pas être renouvelée, c’était  s’octroyer une journée, deux,  voire une semaine pour souffler et  retrouver un rythme de vie humain.  Parce que quand tu fais de l’intérim,  tu n’as pas de vacances, pas de  jours de repos. On peut te virer si tu  dois prendre une après-midi.  Enfin, on ne te vire pas en fait, c’est  juste qu’on ne te renouvelle  pas.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;J’ai découvert ça avec  étonnement. Je savais bien qu’il y avait des  gens qui bossaient dans des  conditions immondes, même que je trouvais  ça dégueulasse puisque  j’étais de gôche. Mais quand je m’y suis  retrouvée, quand je suis montée  dans mon AX vieille de dix huit ans  après mes huit heures de chaîne, ma  pause de quinze minutes et que j’ai  vu le 4×4 Porsche Cayenne du  directeur de l’usine garé pas loin…  Comment dire ? Ça s’est incarné,  c’est devenu une sensation physique.  Moi, normalement, je devais être du  côté des DRH, je n’aurais jamais dû  me retrouver à cette place. C’est  avec mon grand-père que j’ai pu  discuter de ces conditions misérables  sans que cela l’étonne. Je n’ai  pas trouvé que c’était bon signe.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Avant,  quand j’entrais dans une grande surface, je n’imaginais  absolument pas  que pour que je puisse m’acheter un steak et une  savonnette, il y avait  des gens qui s’étaient levés à quatre heure du  matin, qui avait quitté  leur maison, dégivré la voiture, fait de la  route et traversé ce couloir  de merde pour tout installer sous une  lumière glauque. Avant, je  n’imaginais pas que de me délester d’un  paquet de café au rayon des  confitures parce que je n’en voulais plus,  c’était piétiner le boulot  des gens. Je n’imaginais rien, c’était  magique. Les produits devaient  pousser dans les rayons, comme ça… Pas  besoin de traîner un énorme  chariot cassé à cinq heures du matin, pas  besoin d’éclater des cartons,  de tenter de faire tenir des foutus  déodorants droits et alignés sur des  kilomètres, pas besoin de se  casser le dos avec une palette d’huile bio  qu’on ne peut pas se payer.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;J’ai bousillé des heures de ma vie à me coller des contractures  partout pour que des cinémas de merde fassent la promotion d’un film de  merde avec des héros de merde en carton grandeur nature. De six heures  du matin à quatorze heures sur une chaîne, rebaptisée ligne pour  euphémiser le tout, avec quinze minutes de pause, et l’obligation de  pointer pour aller aux toilettes. J’en arrivais à ne faire que de très  techniques demi-pipi pour ne pas sacrifier mon temps de pause. J’avais  mal partout, j’avais les mains coupées et ça cicatrisait mal à cause des  produits chimiques contenus dans le carton. Je n’avais jamais imaginé  qu’il faille sacrifier autant de mains, de dos ou hacher des vies à coup  de pointage pour que certains puissent avec désinvolture balancer un  paquet de chips ou une bouteille de shampoing dans un caddie. Je n’avais  jamais imaginé ça.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Mais ce  qui est pire, finalement, ce n’est pas un boulot dur, c’est  un boulot  dans lequel tu es déshumanisé, dans lequel tu n’as même plus  un minimum  de contrôle sur ton corps, ton temps, un boulot dans lequel  tu es  transparent, interchangeable, dans lequel tu n’es rien qu’un  petit point  d’organisation. Parce que la dureté, tu t’en accommodes, tu  t’y fais.  Mais ce qui est odieux, c’est de se sentir en permanence au  dessus du  vide, de ne pas savoir ce qui t’attend en te levant le matin,  d’avoir  peur qu’ils te changent de poste au pied levé, d’équipier, de  lieu, sans  raisons apparentes. Être balloté par des gens qui ne savent  même pas  comment tu t’appelles et qui te traitent comme de la merde.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Alors  évidemment, ils me font rire à se demander pourquoi les gens  se  suicident à cause de leur boulot. On ne se suicide pas simplement  parce  que le travail est dur, on se suicide quand on est devenu le  «&amp;nbsp;rien&amp;nbsp;»,  quand on est devenu le «&amp;nbsp;jouet&amp;nbsp;», la variable d’ajustement,  quand on a le  sentiment qu’on ne sert à rien qu’à se faire marcher sur  la gueule,  presser, humilier. On se suicide quand on a le sentiment que  tout a  éclaté, qu’on ne sait plus comment faire, ce qu’on va devenir.  J’ai  rarement rencontré de gens qui n’en n’avaient rien à foutre de  leur  boulot. En général, on essaie de faire de notre mieux, de bien  faire son  travail. Quand on passe huit heures par jour au boulot, on  n’a pas  envie de se dire que ça ne sert à rien ce qu’on fait, au  contraire,  c’est vital d’essayer d’y mettre du sens. C’est quand on  commence à ne  plus trouver de logique à la violence qu’on supporte,  quand on nous  enlève les moyens de faire ce qu’on nous demande pourtant  toujours de  faire, qu’on a envie de se flinguer.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;J’ai vu que le journal Le Monde présentait des «&amp;nbsp;lectures en temps de crise&amp;nbsp;»… des baffes oui. Voilà les miennes :&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;a href="http://atheles.org/agone/memoiressociales/carnetsduninterimaire/index.html"&gt;&lt;b&gt;Daniel MARTINEZ&lt;/b&gt;, &lt;i&gt;Carnets d’un intérimaire. &lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;a href="http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://atheles.org/couverture/couv_500.jpg&amp;amp;imgrefurl=http://atheles.org/agone/carnetsduninterimaire&amp;amp;usg=__Bsy3EM3GQmsahesT_6-AstQPptI=&amp;amp;h=250&amp;amp;w=144&amp;amp;sz=13&amp;amp;hl=fr&amp;amp;start=2&amp;amp;sig2=_DLD9_Qc5EbTbNK5nkGlFw&amp;amp;um=1&amp;amp;tbnid=4Xh1PX_DTDqmvM:&amp;amp;tbnh=111&amp;amp;tbnw=64&amp;amp;prev=/images%3Fq%3Dcarnets%2Bd%2527un%2Bint%25C3%25A9rimaire%26hl%3Dfr%26safe%3Doff%26client%3Dfirefox-a%26rls%3Dcom.ubuntu:fr:unofficial%26sa%3DN%26um%3D1&amp;amp;ei=-5u0SpOjKIi9jAf3z5WwDA"&gt;&lt;img alt="" src="http://marginales.free.fr/carnets.gif" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;a href="http://www.cequilfautdetruire.org/"&gt;&lt;b&gt;CQFD,&lt;/b&gt;&lt;i&gt; Journal de critique sociale.&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Pour lire autre chose que les lots de fadaises hypnotiques que dégueule la presse respectable.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;a href="http://www.cequilfautdetruire.org/"&gt;&lt;img alt="" src="http://www.cequilfautdetruire.org/IMG/jpg/N70_img_une.jpg" /&gt;&amp;nbsp;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;a href="http://blog.entrailles.fr/" style="font-family: inherit;"&gt;Mademoiselle&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; &lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-931382539413958199?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/931382539413958199'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/931382539413958199'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2011/03/variable-dajustement.html' title='Variable d&apos;ajustement'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-3288575992631286105</id><published>2011-03-17T09:14:00.000-07:00</published><updated>2011-03-17T09:36:28.220-07:00</updated><title type='text'>Monsieur le directeur</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: inherit; margin: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;à : Pôle Emploi&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Monsieur le Directeur,&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin: 0px; min-height: 11px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin: 0px 0px 11.4px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Passionné  par les métiers de l’édition et de l’imprimerie depuis de nombreuses  années, alliant créativité et efficacité dans l’exécution, maîtrise de  la chaîne graphique et des règles typographiques, je prends aujourd’hui  la liberté de vous soumettre ma candidature spontanée pour un poste de responsable PAO.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin: 0px 0px 11.4px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;span style="letter-spacing: -0.1px;"&gt;En effet, vos frais d’éditions papier, au vu de ce que chaque chômeur  reçoit (comme moi), chaque mois, devant être prohibitifs, je vous  propose de rejoindre votre équipe d’informaticiens pour leur expliquer  comment on peut économiser très facilement les deux ou trois lignes qui débordent systématiquement de vos courriers, utilisant ainsi un deuxième feuillet inutile. Ou paramétrer simplement vos logiciels de sorte que la deuxième page s’imprime au verso !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin: 0px 0px 11.4px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Si mes calculs sont bons, nous (vous, moi... nous tous, les contribuables) nous pourrions économiser ainsi environ 7 680 000€&lt;/span&gt; par an .&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin: 0px 0px 11.4px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Une  autre solution est possible : je viens passer une demi-journée dans vos  services avec vos informaticiens, je leur explique comment opérer, et  vous me versez seulement 1/100&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; [un centième seulement !] de la somme globale économisée (soit 76 800€), ce qui me permettrait d’atteindre l’âge de ma retraite, bien méritée, tout en vous faisant, en plus, économiser  tous les courriers qui ne manqueraient pas de m’être adressés si je  devais continuer à chercher du travail (j’ai pourtant déjà travaillé 41  ans... et j’ai bientôt 58 ans).&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin: 0px 0px 11.4px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Dans  l’attente de pouvoir vous rencontrer et vous exprimer tout cela de vive  voix, veuillez agréer, Monsieur, l’expression de ma considération  distinguée.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin: 0px 0px 11.4px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Bernard&lt;/i&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin: 0px; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;sup&gt;&lt;span style="white-space: pre-wrap;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/sup&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;[± 4 000 000 de chômeurs x 2 envois par mois] x 0,08 e le feuillet supplémentaire = 640 000 € par mois, soit 7 680 000 € par an !&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-3288575992631286105?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/3288575992631286105'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/3288575992631286105'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2011/03/monsieur-le-directeur.html' title='Monsieur le directeur'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-4180085647221370152</id><published>2011-03-16T01:50:00.000-07:00</published><updated>2011-03-16T01:50:49.000-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Héroïne en CDI'/><title type='text'>Héroïne en CDI, épisode 8 : Le plein de gasoil</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;La voiture du petit patron qui n'en veut est souvent semblable à celle de son voisin sur le parking de la pépinière d'entreprises. Noire rutilante, fenêtres légèrement teintées bordées d'un liseré argent, elle se décline en deux tendances: le suppositoire ou le tracteur (A6/X5). En déplacement, ces véhicules ont une forte tendance à l'excès de vitesse et au zigzaguement – dû à la conduite au genou tout en consultant les documents nécessaires à la conversation téléphonique.&lt;br /&gt;C'est vous dire avec quel sentiment d'imposture je pénétrai ce jour-là dans le suppo neuf de mon si cher patron, avec pour consigne: acheter du PQ à l'aide d'un chèque en blanc dans ma poche gauche, et faire le plein avec la carte bleue dans ma poche droite, dont je me répète le code en boucle.&lt;br /&gt;Eh oui, il y a des achats qui ne peuvent pas attendre, et faut croire que j'avais l'air la plus oisive ce jour-là.&lt;br /&gt;Je m'engouffre donc dans cette auto, non sans jeter un coup d'oeil circulaire dans le parking pour vérifier qu'on ne m'observe pas – je tiens à ma réputation. Après avoir démarré grâce au bouton ON – combien de temps on peut chercher comment démarrer une voiture sans trou pour la clé, à votre avis, quand on connaît pas?... - j'entame ma prudente progression vers le Auchan que je connais si bien car j'y achète mon sandwich du midi, faute de mieux. Je me sens si petite et hors cadre. Pocoyo à l'assemblée nationale, quelque chose comme ça. Bon, ça me fait une sortie, non ? C'est cool, donc.&lt;br /&gt;J'emmène le veau à l'abreuvoir, et lui remplis le réservoir de 70 bons litres de gasoil qui peuvent commencer à faire leurs prières. A hauteur de la petite guérite, après abaissement de la vitre teintée dans un chuintement parfait, je tends la carte bleue du patron avec ma petite main, en essayant d'avoir l'air naturelle. Avec assurance, je tape le code, qui n'a pas quitté ma mémoire vive pendant tout ce temps.&lt;br /&gt;Tiens, une erreur. La caissière ne semble pas me trouver incongrue dans cette grosse caisse – sûrement une fille de bourges qui se coiffe pas pour faire chier son père mais lui prend sa voiture en douce, doit-elle penser – et me demande de recomposer. Oh, oh. Y'a comme un blème. Heureusement, j'ai la présence d'esprit de ne pas aller jusqu'à bloquer la carte, je farfouille dans ma poche droite; eh merde, il est où ; ah oui nan il est là ; et paf j'abats le chèque chiffonné sans montant dans le passe-plats. Là, j'ai quand même bien mérité mon regard suspicieux. Mais vu la file de voitures derrière, elle fait pas de zèle et voilà enfin ma mission remplie. Enfin, ma demi-mission pour être exacte, car enfin, comment je vais faire maintenant, pour le PQ? Hé, y'a des fois où il n'y a pas vraiment de solution.&lt;br /&gt;Je rentre, plutôt contente d'avoir déjoué l'adversité et réussi à garer le bison. Je vais même jusqu'à lui tapoter le front avant de le bipper. Donner le biberon ça crée des liens.&lt;br /&gt;« -Dis, ton code, il marche pas.&lt;br /&gt;− QUOI MON CODE IL MARCHE PAS j'te l'ai répété trois fois&lt;br /&gt;− Ah mais nan, il marche pas.&lt;br /&gt;− Oh merde c'était pas la bonne carte vas-y rends-moi ça&lt;br /&gt;− Du coup, j'ai payé avec le chèque&lt;br /&gt;− AVEC LE CHÈQUE ?!! Ah meeerde, comment je vais faire pour la compta putain. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je le laisserai se rendre compte tout seul, pour le PQ.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Héroïne en CDI&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-4180085647221370152?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/4180085647221370152'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/4180085647221370152'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2011/03/heroine-en-cdi-episode-8-le-plein-de.html' title='Héroïne en CDI, épisode 8 : Le plein de gasoil'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-194615360743821265</id><published>2011-02-21T06:08:00.000-08:00</published><updated>2011-02-21T06:08:12.275-08:00</updated><title type='text'>Vous cherchez une stagiaire ?</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;J'ai 21 ans, bac+4, des idéaux, des idées, des envies, et de la motivation à revendre. Après avoir achevé ma licence en juillet dernier, j'ai décidé de travailler dans un agence d'architecture, plus dans le cadre d'une obligation scolaire, non, juste par envie, l'envie d'en connaître davantage avant de finir mes études, de m'affranchir de ce système illusoire d'enseignement qui s'enfonce dans trop d'académisme pour livrer des jeunes diplômés en pâture au fameux « monde du travail », après 6 ans de travaux forcés, et si peu d'expérience du milieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai décidé de m'exiler aussi, par conviction, la conviction qu'un architecte doit voyager, découvrir l'architecture, et partir dans une petite quête de soi-même et de son architecture, une auto-formation nécessaire, qui ne peut se faire autrement qu'en allant au contact de ces bâtiments et de ces agences que j'admirais de loin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça a l'air gentil et gai dit comme ça, ça fait petite étudiante qui s'en va apprendre la vie de par le monde, ça fait petit jeune qui brûle sa thune en allant dans tous les endroits à la mode pour « vivre des expériences vraies ». C'est certainement l'image que beaucoup de mes amis plus ou moins proches avaient. Et je la hais cette image.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je travaille donc en ce moment dans une petite agence d'architecture, ou je suis gaiement exploitée 40 heures par semaine pour.... 325 euros par mois (tentative avortée d'aller jusqu'au 350?). Je parade avec mon joli Bac+4, mon année d'hypokhâgne dans une prépa provinciale très injustement « cotée », ma licence d'architecture dans une « très bonne école » à l'organisation plus qu'aléatoire. Et après toutes ces années où un tas de beau monde m'a répété à quel point j'étais chanceuse d'être là où j'en étais, toutes ces années où j'ai grandi en entendant des professeurs reconnaître mes qualités, me flatter, m'étouffer de compliments (pas en hypokhâgne cependant).... Eh bien je me retrouve à voler mes serviettes de toilettes dans les hôtels, à trouver tous mes meubles dans la rue pour conserver juste ce qu'il faut de fierté pour ne pas avoir à demander davantage à mes parents qui paient déjà mon loyer&lt;br /&gt;exorbitant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai été ravie de décrocher ce stage, j'ai bataillé, j'ai fait un autre stage pendant un mois en France pour avoir juste ce qu'il me fallait pour aller en Hollande, et en trouver un autre. J'avais dans l'idée de pouvoir m'émanciper de mes parents, de ne plus leur demander autant. Je pouvais enfin m'assumer, un peu. Travailler avec ces jeunes archis qui me donnaient pas mal de responsabilités m'a, pour un temps, fait oublier à quel point c'était raté. Puis j'ai finalement été rattrapée par cette réalité ratée, le fait qu'il me payent un tiers au noir "&lt;i&gt;parce que sinon il y a un truc compliqué de taxes que tu ne comprendras pas&lt;/i&gt;", j'attends toujours mon contrat officiel, tout mon argent de noël est passé dans la caution de ma chambre, au milieu de ce mois j'avais déjà mangé mon obole dans mon déménagement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et ensuite « on m'a dit que »...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On m'a dit qu'il y a 5 ans les stagiaires de mon niveau étaient payes 700 euros, ça me fait rêver, moi je me contente de si peu, même un billet de 50 a des relents de félicité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors j'aimerais comprendre, comment, pourquoi. J'aimerais m'expliquer à moi-même, mais aussi aux autres. Pourquoi moi, comme tant d'autres, nous nous retrouvons exploités, écrasés par une profession qui est censée faire rêver car embrassant un champ si large de possibilités. Comment des adultes peuvent-il décemment se permettre de me dire que mon travail est bon, que mes concepts sont « super intelligents », et rentrer chez eux le soir, et s'endormir paisiblement, tout en me payant 325 euros/mois (et même pas 350) pour mon sourire, pour ma passion, pour mon esprit « critique et fabuleusement imaginatif »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et avoir la force d'en témoigner, et par la suite peut- être de surmonter ma propre lâcheté et de leur dire que non je ne veux pas avoir fait 9 mois chez eux et rester à ce salaire de pauvresse, et que s'ils ne me rémunèrent pas mieux ils peuvent se mettre le concourseuropéen qu'il pensaient me confier là où je pense.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Heureusement je suis de ces passionnés un brin débiles, l'architecture je l'aime et ce n'est pas ce côté infect qui me fera la quitter. Mais quand je vois certaines annonces, j'ai des envie de paquet-poste meurtrier, d'inondation de bureau provoquée , de torture de maîtres de stages sans scrupules et d'imbécile-heureux qui se permettre d'écrire :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;i&gt;We will cover food and travel expenses &lt;/i&gt;(Wooooouh, c'est la fête&amp;nbsp; !&lt;i&gt; ) but the main benefit of&lt;br /&gt;this role is all the experience the person will gain by working within our fast-paced team.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parce que tu t'imagines que ta fast-paced team et sa fabuleuse expérience vaut un loyer londonien, que les deux sandwichs du repas du midi suffisent à me faire carburer 10 heures et que les « drinks » du vendredi me durent un weekend ? Parce que bien évidemment, ce boulot parmi cette brillante équipe d'hypocrites va m'accaparer la semaine entière, me laissant le weekend pour réaliser que la semaine précédente est passée, que la semaine suivante arrive et que j'aurai bientôt intérêt à trouver un second ou un troisième taf si je veux passer la fin du mois (à savoir la semaine d'après la semaine&lt;br /&gt;prochaine).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma faiblesse : mes patrons sont charmants, ce qui me rend d'autant plus lâche avec moi-même, d'autant plus conciliante avec eux. Aujourd'hui j'ai pris des photos de moi-même, j'ai fait semblant de ne pas avoir l'air de me nourrir exclusivement de spaghettis, j'ai remballé ma détresse, j'ai même esquissé un sourire niais. Demain je postule pour un crétin de bar-lounge, et encore une fois j'y mettrai toute ma détermination, toute ma motivation, afin de repousser le moment où je me résoudrai à me confronter à&lt;br /&gt;mes adorables patrons, afin de voir jusqu'où je pourrai tenir sans trop rien demander à personne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai trouvé une étude intéressante, qui interroge à la fois des sources françaises et hollandaises à propos du stage en architecture. Je souhaite m'y plonger plus à fond pour ne plus avoir un illustration décousue de mes tripes la prochaine fois mais quelque chose de mieux documenté.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;So&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;N.B. : &lt;span style="font-size: small;"&gt;Quand j'ai découvert ce blog la semaine dernière, j'ai  été effrayée, indignée et révoltée, mais finalement soulagée de savoir  que d'autres personnes triment mais cherchent à se l'expliquer, sans  virer dans le pathos ni viser d'interlocuteurs en particulier. J'apporte  ma pierre à l'édifice en toute simplicité, je me suis retrouvée dans  beaucoup d'articles. J'ai eu une légère appréhension à aller jusqu'au  bout de cette démarche, et à m'engager dans quelque chose en plus de  tout ce que j'essaye de mener à bien chaque semaine. Mais pour toute  l'intelligence humaine que j'y ai trouvé, et pour toute la motivation  que salecture m'a apporté, je ne le regrette certainement pas, et je ne m'arrêterai pas là.&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-194615360743821265?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/194615360743821265'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/194615360743821265'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2011/02/vous-cherchez-une-stagiaire.html' title='Vous cherchez une stagiaire ?'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-8292718876606497751</id><published>2011-02-09T00:30:00.000-08:00</published><updated>2011-02-09T00:30:49.863-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Héroïne en CDI'/><title type='text'>Héroïne en CDI, épisode 7 : Faire le poireau des semaines</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;En recherche d'emploi, il y a un piège à éviter à tout pris. C'est l'espoir. Ca, c'est vraiment&lt;/span&gt; &lt;span style="font-size: small;"&gt;l'attrape-bleusaille... Enfin en tout cas, c'est ce qu'on se dit toujours APRÈS COUP.&lt;br /&gt;Illustration.&lt;br /&gt;Suite à un tuyau qui m'a été généreusement refilé par un employeur potentiel (ah, le RESEAU), je contacte une petite entreprise du coin recherchant quelqu'un comme moi, à ce qu'il paraît. Contact pris, j'envoie la salade habituelle – par email, je suis moderne. Après quelques relances, je rencontre en chair et en os cet homme dynamique et doué. Le courant passe, il m'explique ce qu'il recherche comme profil: c'est-à-dire, tout.&lt;br /&gt;A la fois femme de terrain et de bureau, je suivrai des chantiers dans un quart de la France, dessinerai avec ce qui peut exister de plus compliqué et méconnu en logiciel d'architecture, rédigerai toutes les pièces imaginables, me démerderai seule de suite. Je l'entends même me dire, qu'il ne voudrait pas que mes enfants en pâtissent ?! (y'a pas que moi qui me fais des films) Seule attitude à avoir, je dis bien sûr amen de toute ma foi en la brillante étoile de la réussite. Je suis pleine d'espoir car c'est juste à côté de chez moi, et la paye est bonne. Je le revois une deuxième fois la semaine suivante, cette fois-ci avec son chef de chantier... Je ne vais pas laisser filer le poisson. On fait des ho ho et des ha ha, l'affaire semble dans le sac, il me jauge encore mais j'y CROIS.&lt;br /&gt;Erreur.&lt;br /&gt;Je vous passe les affres de l'attente de la réponse. Un email. Il attend d'être sûr d'avoir assez d'activité. Un mois plus tard je le rappelle, et j'ai comme l'impression de déranger. « Comment, vous n'avez pas eu mon mail, mais vous n'êtes pas retenue... » Le ton condescendant, ça casse.&lt;br /&gt;Illustration.&lt;br /&gt;Une annonce traîne depuis plusieurs semaines et je décide finalement d'y répondre car ce n'est pas exactement mon domaine, mais en y réfléchissant, je saurais faire. (et si je vous dit que c'est une usine de camions de pompiers vous y comprenez plus rien, hein? Eh oui j'sais faire plein de trucs) La RH me rappelle, entretien le lendemain, je me pointe sans stress. Le boulot est intéressant, ils ont du mal à trouver quelqu'un, ils ont plein de commandes, ils proposent 8 mois de CDD. Je me permets de demander un CDI, et ça le fait pas tousser. On va visiter les ateliers, on parle technique, on pose virilement la main sur des gros tuyaux rouges, on est déjà presque collègues. Je chante Anissa dans la voiture en rentrant. Je pense déjà à la tournée que je vais payer. Hum. 3 semaines et plein d'appels infructueux pour quémander mon refus. C'est normal, il a déjà trouvé quelqu'un pour un CDD. Merci de me prévenir. L'horreur, c'est la lente désagrégation de l'espoir et le ressentiment grandissant.&lt;br /&gt;Illustration.&lt;br /&gt;Un lundi matin, je chope une annonce dès sa parution chez l'architecte d'à côté; réponse béton, hop. Dès le lendemain, il y a message sur mon répondeur. Touche. J'y vais, je vole pour le rencontrer. Le lendemain c'est le mieux me dit-il l'air pressé. En fait il annule, le surlendemain ça ira. On se voit la semaine d'après. D'emblée j'annonce la couleur, bon, moi je veux un cdi. Oui en effet je démissionne pour changer de boulot. Il me faut donc un engagement réciproque. Dure notion que celle de réciprocité dans les relations employeur/ employé. Bref. Il est très bavard, me répète que je l'intéresse, m'explique qu'il a trop trop de boulot. J'ai pas à me forcer pour avoir l'air passionnée, ça me fait sincèrement baver&lt;/span&gt;&amp;nbsp; &lt;span style="font-size: small;"&gt;d'envie. Il voit ça pour le CDI et me rappelle la semaine prochaine, à coup sûr. Yahou! La semaine d'après, évidemment c'est les congés et il est injoignable. Semaine suivante je guette mon répondeur à distance car je suis loin de là. Deux fois par jour je l'interroge. Je finis par rappeler, il me dit qu'il a rencontré une autre personne qui l'intéresse – en cdd évidemment. Je suis dépitée, lui rappelle que même le temps partiel m'irait bien; il avait oublié ce détail, ré-hésite et me demande de re-passer dès mon retour. Je reviens, au saut du TGV. Oh là! On calcule mon salaire, on fait des plans, il voit ça avec son comptable et sûr mercredi au plus tard, il me rappellera. On se quitte solennellement, graves; j'attends son coup de fil, lui dis-je, les yeux dans les yeux, la main dans sa main. J'y re-crois. Je re-attends. Rien. Je le re-lance. Je lui laisse le temps. Je le re-lance. Pas du tout sympa, il finit par me lâcher qu'il a déjà embauché l'autre personne. Comme si c'était abuser que de demander une réponse ! Que de forcer les recuteurs à assumer leurs responsabilités, c'est-à-dire me répondre oui ou merde sans que j'aie à les harceler. Mais je crois qu'ils ont du mal à endosser le rôle du méchant. Ou alors plus vraisemblablement, ils ont autre chose à foutre que de penser aux autres (et là je vais vous dire, y'a pas qu'eux). Ils auraient tous préféré que je lâche l'affaire par moi-même, mais non, car je VOULAIS ces boulots. Alors les mettre mal à l'aise, c'est ma toute petite revanche pour tant de mépris.&lt;br /&gt;Braver les répondeurs, envoyer des mails ni trop cool ni trop pressants, attendre. Se demander si c'est trop tôt, attendre encore un peu pour êtr sûr puis ré-appeller, laisser un message au secrétariat. Puis attendre quelques jours, ré-appeller, un peu beaucoup remonté. Faire la crêpe car ON NE SAIT JAMAIS: « Ah oui, je comprends... Bon, tant pis... Vous avez mes coordonnées si vous avez besoin de quelqu'un par la suite... » Prendre l'air dégagé. Ne pas employer de mots grossiers. L'air de rien. Ne pas renifler.&lt;br /&gt;L'air d'aucun trouble intérieur. Respirer fort. L'AIR PRO.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Héroïne en CDI &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-8292718876606497751?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/8292718876606497751'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/8292718876606497751'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2011/02/heroine-en-cdi-episode-7-faire-le.html' title='Héroïne en CDI, épisode 7 : Faire le poireau des semaines'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-7390912317865267856</id><published>2011-02-05T06:54:00.001-08:00</published><updated>2011-10-29T07:15:16.950-07:00</updated><title type='text'>les vaches maigres</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;T'es  trop pleutre pour braquer le proxi, trop pauvre pour acheter de quoi   dealer ensuite, trop inapte pour trouver un "vrai emploi", et de toutes   façons y'en a pas, ça servirait à rien de te tuer d'angoisse en allant à  Pôle Emploi. T'es trop con ou trop honnête pour frauder. T'es pauvre,  t'es con, et on est bien contents.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Y'a rien.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Y'a   rien que la misère qui s'étend, tes copains dans la merde et toi  aussi,  le système D, les ponctions permanentes sur le peu de sous que  tu as. Si  t'en as pas on fait en sorte de taxer ton bocal de pièces  jaunes. Pour  fumer, par exemple, parce qu'arrêter de fumer quand ça va  mal, c'est pas imaginable. Parce que les pauvres, y'a que comme ça   qu'on peut piquer la thune qu'ils n'ont pas : l'addiction&amp;nbsp; ou le rêve de  lendemains meilleurs, le tabac, l'alcool et le loto. On réduit  les  remboursements de la sécu, comme ça le pauvre ne va plus soigner son  cancer ni même le faire  dépister. De toutes façons il va pas voir le  médecin, le pauvre n'a pas les moyens de s'offrir une mutuelle et il va  falloir qu'il tente de mettre de côté des sous pour la retraite qu'on  lui a volée. Et puis de toutes façons, bientôt y'aura plus d'hôpitaux  publics, qu'est-ce qu'on en a à foutre, on va se soigner dans des  cliniques privées grand luxe, la bouffe dans le public est exécrable.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Comme ça, ça fait des pauvres qui crèvent vite, c'est pratique. Le ménage par le vide. Ça ne nous coûte rien.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;De   toutes façons la sécu, dans pas longtemps, ça ne sera plus qu'un  beau  souvenir. Comme tous tes droits, tous tes sacro saints acquis, t'as  même oublié que des gens se sont battus pour les obtenir, c'est bien, ça  nous facilite la tâche pour les détruire, un par un, jusqu'au dernier. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Si  les pauvres crèvent pas de cancer, du tabac, de l'alcool, du travail,  ou du stress, on les relègue le plus loin des villes, à grand coups de  réhabilitation des quartiers populaires.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Les  pauvres, c'est moche et ça n'irait pas avec les nouveaux bancs en tôle  frappée ou en béton ciré qu'on a prévu. Alors quand il ne sont pas déjà  morts, on les déporte. Plus loin en banlieue quand ils ont leurs  papiers, aux frontières quand ça n'est pas le cas. On veut la libre  circulation, mais des capitaux, t'as pas bien compris ce que c'est que  l'Europe qu'on vous a vendue. Alors ferme ta gueule et trime, tu  déranges avec tes geignements. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Laisse l'économie aux spécialistes, ils savent mieux que toi ce qui est bon pour les riches. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;On  le sait, qu'on te met à la rue, on s'est même arrangé pour que tu ne  puisses pas t'y construire un toit de fortune, pour voir combien de  temps tu tiens. Un petit jeu amusant, dans notre morne existence de  riche. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Tu  vas payer de ta santé, de ta vie amoureuse, de ta santé mentale, de ton  existence toute entière pour que je puisse continuer à rouler en 4x4 en  baffrant du thon rouge par quintaux, tu vas payer de ta vie pour que je  puisse loger dans mes 280 mètres carrés avec 5 chiottes alors qu'on est  que 2 à vivre dans cet appart bourgeois mouluré du sol au plafond, tu  vas payer de ta vie mes pur-sangs, seuls arabes tolérés dans mon  entourage, et je les ferai abattre quand ils ne rapporteront plus la  thune des paris que tu fais au PMU entre deux ballons de piquette. Tu es  né pauvre, tu vivras pauvre, tu crèveras pauvre.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;C'est  le prix à payer pour mon confort, je n'aurai aucune espèce de pitié, je  ne ferai preuve d'aucune empathie. D'ailleurs, je ne sais même pas que  tu existes, je me sers, je mange et je chie le fruit de ton travail,  c'est tout.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Crève.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Dahlia&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;style&gt;img, #cubbies-overlay{ -moz-transition-property: margin, box-shadow, z-index; -moz-transition-duration: 0.1s; -webkit-transition-property: margin, box-shadow, z-index; -webkit-transition-duration: 0.1s; }.cubbies-selected{ z-index: 9999; box-shadow: 3px 3px 8px -1px blue !important; cursor: pointer !important; margin: -3px 3px 3px -3px; }.cubbies-selected:active{ box-shadow: 2px 2px 5px -1px darkblue !important; margin: -1px 1px 1px -1px; }#cubbies-overlay{ position: fixed; z-index: 9999; bottom: 30px; left: 30px; box-shadow: 0 2px 3px rgba(0,0,0,0.8); border: none; }#cubbies-overlay:hover{ box-shadow: 0 2px 3px rgb(0,0,0); }&lt;/style&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-7390912317865267856?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/7390912317865267856'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/7390912317865267856'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2011/02/les-vaches-maigres.html' title='les vaches maigres'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-1943530737071654624</id><published>2011-01-17T03:00:00.001-08:00</published><updated>2011-01-17T05:24:59.598-08:00</updated><title type='text'>La procrastination n'est pas une maladie</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Hier, alors que je flânais sur internet à prendre les nouvelles de ce monde malade, je suis tombée sur&lt;span style="background-color: white;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;b style="background-color: white; color: #666666;"&gt;&lt;a href="http://www.lemonde.fr/technologies/article/2011/01/07/pourquoi-remettons-nous-souvent-les-choses-au-lendemain_1462548_651865.html" style="color: #666666;"&gt;cet article&lt;/a&gt;.&amp;nbsp; &lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b style="background-color: white; color: #666666;"&gt;&lt;a href="http://soupe-a-l-herbe.blogspot.com/2008/09/la-procrastination-nest-pas-une-maladie.html"&gt;J'ai déjà écrit&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;b style="background-color: white; color: #666666;"&gt;&lt;span style="background-color: white;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/b&gt;sur la procrastination, mais l'article me redonne du grain à moudre, et pas qu'un peu.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L'article,  comme tout ce que j'ai pu lire d'articles "d'experts" sur la  procrastination, se borne à donner quelques "solutions" aux petits  gamins capricieux que nous sommes, nous autres les procrastineurs, en  partant systématiquement du principe que la procrastination est un problème.  Enfin, les articles d'"experts" que j'ai lus jusque là, du moins.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L'article  nous explique bien  tranquillement que procrastiner ne veut pas dire  être paresseux, là tu  commences à te dire youpi génial enfin un mec qui  se dit qu'on est pas  des tarés incapables, mais c'est parce que tu  n'as pas fini la phrase : la  procrastination c'est la faiblesse à gérer  nos impulsions. Non, t'es pas  paresseux, t'es juste un débile profond  mu par un désir immédiat. Comme  un vulgaire animal, un tout petit  enfant qu'il faut éduquer, un mongolien qu'il  faut cadrer serré. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nous ne sommes pas &lt;i&gt;normaux&lt;/i&gt;,  nous ne voulons pas faire le travail tout de suite, en revanche nous  voulons les récompenses dans la seconde. Nous préférons 50€ tout de  suite à 100€ dans un an.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je  vous laisse vous énerver tout seul à l'annonce que vous êtes un gros  débile incapable de vous maitriser parce que vous êtes pauvre à manger  la semelle de vos vieilles godasses et que 50 euros vous permettrait de  manger la fin du mois. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Cet  article pue à plein nez une idéologie bien scabreuse, qui définit  chaque étourdi, chaque rêveur, chaque inadapté, chaque artiste, comme un  malade, et un malade atteint dès le berceau. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Heureusement,  dieu soit loué, l'article nous informe que cette maladie peut se  soigner, par un dressage rigoureux dès l'enfance, avec des explications,  les experts ne sont pas des monstres, tout de même.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Parce  que le travail l'exige, la consommation l'exige, la société toute  entière l'exige, et que ton bien être là dedans, on s'en fout. Un enfant  est un travailleur et un consommateur en devenir, il faut le préparer à  la docilité, au travail rapide, au sacrifice.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bien.  Maintenant laissez moi dire mon avis sur la procrastination : pour moi  elle est nécessaire, indispensable. Et même si j'exècre au plus haut  point l'idée de travail, la procrastination fait partie intégrante de  celui ci. Non, en fait, plus justement, elle fait partie de mon &lt;i&gt;activité&lt;/i&gt;. Mon activité est devenu mon travail, chance ou malchance, ça dépend des jours.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La  procrastination, c'est le travail invisible. Ce que les experts  oublient dans leur raisonnement tordu, c'est que faire la vaisselle, les  courses, ranger, se promener, lire, etc. ne se fait pas sans &lt;i&gt;penser&lt;/i&gt;.  On ne met pas son cerveau dans une boite le temps d'étendre la lessive.  Bien au contraire, en ce qui me concerne, quand j'ai une illustration à  réaliser par exemple, faire autre chose est nécessaire. Parce que faire  autre chose m'éloigne de ce travail, me donne du recul, me permet de  laisser l'idée faire son chemin, nourrie par l'extérieur, alimentée  partout ce qui ne constitue pas le travail, par la vie.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quand  je reçois une commande ou que je développe un projet, je note ce que  j'ai à faire, et commence à faire des croquis. Et puis je range mon  carnet, je fais autre chose, que ce soit un autre boulot qui traine, la  lessive, un plat, du rangement, écrire, lire, boire un apéro avec un ami  ou n'importe quoi d'autre.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mais  ce travail à faire est désormais dans un coin de ma tête et tout en  épluchant mes patates, j'y pense, sans même m'en rendre compte. Je n'y  pense pas de façon exclusive, je ne m'applique pas à concentrer ma  pensée là dessus, mais l'idée, désormais semée, fait son petit bonhomme  de chemin. Parce que je lui donne le temps nécessaire à son  développement.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Jamais, je dis bien &lt;i&gt;jamais&lt;/i&gt;,  un travail fait dans la minute ne m'a satisfaite. Trop évident, trop  faible, trop vide. Et parce que je ne me suis pas donné le temps d'avoir  &lt;i&gt;envie&lt;/i&gt; de le faire. Et dans ce que je fais, l'envie est un  facteur primordial : je ne peux pas faire de bon dessin sans envie de  dessiner.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il faut que je  pense au dessin, à l'idée pendant suffisamment longtemps pour que le  moment venu de sa réalisation, je sois impatiente de le réaliser. Et  alors, là je prendrais un réel plaisir à faire aboutir ce projet ou à le  faire avancer.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alors oui,  effectivement, en terme de productivité je suis loin du chinois. Mais  j'ai aussi nettement moins envie de me suicider.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le  rythme imposé par le travail (le travail comme la société l'entend, pas  comme je le conçois) est un non sens à mes yeux, pour ces raisons. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je  ne suis pas apte à mettre mon réveil. Je ne suis pas apte à travailler  dès 9h le matin. Je ne suis pas apte à travailler 8h, 5 jours sur 7. Je  ne suis pas apte à être concentrée sur un travail plus de 3 heures  d'affilée. Je ne suis pas apte à tordre mon temps pour satisfaire les  désirs immédiats d'un commanditaire.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et tiens, messieurs les experts, pourquoi ne pas parler du désir immédiat du patron ? lui, il n'est pas primaire ou capricieux ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ah non.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Étrange,  parce que pourtant, c'est bel et bien le désir immédiat d'une richesse  au détriment d'un avenir meilleur. Oui, certes, un avenir meilleur pour  le travailleur, celui du patron ne sera aucunement menacé par ses propres impulsions. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mais  seul le travailleur doit affronter ses pulsions, forcément maladives,  s'assoir sur ses acquis, devenir docile, se sacrifier, pour satisfaire  le désir autrement plus important de son patron de s'offrir un  hélicoptère.(*)&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et  une fois de plus on retombe sur ce mythe de la paresse bourgeoise, luxe  trop grand, trop indécent pour le bas peuple, l'ultime pécher. Une fois  de plus on nous agite la pathologie sous le nez comme un chiffon rouge,  parce que nous ne sommes pas dans le bon rythme, parce que nous ne  savons pas "gérer nos impulsions".&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Notre docilité, c'est leur paresse. Notre procrastination, c'est leur chute. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Procrastinons, encore, toujours, et plus encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Dahlia&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: x-small;"&gt;(*)&lt;/span&gt; &lt;span style="font-size: x-small;"&gt;et  tiens, justement, on m'a commandé la semaine dernière plusieurs  illustrations à rendre trois jours plus tard pour un magazine. Je  précise au magazine en question que si le paiement se fait sur facture,  comme il me le demande, celui ci doit intervenir à la fin du mois en  cours ou au plus tard à parution. Eh bien non, on me répond avec une  belle condescendance que je peux m'assoir sur mes "exigences", et que je  serai payée dans plus d'un mois. Le beurre et l'argent du beurre :  payée sur facture (sur laquelle je vais payer des charges), avec les  délais d'une pige (qui est l'équivalent d'un salaire, sur laquelle je ne  payerais pas de charges). Une fois de plus, on me demande de prendre  mon mal en patience et de refréner mon "envie capricieuse" d'être payée  dans les temps, et ce en s'asseyant littéralement sur les lois sensées  protéger les conditions de travail des illustrateurs. Parce qu'un  illustrateur n'a rien à dire : pas d'accord écrit, pas de contrat, tu  acceptes les conditions de merde pour ce boulot ou rien.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-1943530737071654624?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/1943530737071654624'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/1943530737071654624'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2011/01/la-procrastination-nest-pas-une-maladie.html' title='La procrastination n&apos;est pas une maladie'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-1331804573122736776</id><published>2011-01-11T07:27:00.000-08:00</published><updated>2011-01-11T07:27:39.834-08:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;style type="text/css"&gt;p &lt;/style&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Madame, Monsieur,&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;  J'ai obtenu un DUT Info-Com spécialisé dans les métiers du Livre après avoir consciencieusement raté une année de Lettres Modernes, et j'ai décidé de m'en tenir là au niveau des études car le milieu universitaire ne m'apportait guère de satisfaction.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   J'ai donc bifurqué avec optimisme vers ce qu'on appelle communément le « Marché du travail ».&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Je sais, Madame, Monsieur, qu'à la lecture de mon CV vous allez m'interroger sur le manque d'adéquation certain entre mes expériences professionnelles et l'intitulé de mon diplôme. Je sais que je vais vous servir le baratin approprié, suivant le poste que vous me proposez, pour tenter de redonner sens à tout ça, pour justifier également les périodes d'inactivité entre deux contrats, pour expliquer, en gros, pourquoi je suis là, devant vous, et pourquoi j'ai le front, l'audace  de vouloir travailler au sein de votre entreprise ou administration, rayez la mention inutile.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Madame, Monsieur, si j'ai commencé à travailler dans des centres d'appels, ce n'est pas parce que j'adore la communication, ce n'est pas parce que je maîtrise la relation téléphonique, ce n'est pas parce que j'aime le travail d'équipe et les open space, c'est simplement parce que j'avais besoin de fric, comme tout un chacun.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Madame, Monsieur, si je me plie à ce rituel humiliant de l'entretien d'embauche individuel, décroché après les épreuves de pré-sélection que constituent l'entretien collectif et le test de compétence, c'est parce que j'ai des factures à payer, comme tout le monde.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Par avance, Madame, Monsieur, je vous demande pardon. Il s'avère que je suis une femme, en âge de procréer, ce qui pourrait fortement handicaper l'entreprise. Vous avez de la chance, je ne veux pas d'enfant, je n'aurai même pas à vous mentir quand vous me poserez la question. Et puis, de toutes façons, il ne s'agit que d'un CDD, d'une mission d'intérim de quelques mois, vous aurez largement le temps de me dégager si je venais à changer d'avis.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Madame, Monsieur, j'ai de grandes qualités, excusez du peu.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Je suis capable d'arriver en avance dans les locaux de l'entreprise pour prendre mon premier appel à heure fixe, comme convenu. Je vous offre le temps nécessaire pour consulter le planning et savoir sur quel plateau je travaille, trouver un poste de travail libre sur le dit-plateau surchargé, pour brancher mon casque-micro sur le callmaster, pour entrer des séries de chiffres sur l'ordinateur poussif, pour ouvrir ma session et pointer, pour démarrer le logiciel des années 80 qui sert à administrer les dossiers-clients.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Le soir, je vous offre aussi le rab de temps passé avec le dernier client, puisque je ne peux pas me déloguer cinq minutes avant la fin de ma vacation pour repartir à l'heure. Oh, je suis injuste, cet ersatz de temps disponible, vous le payez parfois, si rarement.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Madame, Monsieur, je suis capable de gérer des dizaines d'appels par jours, avec entre chacun d'eux des voix désincarnées m'annonçant s'il s'agit d'une réclamation, d'une commande, d'un changement d'abonnement, et des bips de merde dont je rêve la nuit.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Je suis capable d'interroger un client tout en découvrant son dossier sur mon écran, de le mettre en relation avec un autre service, de fermer ma gueule quand il m'engueule, et même de l'apaiser, de l'assurer de mon soutien dans ses démarches et de le faire raccrocher avec le sourire.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Je suis capable de gérer sporadiquement les schizophrènes en pleine bouffée délirante qui appellent pour parler de leurs persécuteurs, les dépressifs solitaires et suicidaires, les alcooliques agressifs, les pervers qui se masturbent au téléphone, avec le sourire dans la voix, pendant qu'un chef de plateau m'engueule parce que je fais baisser les stat' alors que j'ai l'interdiction absolue de raccrocher.   &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Je suis capable de supporter les écoutes de mes supérieurs et le « debriefing » kafkaïen qui s'ensuit où à grands coups d'expressions anglo-saxonnes, on va m'expliquer pourquoi un conseiller marketing a décidé que je devais réciter une phrase d'accueil bidon que les clients n'écoutent pas, du style « Je m'appelle X et j'ai le plaisir de vous accueillir au service de nos meilleures clientes.».&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Je suis capable de supporter le client mécontent qui me méprise d'emblée, et qui ose me rappeler que c'est grâce à lui que j'ai un boulot. Je suis capable de dompter ma rancoeur, et de ne pas lui foutre dans la gueule mon Smic minable, mes week-end ruinés par la flexibilité, mon sommeil massacré par les amplitudes horaires, et les salaires virés en retard.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Je suis capable de m'adapter au bruit de fond insupportable d'un plateau de cent personnes, et de m'interroger sur le sens de la vie.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Je suis capable de supporter le formateur d'un organisme de crédit à la consommation qui va m'expliquer comment refourguer une carte de fidélité à une gonzesse qui commande des culottes pour qu'elle les paye trois fois leur prix à coups de taux d'intérêts.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Je suis capable de me faire traiter comme une sous-merde par un commercial cynique, parce que j'ai un problème éthique avec tout ce qui s'apparente à de la vente forcée ou de l'escroquerie ou de l'abus de faiblesse.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Je suis capable de réprimer mes larmes et ma rage devant tant de bêtise ambiante, je suis capable d'accepter que ceux qui montent en grade sont toujours les plus puants, les plus serviles, les plus agressifs.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Je suis capable de participer malgré moi à tous les challenges débiles imposés par des responsables des ressources humaines cocaïnomanes où on peut gagner des mugs et des stylos si on atteint le chiffre d'affaire maximum de la semaine. Je suis capable de me faire engueuler parce que le système informatique est en panne et que je devrais attendre sans rien faire que ça redémarre plutôt que de dessiner sur mon bloc-note ou de sortir un livre « parce que je suis pas payée pour ça ».&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Je suis capable de signer un contrat de travail illégal, d'accepter une dizaine de contrats d'intérims d'affilée pour le même poste, dans la même entreprise, dont seul l'intitulé est modifié par précaution.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Madame, Monsieur, j'ai menti.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Je ne pourrais plus me plier à toutes ces clowneries qui n'ont aucun sens, qui n'apportent rien au monde et qui l'avilissent un peu plus chaque jour.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Je ne pourrais plus vendre des fringues fabriquées en simili-fibres naturelles par des simili-esclaves du Moyen-Orient.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Je ne pourrais plus prendre un pseudonyme à la con parce que mon prénom n'est pas assez bandant.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Je ne pourrais plus accepter que mon vrai nom soit noté par des clients qui vont devant la justice parce que vous les avez entubé une fois de trop.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Je ne pourrais plus proposer des cartes de crédit revolving qui sont à la fois l'origine et la conséquence des pires situations financières pour beaucoup de ménages.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Je ne pourrais plus conseiller à un client un nouveau forfait qui n'est rentable que pour l'entreprise et pas pour son budget.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Je ne pourrais plus signer n'importe quelle merde qui piétine sciemment le droit du travail.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Je sais que je ne culpabiliserai plus jamais d'être une « assistée » entre deux contrats.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   Je ne pense plus que le travail est une valeur en soi. Je ne crois pas l'avoir vraiment cru un jour.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;   J'ai lu beaucoup, Madame,Monsieur. J'ose penser que je ne suis pas seule.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;&lt;span data-jsid="text"&gt;Courageuse anonyme&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-1331804573122736776?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/1331804573122736776'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/1331804573122736776'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2011/01/p-madame-monsieur-jai-obtenu-un-dut.html' title=''/><author><name>Le Salaire De La Peur</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13591784263761615872</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_alYkjjTUVtI/TGulYzfMP_I/AAAAAAAAAAM/NvgXBX799Pw/S220/salaire.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-7522889105915474922</id><published>2010-11-30T01:46:00.000-08:00</published><updated>2010-11-30T01:46:24.369-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Héroïne en CDI'/><title type='text'>Héroïne en CDI – Épisode 6 : SE LA FERMER (OU PAS?)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: inherit;"&gt;&lt;style type="text/css"&gt;p { margin-bottom: 0.21cm; }&lt;/style&gt;    &lt;/div&gt;&lt;div align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Putain, c'est pas possible ça. T'es incapable de dessiner ça correctement. Là, on est en train de corriger tes merdes! Putain, mais j'en ai plein le cul. Tu prends vraiment les gens pour des cons. Faut pas avoir fait Saint-Cyr pour faire ça, je te demande pas de faire des grands calculs. Faut arrêter les conneries. Je comprends pas qu'on puisse être aussi débile. Tu fais gaffe à rien, t'façon, c'est pas compliqué.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;C'est infernal. In-fer-nal.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;T'as rien compris, mais rien. C'est in-croyable. Et ça te dérange pas. Et là, là ? Tu sais faire ça? Moi je sais pas faire. Et on fait quoi, là ? C'est quand même des conneries incroyables.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="JUSTIFY" style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Bah voilà. C'est la merde. Là, c'est la merde. Et ça te pose pas de problème?! Tu regardes rien, là! Faut réfléchir ! Ohé ohé !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp;Héroïne en CDI &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-7522889105915474922?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/7522889105915474922'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/7522889105915474922'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2010/11/heroine-en-cdi-episode-6-se-la-fermer.html' title='Héroïne en CDI – Épisode 6 : SE LA FERMER (OU PAS?)'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-538824254386234867</id><published>2010-11-10T02:46:00.000-08:00</published><updated>2010-11-14T02:46:52.095-08:00</updated><title type='text'>Artisterie &amp; Dentisterie</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quand j'ai  vu l'appel pour le Salaire de la Peur, j'ai d'abord voulu y participer,  puis j'ai renoncé. Par crainte de la répétition, que mon expérience  soit banale ou déjà abordée sur le site. Mais depuis, bien que je me  sois retrouvée dans pas mal de posts, j'ai réalisé que c'était le titre  même du blog qui m'avait fait reculer. Le Salaire de la Peur. C'est  exactement comme cela que j'ai construit mon rapport au travail.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;D'abord il y a eu l'envie de m'émanciper de ma famille, de pouvoir vivre  sans avoir à demander de sous et surtout de pouvoir m'éloigner de la  dite famille. Le membre qui posait problème est décédé alors que j'étais  étudiante, mais au lieu de me tourner alors vers des études longues et  la recherche, je suis restée sur mon objectif de travailler à tout prix.  J'ai donc passé et réussi le CAPES d'Arts Plastiques et me suis  retrouvée prof. Je croyais que la connexion avec l'art serait  suffisante, qu'enseigner ce qui me passionnait serait facile et que je  profiterais des vacances pour me consacrer à ma production personnelle.  J'ai tenu 9 mois. Faire le gendarme en classe, dire amen à des  formateurs qui trouvent ça normal de consacrer sa vie entière à  l'enseignement, supporter les conseils d'un tuteur, qui met les élèves  au coin, avec les bras sur la tête, réaliser que je ne veux pas  déménager tous les ans dans des apparts miteux, car dégottés au pied  levé (nommée le 30 aout pour être en poste le 2 septembre), tout cela  m'a fait démissionner avant même la fin de ma "formation".&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'ai alors cherché du travail. Toujours aussi naïve, je pensais que ce  serait facile. J'ai découvert qu'il ne faut pas dire "non" quand un  patron vous demande de faire des heures supp et que vous n'avez pas  encore signé de contrat. J'ai découvert que les supermarchés sont  affreusement sales et que n'importe quel idiot un peu consciencieux peut  se retrouver à signer des papiers officiels pour le fisc, alors qu'il  n'est pas membre du personnel permanent (c'est parfaitement illégal,  malheureusement les contrôleurs du fisc peuvent difficilement s'attaquer  à des enseignes gigantesques sur le plan financier. C'est bête), que  les travailleurs sociaux sont absolument dépassés, incapables de  proposer quelque chose d'efficace (j'ai tout fait: bilan de compétences,  suivi personnalisé, aide personnalisée, assistance personnalisée, j'ai  travaillé sur de longues périodes avec presqu'une dizaine de personnes  différentes). Finalement au bout d'un an de chômage et 6 mois de RMI,  j'ai décidé d'assumer, je suis devenue Artiste RMIste. Fini d'éplucher  les offres d'emploi, j'ai continué à aller à l'ANPE (à l'époque ce  n'était pas encore un pôle) tous les matins à 8h30 car je culpabilisais  de pomper ainsi l'argent public, près de 5000€ par an, une fortune !&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'ai donc créé, plein de trucs, fait des expos, puis j'ai été envoyée à  l'association qui s'occupe des Artistes RMIstes sur Bordeaux, j'ai  exposé chez eux, et alors que j'assurais mes heures de présence à  l'accueil de l'expo, j'ai réfléchi, à comment gagner ma vie. Au fait  qu'un artiste lorsqu'il n'expose pas, travaille, sans rémunération, sans  filet. Comment partager ce travail autrement que par l'expo, autrement  que par la visite d'atelier, ou le site perso... J'ai commencé à faire  des trucs à vendre, un suivi de mon travail sous forme de petites  pochettes distribuées à droite à gauche. Je voulais me créer un revenu  "régulier" qui me permette de sortir du RMI sans forcément vendre des  toiles, ou des travaux complexes en général. Une sorte d'artisanat de  suivi, qui permet de rester actif tout en se laissant le droit de ne pas  créer tout le temps comme un malade. Chaque sou gagné était bien  entendu déduit de mon RMI mais je gardais espoir de remplacer ce dernier  par mes gains.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et puis Sarkozy est arrivé au pouvoir. J'ai pleuré. Assise devant ma  télé. J'économisais à l'époque pour m'acheter un appareil photo  numérique. Je n'avais pas encore la somme voulue, j'ai donc acheté un  appareil "moins bien". Le lendemain de l'élection. Trois mois plus tard,  alors que j'allais devoir faire ma demande de renouvellement de RMI,  j'ai décidé de trouver un job. J'y suis arrivée. D'un coup.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Femme de ménage dans un cabinet dentaire. Qui s'est avéré être aussi un  boulot de secrétaire et d'assistante dentaire. J'ai dû apprendre un tas  de noms d'instruments et de produits. Au début cela me passionnait, les  trois dentistes étaient gentils, ma collègue aussi, j'apprenais plein de  choses nouvelles, j'ai sauvé mes ratiches au passage, c'est pas rien,  je gagnais enfin ma vie, avec un travail à mi-temps, emploi du temps  parfait. Parfait. Tout le monde était content que j'aie un travail. J'ai  senti un réel soulagement chez beaucoup de mes proches. Et aussi chez  les travailleurs sociaux qui me suivaient. Y compris celle de  l'association d'insertion des artistes RMIstes qui a eu cette phrase "ah  c'est bien que vous ayez trouvé un job, y'en a tellement comme vous qui  refusent de travailler". Refusent de travailler. Culpabilisée comme  j'étais je notais mes heures de travail, semaine par semaine. Ça  tournait autour de 25-30h, parfois 35, alors j'étais contente, moi aussi  j'avais fait mes 35h. Quand ça les dépassait, je ricanais, triomphante,  après ceux qui pensent qu'artiste c'est se branler pour vendre le  résultat vite craché.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et selon elle je refusais de travailler. Elle a ajouté, devant mon air  effaré, "oh mais surtout j'espère que vous continuerez, votre démarche  est tellement intéressante". Ben voyons. J'ai continué, pendant ma  première année de taf (le vrai, le seul, l'alimentaire). J'ai produit ce  qui reste parmi mes meilleures séries. Et puis, au bout d'un an, j'ai  tout arrêté. Artistiquement. J'ai quitté mon groupe de musique, j'ai  arrêté de peindre, de photographier, de dessiner, j'ai donné mon  répertoire de galeries, mes fiches de contact.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dégoûtée.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'ai mis du temps à réaliser que mon obsession de "vivre" de mon art avait totalement éclipsé le "faire" de l'art.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je  me suis consacrée à la critique musicale, persuadée de finir mes jours  comme femme de ménage dans un cabinet dentaire, celui là ou un autre.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et puis le crayon m'a redémangé.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'ai dessiné un peu. J'ai jeté 80%  de mes "œuvres". J'ai désinstallé mon atelier. J'ai dessiné encore un  peu. Et puis j'ai décidé de recycler les œuvres que je n'avais pas  encore jetées. J'ai aimé ça. J'ai décidé de ne plus avoir de complexes.  De créer sans me soucier de savoir s'il y aurait preneur. Sans me  soucier de savoir si cela pourrait s'inscrire dans l'histoire de l'art,  ou même celle avec un petit "h". Sans me soucier de savoir si oui ou non  cela a un sens. Je souffrais beaucoup de ne pas faire d'art engagé.  J'ai accepté d'en être incapable. Créer c'est résister disait Mme  Aubrac. Soit. Alors j'ai cédé à l'envie de résister. Même de façon quasi  imperceptible. J'ai commencé à économiser, pour m'offrir une démission.  J'ai signé malgré tout un CDI. J'ai repris ma pratique "à temps plein".  Ou presque.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'ai toujours été animée par la peur. Peur de dépendre de ma famille,  peur de devenir folle en tant que prof, peur de devoir rembourser la  société pour son aumône, peur de m'endormir dans le ronron d'un travail  alimentaire, peur de me trahir en créant des choses qui ne me  conviennent pas.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La vérité, c'est que la peur de la dépendance financière est supérieure à  la peur de ne pas pouvoir me consacrer suffisamment à ma production  artistique. Le compromis est donc viable, pour l'instant. Et de fait,  j'ai de moins en moins peur. Bon.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: #888888;"&gt; &lt;span style="color: black; font-style: italic;"&gt;L.T.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-538824254386234867?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/538824254386234867'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/538824254386234867'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2010/11/artisterie-dentisterie.html' title='Artisterie &amp; Dentisterie'/><author><name>Le Salaire De La Peur</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13591784263761615872</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_alYkjjTUVtI/TGulYzfMP_I/AAAAAAAAAAM/NvgXBX799Pw/S220/salaire.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-9122667430804445596</id><published>2010-10-31T10:28:00.000-07:00</published><updated>2010-11-14T02:46:42.969-08:00</updated><title type='text'>Quelle vie !</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; La retraite, c’est un des côtés obscènes du capitalisme. Tu dois travailler toute ta vie à t’en abîmer, t’en blesser, t’en user et quand tu es usé, plus bon à produire pour les profits des actionnaires ou du patron, tu passes à la réforme. Toute ta vie de travailleur, tu penses à ta retraite, comme la récompense à ta soumission. Pour ça, on te file un peu d’argent pour crever en silence. Si tu es ouvrier, tu meurs très vite et tu n’auras pas coûté grand-chose à la « société » comme ils disent. Tu n’auras pas coûté beaucoup non plus avant, avec tes salaires de misère, la précarité, le chômage et les gosses que tu n’auras pas vu grandir... Les actionnaires, eux, se seront bien gavés sur ton dos maintenant cassé. Pas le temps de construire le garage de tes rêves, à côté de ta maison qui t’as tenu en otage pendant trente ans de crédits. Et trente ans de crédits, ça crée des liens.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Si tu étais chef, petit ou grand, tu as quelques années de vie en rab’ pour profiter du camping- car. Mais tu es déjà vieux et ça ne se rattrape pas le temps perdu derrière un bureau à commander, décider pour les autres, «manager», licencier, embaucher, terroriser parfois... La retraite, c’est ta récompense ultime pour avoir survécu à 60 ou 65 ans – maintenant 62 ou 67- de vie de merde.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Mais d’après les syndicats, 60 ans de vie de merde, c’est supportable : c’est ce qu’ils réclament d’ailleurs dans leurs tracts et à la télévision. C’est vrai qu’ils ne t’ont pas demandé ton avis…&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Et en plus, ta retraite est calculée sur ton salaire antérieur, après des calculs savants qui sont fait pour que tu n’y comprennes rien. Une aumône calculée sur ton salaire, c’est la hiérarchie salariale jusqu’au tombeau ! Obscénité du capitalisme pour qui tu ne seras jamais qu’une variable économique à bien gérer, qui devra coûter le minimum. Horreur du salariat qui te relègue au-delà d’une vie entière passée à te préparer à travailler durant l’enfance, qui te pompes la vie au travail, au chômage ou dans la misère les 42 ans qui suivent, et qui finit avec une retraite de misère. Ta dignité d’humain toujours bafouée.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Mais tes syndicats ne veulent pas remettre en cause la hiérarchie des salaires, le salariat lui- même. Non, ils veulent seulement que tu votes pour eux, dans ta boîte, que tu votes pour eux pour élire tes juges, que tu descendes dans la rue, mais pas trop, juste quand ils te le demandent.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Alors, il ne reste que toi pour arracher à ce système la reconnaissance de ta dignité. Et comme tu ne pourras l’obtenir seul, il faudra bien qu’un jour avec d’autres travailleurs comme toi, comme moi, nous nous levions pour exiger ce qui nous revient de droit : la propriété de nos vies, l’organisation de notre travail en fonction des possibilités de chacun et la satisfaction des besoins de tous.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; En finir avec l’obscénité.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;V.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-9122667430804445596?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/9122667430804445596'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/9122667430804445596'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2010/10/quelle-vie.html' title='Quelle vie !'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-4211555259187414926</id><published>2010-10-24T03:16:00.000-07:00</published><updated>2010-11-14T02:46:32.452-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Héroïne en CDI'/><title type='text'>Héroïne en CDI – Épisode 5 : LA GREVE</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;Il me faisait trop marrer en dedans, l'intérimaire. Tous les jours, il portait un t-shirt propre alternant Révolution, Anarchie, Che, un vrai catalogue du Goéland ambulant. Ho, ho. Moi qui me prends habituellement pas mal au sérieux, ricanais intérieurement de cet affichage sans me douter une seconde de ce que l'avenir m'enseignerait, c'est-à-dire qu'il puisse réellement connaître par cœur TOUS les couplets de l'Internationale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai toujours cru qu'on ne pouvait pas faire grève dans une entreprise sans syndicat. Et pourtant j'en connais des syndiqués justement, des activistes, et toujours on m'a dit: « ah je sais pas, tu sais, il faut déposer un préavis... ». Les PME, les petites boîtes privées, c'était le flou. Et c'est évidemment pas la culture dominante du milieu. Les boîtes du bâtiment en grève ? Jamais vu. « Carreleurs, précaires ! », « Béton, plein le dos », ou « Terrassement! 60 ans ! » sur des pancartes ? Un gigot-bitume à côté des braseros ? Dans tes rêves ! On fait pas grève et il en est même pas question un seule seconde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et j'en étais là, à faire les manifs gentillettes du samedi, en famille. A entendre les échos&lt;br /&gt;lointains des vouvouzelas depuis mon poste de travail.&lt;br /&gt;Un beau matin, je vois pas l'Antony (tous les intérimaires s'appellent Antony, ici). Vous devinez la suite.&lt;br /&gt;« -Il est pas là, Anto?&lt;br /&gt;−Non, il est en grève.&lt;br /&gt;−?!!! »&lt;br /&gt;Purée! Il l'a fait, tout seul, Comment, c'est donc possible? Le lendemain, je lui demande.&lt;br /&gt;« -Mais je croyais qu'on pouvait pas faire grève sans préavis d'un syndicat dans la boîte?&lt;br /&gt;−Si, là il y a un préavis national, qui couvre tout le monde. C'est le DROIT DE GRÈVE.&lt;br /&gt;Avant je pouvais pas, j'ai fait trois ans d'apprentissage où il en était même pas question. Et après, j'en ai eu marre et j'ai décidé d'assumer mes convictions. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Eh ben, me voilà fine. Mouchée par un jeunot sur mon terrain de prédilection, le combat pour un progrès social. Là dessus, je lui assure qu'il ne sera plus seul à la prochaine mobilisation, témoins à l'appui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Facile, de claironner, la prochaine fois, j'en suis! La prochaine fois, c'était pas très longtemps après – ça gronde en ce moment, vous savez pourquoi. La veille au soir, je me trouve mille et une mauvaises raisons pour aller au turbin quand même; en vrai, par lâcheté et peur des conséquences. Donc, je me pointe comme d'habitude. Tiens, Antony est là, il ne fait grève que ce tantôt pour aller à la manif. Ce qui me laisse une bonne demi- journée à mariner dans mon jus, non je peux vraiment pas, ma fille est malade (mais où est le rapport ?!!), est-ce qu'il faut vraiment pas faire autre chose que juste partir en disant, j'fais grève?... Tout ça rythmé par les : « H, avec nous!!! » de notre ami – qui me sent hésitante et pour cause.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A midi 25, je lui annonce avec gravité que je ne peux vraiment pas. (Mais tu vas te botter le cul? tu le regretteras toute ta vie ! défends-toi ! quelle grande gueule, mais pour ce qui est d'agir ! la honte sur toi). J'ai le trac, je tremble, j'entends mon cœur dans mes oreilles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A midi 26, je me lève enfin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et dire que j'arrive à être fière de moi. J'ai eu au moins le mérite de suivre... Héroïsme par procuration. Merci l'ami.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 100%; font-style: italic;"&gt;Héroïne en CDI&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-4211555259187414926?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/4211555259187414926'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/4211555259187414926'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2010/10/heroine-en-cdiheroine-en-cdi-episode-5.html' title='Héroïne en CDI – Épisode 5 : LA GREVE'/><author><name>Le Salaire De La Peur</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13591784263761615872</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_alYkjjTUVtI/TGulYzfMP_I/AAAAAAAAAAM/NvgXBX799Pw/S220/salaire.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-6388471371813945134</id><published>2010-10-23T03:27:00.000-07:00</published><updated>2010-11-14T02:46:19.976-08:00</updated><title type='text'>Le salaire de la peur</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;Hier, je suis tombée, au gré des référents de mon blog (le mien perso, pas celui ci), sur &lt;a href="http://le3enombrildejul.wordpress.com/2010/10/03/le-salaire-de-la-peur/" target="blank"&gt;celui ci&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai furieusement envie de réagir, j'y peux rien, je suis comme ça, je ne peux pas rester muette&lt;br /&gt;Le travail (attention je parle du travail salarié tel qu'on le subit aujourd'hui), qu'il soit le plus cool du monde, intéressant, pas mal payé, est une souffrance, eh oui, désolée d'insister.&lt;br /&gt;Vous connaissez beaucoup de gens qui ont envie -je dis bien &lt;b&gt;envie&lt;/b&gt;- de travailler tous les jours pendant 8 heures pendant des mois, des années, des décennies, sur un rythme imposé, même s'il n'est pas le leur ? Vous connaissez beaucoup de gens qui n'ont jamais jamais jamais marre de ce rythme là ?&lt;br /&gt;Le travail, qu'on nous impose, qu'il soit obligatoire, qu'on nous dit inhérent à la nature de l'homme, qu'il occupe autant que place dans sa courte vie, qu'il soit générateur d'angoisses, ça ne vous a jamais traversé l'esprit ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'aime mon travail, il est intéressant, je m'organise toute seule, mais en ce moment j'ai furieusement envie de l'envoyer chier, ce cher travail, parce qu'il est éprouvant, mal payé, que je n'ai pas droit aux pauses, parce que j'en ai ras le bol d'entendre que "j'aime mon travail" pour me faire avaler n'importe quoi. J'en ai marre parce que justement, c'est un travail, et que le travail salit tout. Si les gens avaient le choix, vous croyez vraiment qu'ils travailleraient autant ? Oui, vous allez me dire, y'a des gens qui aiment tellement leur boulot qu'ils y passent la totalité de leur existence.&lt;br /&gt;J'appelle ça une maladie, la fuite, la peur de vivre, l'angoisse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je dis ça parce que il y a fort à parier que la minette qui a écrit ce texte ne s'est jamais posé l'once de l'ombre de question vis à vis du travail (mais bon, il y a un bon espoir que ça change, semble t-il). Et surtout, surtout, que ces questions même si elles ne la touchent pas (pas encore, j'attends de voir) directement, elle se permet de les éluder, de les ignorer par son insupportable "&lt;i&gt;mais enfin, c'est si simple d'être heureux&lt;/i&gt; !". Effectivement, c'est très simple : il suffit d'être égoïste, et de ne penser qu'à sa prochaine promotion (promotion ! Une faible augmentation quémandée au triste sire qui vous tient par les cordons de la bourse, pour laquelle vous avez envie de vous jeter au cou de votre généreux employeur qui n'a pas à demander à qui que ce soit de vivre mieux, lui : il se sert directement dans votre poche).&lt;br /&gt;[Dangereux raisonnement, où "ne pas être malheureux" revient à dire "être heureux". J'ai déjà parlé plusieurs fois, de l'argument ultime qu'on nous balance à la gueule "y'a pire ailleurs" pour nous faire ravaler notre légitime colère, et je l'entends encore, et encore, et encore. Pour que les gens ne se demandent pas une seule fois si il n'y a pas mieux ailleurs, et si ce n'est pas le cas, s'il n'est pas possible de le &lt;i&gt;créer&lt;/i&gt; ? Sommes nous condamnés à répéter encore et encore des schémas déjà vécus, usés, voués à l'échec ?]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne comprends vraiment pas que certaines personnes n'aient pas ne serait-ce qu'une once d'empathie, ce truc simplement humain. Qu'elle ne s'intéresse pas aux retraites, grand bien lui fasse. Mais franchement, le jour où elle viendra pleurer son ras le bol, qu'elle arrivera à 55 ans, que son cher patron se montrera une fois de plus "sévère mais juste" et la virera comme une malpropre, là, elle trouvera ça dégueulasse, injuste, immonde. Quand elle ira pointer au pôle emploi, qu'on lui renverra son âge, son inutilité, qu'on l'a culpabilisera si elle ne se culpabilise pas toute seule, et qu'elle devra faire les ménages chez des vieilles bourges puantes et dédaigneuses, qu'elle mangera des boites saucisses-lentilles discount à tous les repas, là peut-être qu'elle se posera enfin la question de l'utilité de tout ça, mais il sera trop tard. En attendant, mademoiselle batifole dans les champs du travail insouciant à la botte d'un patron pas trop méchant-pas trop cool non plus c'est trop top même si elle a une obole en guise de salaire (putain s'est-elle seulement demandé combien gagnait son cher patron ?) et ça me donne envie de gerber...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour finir, laissez moi citer ce cher Émile Pouget, qui écrit dans "Le sabotage" :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;"&lt;b&gt;La vérité, c'est que, de même qu'il y a deux classes dans la société, il y a aussi deux morales - celle des capitalistes et celle des prolétaires.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La morale naturelle ou zoologique, écrit Max Nordau, déclarerait que le repos est le mérite suprême, et ne donnerait à l'homme le travail comme désirable et glorieux qu’autant que ce travail est indispensable à son existence matérielle. Mais les exploiteurs n'y trouvent pas leur compte. Leur intérêt, en effet, réclame que la masse travaille plus qu'il n'est nécessaire pour elle, et produise plus que son propre usage ne l'exige. C'est qu’ils veulent précisément s'emparer du surplus de production ; à cet effet, ils ont supprimé la morale naturelle et en ont inventé une autre, qu'ils ont fait établir par leurs philosophes, vanter par leurs prédicateurs, chanter par leurs poètes : morale d'après laquelle l'oisiveté serait la source de tous les vices, et le travail une vertu, la plus belle de toutes les vertus...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Il est inutile d'observer que cette morale est à l'usage exclusif des prolétaires, les riches qui la prônent n'ayant garde de s’y soumettre : l'oisiveté n'est vice que chez les pauvres.&lt;br /&gt;C'est au nom des prescriptions de cette morale spéciale que les ouvriers doivent trimer dur et sans trêve au profit de leurs patrons et que tout relâchement de leur part, dans l'effort de production, tout ce qui tend à réduire le bénéfice escompté par l'exploiteur, est qualifié d'action immorale.&lt;br /&gt;Par contre, c'est toujours en excipant de cette morale de classe que sont glorifiés le dévouement aux intérêts patronaux, l’'assiduité aux besognes les plus fastidieuses et les moins rémunératrices, les scrupules niais qui créent "l'honnête ouvrier", en un mot toutes les chaînes idéologiques et sentimentales qui rivent le salarié au carcan du capital, mieux et plus sûrement que des maillons de fer forgé.&lt;br /&gt;Pour compléter l'œuvre d'asservissement, il est fait appel à la vanité humaine: toutes les qualités du bon esclave sont exaltées, magnifiées et on a même imaginé de distribuer des récompenses - la médaille du travail ! - aux ouvriers-caniches qui se sont distingués par la souplesse de leur épine dorsale, leur esprit de résignation et leur fidélité au maître.&lt;br /&gt;De cette morale scélérate la classe ouvrière est donc saturée jusqu'à profusion.&lt;/b&gt; &lt;/i&gt;"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pour ceux qui vont encore me dire que je mène des combats d'arrière garde, lisez bien ce texte, lisez le avec grande attention. Il a beau dater de la fin du 19ème, je ne l'ai jamais trouvé autant d'actualité, en fait il ne s'est jamais démodé et c'est déprimant. Il est urgent de se demander &lt;i&gt;pourquoi&lt;/i&gt; on travaille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;[edit] je tiens à préciser tout de même que je ne m'attaque pas à l'auteur du texte dont je parle ici, je l'en sers juste pour rebondir et causer d'un sujet qui me passionne. Loin de moi l'idée de faire du prosélytisme ou d'essayer de convaincre qui que ce soit. Je crois que c'est un sujet qu'on doit mûrir tout seul. Je n'ai pas de solution, comme on me demande à chaque fois. D'ailleurs je ne sais pas si vous avez  remarqué mais y'a que aux gens qui envisagent qu'une autre voie est possible qu'on demande quoi précisément, en  tentant de les coincer. On ne demande jamais au système tel qu'il est comment il va faire pour ne pas se prendre le mur dans lequel il fonce à très grande vitesse.... Je ne suis pas économiste, ni sociologue, ni philosophe. J'essaie de réfléchir dans mon petit coin et pourquoi pas de discuter. Quand aux solutions, cherchez un peu sur internet ou dans des bouquins,  faites preuve d'un tout petit peu de curiosité, parce que ce genre de chose, si vous ne cheminez pas vous même pour trouver des débuts de solutions, et qu'on vous les sert soutes cuites dans le bec, n'auront aucune espèce de saveur ni de réelle consistance. Le cheminement pour trouver ces solutions passe par des penseurs, une histoire, et si on vous amène directement à la conclusion, vous ne saurez pas pourquoi vous devriez adhérer à ce genre de solution, vous n'auriez pas suivi l'histoire de ces idées.]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tanxxx&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-6388471371813945134?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/6388471371813945134'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/6388471371813945134'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2010/10/le-salaire-de-la-peur.html' title='Le salaire de la peur'/><author><name>Le Salaire De La Peur</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13591784263761615872</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_alYkjjTUVtI/TGulYzfMP_I/AAAAAAAAAAM/NvgXBX799Pw/S220/salaire.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-5228513810533568552</id><published>2010-10-15T01:47:00.000-07:00</published><updated>2010-11-14T02:46:06.227-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Héroïne en CDI'/><title type='text'>Héroïne en CDI – Épisode 4 :   LES TRANSPORTS</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;style type="text/css"&gt;p { margin-bottom: 0.21cm; }&lt;/style&gt;    &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;Dans mon coin, aller au boulot, ça s'appelle "embaucher". Et en sortir le soir, "débaucher". Ça peut prêter à confusion dans d'autres contrées, alors je préfère préciser.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;Quoi de mieux que d'embaucher à pieds? Au petit matin, se laisser porter par ses pas qui tapent le trottoir froid, ou mouillé, ou givré, et/ou crotté. (Les talons claquent; les baskets tapent). Démêler les fils de ses écouteurs, et marcher en rythme parmi quelques rues connues par cœur. Caresse le chat. Tiens, les pommes sont bientôt mûres. Trébuche.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;On peut aussi prendre le vélo. Ah, c'est l'étape au-dessus. Les distances en ville fondent, sur un vélo. On ne gratte pas sa selle au petit matin. Et en campagne, l'été, c'est le bonheur assuré. Il fut un temps où je faisais 12km le long de la rivière pour aller au bureau aux beaux jours. J'arrivais en même temps que le bus, d'où descendaient les habitués éberlués en me reconnaissant – joues roses et glacées, chandelles sous le nez.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;Eh oui, le bus, j'ai pas mal donné aussi. (Je vous passe le car scolaire, ça remonte un peu trop). C'est déjà plus tant le bonheur. Les jours avec, on papote ou on sieste, et les jours sans on fulmine ou on fait du stop.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;Étant étudiante, j'ai donné dans le train régional aussi. Ça aurait pu être bien si je n'habitais pas aussi loin de la gare.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt; Je pensais donc avoir fait le tour, être experte en transports, maîtriser le sujet. Erreur. Il manquait quand même le principal à mon tableau de chasse (à en croire les bouchons sur la rocade), bien sûr j'ai nommé: L'AUTOMOBILE!!!  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;Applaudissements. Vous pouvez vous rasseoir.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt; Dans un but donc purement expérimental, vous vous en doutez bien et sans aucune autre raison personnelle, j'ai déménagé à 35 kilomètres de mon lieu de travail. Comme ça, juste pour voir. Après avoir bien vérifié qu'il n'était aucunement possible de rallier les deux points en transports collectifs en moins d'une demi-journée minimum. J'ai ensuite cherché du travail à proximité de ma nouvelle maison, afin de m'assurer qu'il n'y en avait pas et que je devais bien me taper la route tous les jours. J'ai enfin téléphoné à mon banquier en lui demandant de me mettre à découvert, afin de ne pas être tentée de me la couler douce sur les 80% de SMIC de mon conjoint.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;Ceci étant, je suis donc entrée dans ma petite auto, la bouche en cœur à 7h30, non sans avoir déposé à la crèche notre fille qui, heureusement, ne demande que ça.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;Aïe aïe aïe. Quelle ne fut pas ma déconfiture. Quelque part, c'est marrant, je m'en doutais. J'ai mis une heure. Entre les feux et les ralentissements, perdue dans le flux de phares, des larmes me piquaient le nez. C'est comme quand le train qu'on attend ne vient pas, sauf qu'on ne peut pas parler avec son voisin; sauf que le voisin n'est plus compagnon de galère mais obstacle à doubler.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;Triste j'étais. A force, on rencontre pas mal de gens dans la même situation, les tuyaux s'échangent – tu passes par là, ça rallonge un peu mais ça évite tel bouchon – on essaye même de faire la route ensemble, ça peut alléger le poids de ces deux heures perdues tous les jours. Mais sans faire vraiment passer la pilule...&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;Heureusement que j'ai testé pour vous! Comme ça vous pouvez vous passer de tenter par vous-même. Ah, quel dévouement, de rien, de rien.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Héroïne en CDI&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-5228513810533568552?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/5228513810533568552'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/5228513810533568552'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2010/10/heroine-en-cdi-episode-4-les-transports.html' title='Héroïne en CDI – Épisode 4 :   LES TRANSPORTS'/><author><name>Le Salaire De La Peur</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13591784263761615872</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_alYkjjTUVtI/TGulYzfMP_I/AAAAAAAAAAM/NvgXBX799Pw/S220/salaire.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-662587799876890351</id><published>2010-10-01T03:02:00.000-07:00</published><updated>2010-11-14T02:45:49.557-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Travailler plus gagner moins et quand même vivre mieux'/><title type='text'>Travailler plus gagner moins et quand même vivre mieux : Épisode 1</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je vais parler de la façon dont j'envisage le travail et mon  expérience en la matière. Ce qui expliquera je pense en grande partie  pourquoi j'ai changé de vie avec le plus grand bonheur.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;OU J'ÉTUDIE ET DÉCIDE DE MON AVENIR&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L'élément  fondateur de ma relation au travail se situe en 1ère année de DEUG.  Stage optionnel. Je me destinais à la recherche en génétique (le côté  mathématique de la génétique me passionnait) et ai donc effectué 1 mois  de stage en labo de recherche. Au bout de deux jours, je savais que je  ne voulais plus faire ça (et pourtant, ça me motivait depuis la 3ème).  Bonne ambiance, conditions plus que correctes, intéressant, mais il a  suffit qu'un ou deux chercheurs me parlent de leur horaires de boulot  (9h 20h) pour que ça me stoppe direct. Radical.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'en étais donc là de mes réflexions sur le travail,  hors de question d'avoir des horaires à rallonge et d'y passer  l'essentiel de ma vie.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'ai donc envisagé de faire un boulot  plus technique, à partir de ce moment là, avec dans l'idée de m'insérer  dans des horaires dit "de bureau", quand bien même il était aussi alors  devenu hors de question pour moi de travailler dans un bureau.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'ai testé deux licences après mon DEUG sans succès, entre autre  car il me fallait mener de front un boulot précaire mais nourricier, une  histoire d'amour à la con et les études. Elles sont passées à la  trappe... Que pensais-je du boulot à ce moment là ? Je ne le voyais que  comme une source d'argent, mais je n'ai jamais voulu faire des trucs qui  me déplaisait foncièrement : commerce, bar etc... J'ai été contente  d'avoir mes premiers salaires mais ai toujours eu le sentiment d'être  limité par la somme dont je disposais sur mon compte. Comme beaucoup,  période de vaches maigres voire très très maigres de plusieurs années,  mais avec toujours un toit sur la tête.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La pire expérience reste le boulot de jeune fille au pair, vraiment  du foutage de gueule, pas de salaire et pas le droit d'être chez soi  dans le bouiboui qui tenait lieu de logement en contrepartie du boulot.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Globalement, grande période d'attente, avant d'avoir  un vrai boulot. Ce que j'entendais par là : ok pour me faire chier  quelques années, mais pas trop, avant d'avoir le boulot de mes rêves :  intérêt pour celui-ci, qui corresponde à mes idéaux (ouais carrément, et  je lâche pas facilement l'affaire), qui me permette de bosser dehors et  payé correctement.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Avec cette dernière précision, je sous-entendais, en chiffre, 1300€  net en première embauche ce que j'estimais être un salaire qui me  permette de ne pas me poser trop de question. Évidement, étant assez  sûre de ce que je vaux dans le travail, je n'imaginais pas la vie pro  sans augmentation rapide et atteindre les 1500€ en 3 ans environ (ahaha,  on a de ces illusions quand on est jeune !). Royal.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'attendais en outre de ce vrai boulot d'être autonome, d'avoir du  libre arbitre, de pouvoir avoir beaucoup d'initiative, bref, de mener ma  vie comme je l'entendais quoi.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'ai enfin eu ce premier vrai boulot, après avoir repris des études,  avec le but avoué et assumé de bosser dans l'environnement, ce qui me  permettait de concilier complètement le boulot et mes convictions....&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Après cette dernière formation, au cours d'un  colloque auquel plusieurs élèves de ma classe et moi-même assurions le  rôle d'hôtes, j'ai été choisie (c'est vraiment le terme) par des  participants pour une boulot temporaire en hydrogéologie au prétexte que  les filles bossent mieux que les mec (d'où le choix, et puis, j'étais  la plus jolie -c'était ma période bombasse- ce qui a dû jouer en ma  faveur ; ce jour-là à l'issu du colloque, j'ai même retrouvé des mots  doux dans mes poches de manteaux, c'est quand même un drôle de truc). Je  me suis posé plusieurs jours la question d'accepter ou non parce que  c'était mal payé (être précaire dans la fonction publique c'est pire que  tout) ; et puis il me fallait allé pour quelques mois dans une ville  dans laquelle je m'étais jurée de ne plus jamais remettre les pieds.  Bref, je devais renier quelques trucs et ça, c'est assez difficile pour  moi.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mais j'ai accepté, en partie parce que sinon, c'était rien, peau de  zob, une précarité encore pire et des difficultés encore plus accrues  pour trouver du boulot. Et ça nous permettait à chacun (Fred et moi) de  trouver, espérions-nous, du boulot ailleurs. J'ai quand même finalement  bien fait, d'un point de vu pro, car j'y ai appris des trucs fort  intéressant, et la pratique de logiciels qui auraient pu faire la  différence par la suite.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;OU JE RENCONTRE LE SEXISME&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On était assez  cruchons pour croire que le meilleur était possible (deux boulots, dans  la même branche, dans le même coin, mais ailleurs), en partie parce que  pendant notre formation en hydro, on nous avait dit et répété qu'on  trouverait très facilement du boulot. Ce qui devait être vrai encore les  années précédentes c'est révélé plus difficile à partir de notre promo  pour nos métiers, mais plus généralement pour tout le monde.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bref, mon contrat terminé, moi j'avais rien, par contre, ce qui  était assez glauque pour moi, c'est que Fred avait trouvé un boulot de  rêve, celui que j'aurais voulu, dans une boîte renommée, mais dans cette  putain de ville.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ici, une précision : j'étais formé pour du boulot de terrain  (analyses et expertises diverses et variées sur les rivières, les nappes  souterraines, etc... etc.., donc dehors) alors que Fred était formé  pour le travail de labo. Pour chacun, c'était un choix professionnel  mûrement réfléchi qui avait motivé nos options d'études. Si Fred a  finalement été ravi de bosser sur le terrain, j'ai dû subir tous les  refus possibles et imaginables pour ce genre de boulot, pour lequel  j'étais qualifiée, motivée, voire grassement pistonnée, sous de faux  prétexte, en fait car j'étais une femelle.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Chacun dans notre coin, avec Fred, on a fait quelques  investigations pour connaître les vraies raisons des refus que l'on  m'opposait (facile, on pouvait potentiellement postuler pour les mêmes  postes), et assez rapidement, la réponse était clairement : oui, mais on  veut pas de fille (oui, plusieurs on vraiment pris le risque de  formuler la phrase, ce qui prouve bien que c'est normal et dans les  moeurs même si c'est illégal).&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le CV anonyme n'existait pas, mais j'ai pensé à cette époque faire  de vrais CV avec nom d'emprunt pour au moins passer la barrière de  l'entretien, mais comme d'un autre côté, je trouvais ça anormal de  devoir avoir recours à ces procédés (j'aurais eu l'impression de devoir  justifier mon sexe), je ne l'ai pas fait. J'ai donc continué à chercher,  avec toujours les mêmes résultats.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Petit saut en avant dans le temps pour voir&amp;nbsp;que ce  sexisme m'a poursuivi pendant des années (comme pour la majorité des  femmes qui ne font pas secrétaires, infirmières ou maîtresse d'école, je  suppose). Deux ans et demi après, je postule et obtiens un poste de  technicien pour effectuer et traiter des mesures de vent dans le but  d'étudier l'installation possible d'éoliennes. L'annonce précisait qu'il  s'agissait d'un boulot de technicien de terrain avec des déplacements  en France, et dans les DOM TOM. J'ai donc intégré le bureau d'études où  nous étions en binôme tech / ingé : 3 filles, 1 gars, l'ingé avec qui je  bossais. La partie technique, montage de mât de mesures et  dépouillement des données revenait logiquement au technicien. Ce qui  était vrai dans le binôme fille/fille devenait caduque dans le mien et  j'ai dû batailler ferme pour obtenir d'accompagner mon ingénieur qui  faisait donc mon boulot... Et qui, royalement, avait en charge les  missions dans les îles de notre secteur, pendant que je faisais du  travail de fille de bureau.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Après quelques mois de bagarre avec les n+1 n+2 etc... ça a payé et  j'ai pu partir avec lui (on a fait valoir que si il devait arrêter de  bosser personne ne saurait faire), puis seule. Heureusement puisqu'il  est parti du jour au lendemain. Suivi par la technicienne de l'autre  binôme (pas de rapport).&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je pensais que ma place allait être royale. J'étais désormais la  seule à connaître les ficelles du montage de mâts de mesures (on avait  poussé le vice jusqu'à me faire faire les notices, pour que n'importe  qui puisse les poser).&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En fait, non. À partir de ce moment là, puisque nous n'étions plus  que deux filles à bosser dans le bureau d'étude, il a été décidé que  notre place était bien là et qu'on ferait appel à un prestataire de  service pour les montages (ceux qui bossent dans des entreprises qui  sous-traite une partie de leurs compétences savant qu'économiquement  c'est une connerie). Et puis, quand après 9 mois, on a recruté un  nouveau technicien, homme donc, cette partie du boulot que nous ne  faisions donc plus plus a été attribuée.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Après ce boulot, il a fallu encore que je m'affirme  (bon, l'affirmation de soi, j'ai pas trop de soucis avec ça, c'est pas  quelque chose qui m'est compliqué) pour faire admettre que je voulais  devenir agriculteur (j'utilise le terme à escient, l'agricultrice, c'est  quand même toujours un peu la femme de l'autre). Et maintenant, il faut  supporter que les clients et les fournisseurs s'adressent de préférence  à Fred pour parler boulot, quand il est avec moi, ou ne m'accorde  aucune crédibilité si je suis seule (quand on ne me dit pas qu'on va  attendre mon mari). C'est quelque chose qu'il faut supporter même des  gens jeunes et modernes, qu'on en peut en théorie pas accuser de  sexisme. C'est très humiliant, et surtout très énervant.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;OU JE PRECISE PETIT À PETIT MES PRIORITÉS&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;(je reviens dans l'ordre chronologique)&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Après  le boulot dans la fonction publique, j'en étais donc à ne pas trouver  quelque chose, en partie parce que j'étais XX. Finalement, j'ai pu  profité d'une courte période d'un boulot fort intéressant, payé  correctement, avec CDI à la clé. J'ai bien fait mon boulot, j'avais le  CDI, bien que j'ai dû remettre plusieurs fois les points sur les I  auprès du patron, un paternaliste de la première heure qui terrorisait  certaines employées, et à qui j'ai fait savoir que je ne me laisserais  pas marcher sur les pieds, moi. J'ai pas accepté le CDI : devoir  travailler à 2 heures de route de chez moi ou déménager et laisser de  côté ma vie privée d'une part, être sous la coupe d'un vieux con  paternaliste qui avait la fantaisie de passer outre la sécurité de ses  employés (ne pas leur fournir de gilet fluo quand ils bossent dans les  bois les jours de chasse, c'est un rien mesquin) d'autre part, ça n'a  pas été du tout difficile de faire une croix sur ce boulot. Encore  maintenant, je suis sûre de mon choix de l'époque, et je referais le  même, même en sachant que c'est le meilleur boulot que j'ai eu et auquel  j'aurais pu légitimement prétendre en hydro. Un élément qui permet de  comprendre où je situe mes priorités.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Période de chômage, un peu galère psychologiquement,  se savoir douée et essuyer des refus sans raison valable, c'est pas  facile. Pas de souci financier, même si c'était pas byzance, puisque  j'étais grâce à Fred, bien entretenue. J'ai eu toutefois quelques  entretiens, pour des boulots qui m'intéressais. J'étais intéressantes  également et ai été choisie à chaque fois, on aurait même pu en profiter  pour se barrer dans un coin qui nous convenait. J'ai refusé à chaque  fois, car le salaire était de la merde.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C'est peut-être paradoxal, mais à partir du moment où j'ai cherché  de vrai boulot et sauf le tout premier pour les raisons que j'ai  expliquées), j'ai toujours mis un point d'honneur à refuser les boulots  dont le salaire était au smic, que je juge insuffisant et encore plus  quand on a fait des études pour travailler. &amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C'est exact que je savais ne pas être à la rue en refusant, et que  ça facilite ce genre de décision. Mais je reste persuadée qu'il faut  refuser ces compromissions si on espère que le statut des travailleurs  change et s'améliore.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Prochain épisode : OU JE SUIS PRÊTE À TOUT POUR FAIRE VALOIR MES DROITS&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;Delf&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-662587799876890351?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/662587799876890351'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/662587799876890351'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2010/10/travailler-plus-gagner-moins-et-quand.html' title='Travailler plus gagner moins et quand même vivre mieux : Épisode 1'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-5240922776695379448</id><published>2010-09-25T01:54:00.000-07:00</published><updated>2010-11-14T02:45:33.983-08:00</updated><title type='text'>Le travail sur la sellette</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;style type="text/css"&gt;p { margin-bottom: 0.21cm; }&lt;/style&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Travail, famille, patrie. Quelle devise éclairante. On ne parlera pas ici de l’identité nationale, de ce faux débat qui consiste non pas à définir ce que signifie être « français » – comme si on pouvait le définir – mais qui par contre cherche bien à imposer ce qu’est un « bon » français (et la notion de « devoirs » envers la patrie). On ne reviendra pas non plus sur la nécessité sociétale de fonder une famille au risque de passer pour un inadapté, un inutile ou – pire – un homosexuel (au passage si l’homoparentalité dérange autant c’est qu’elle fait exploser une norme que les straights considèrent jusqu’ici comme l’un des fondements de leur système de pensée réactionnaire). Et puis, si on ne fait pas de gosses, qui va payer nos retraites ? Qui va assurer notre avenir ?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;La belle affaire. Le débat sur les retraites fait rage et le gouvernement impose sa monstrueuse logique comptable. Elle est monstrueuse cette logique non pas parce qu’elle est justement comptable mais tout simplement parce qu’elle ne s’attaque qu’à un seul aspect du problème : le financement des retraites ne concerne que les salariés. Tu travailles ? Tu en chies ? Tu dois payer pour ta retraite, comme les autres. Vous n’êtes plus assez nombreux pour faire vivre un système de retraites par répartition ? Donc vous allez devoir travailler plus longtemps pour cotiser davantage et avoir de plus petites retraites. Avant de passer à un système par capitalisation. Bien sûr que cela se fera. Cela a déjà commencé. Cela me fait penser aux ouvriers de Continental, Michelin, Carrefour ou autre à qui les actionnaires demandent de renoncer à leurs primes, temps de pause, RTT ou augmentations de salaire tout ça pour sauver l’entreprise du marasme. Alors que les prochaines restructurations sont déjà planifiées, que les futures fermetures de sites sont déjà prévues, que la délocalisation ou carrément l’abandon de l’activité sont à l’ordre du jour. Dans une grande école ou une école de commerce on t’apprend que l’activité économique doit croître absolument. Et générer toujours plus de profits. Si ce n’est pas le cas, on l’abandonne. Le facteur humain n’existe pas. Le principe de concurrence fait que l’on a peur de se faire bouffer par l’autre donc c’est à nous de le bouffer. Alors on grossit, toujours plus.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;C’est donc au salarié seul de sauver sa retraite. Ce qui revient au travail ne doit provenir que du travail. Le capital n’est pas concerné. Chacun chez soi. C’est ça qui est marrant : le capital se nourrit pourtant du travail. Et il a même tendance à s’en nourrir toujours plus. Mais en retour il ne doit rien lui lâcher. Que dalle. Uniquement un salaire qui est censé refléter sa juste rémunération. Au salarié ensuite de se démerder avec ça. Ça ne suffit pas ? Il n’a qu’à travailler davantage. Il n’y a plus assez de salariés pour payer les retraites de tout le monde ? Et c’est la que l’on touche à l’aspect le plus humain du problème.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Pourquoi ces manifestations contre le rallongement de la durée de cotisations et le repoussement de l’âge du départ à la retraite ? Pourquoi défile-t-on dans les rues ? Pourquoi veut-on « sauver » les retraites ? Dans une société où le travail est la première des valeurs fondamentales, travailler est pourtant un véritable calvaire. On le supporte ce calvaire parce qu’il y a les bouches à nourrir, le loyer à payer, etc. On supporte ce travail parce que sans travail on est marginalisé. Quel paradoxe de se faire quotidiennement laminer par quelque chose qui est pourtant un incontournable de notre société et qu’en tant que tel on devrait donc respecter. Donc on supporte. Plus ou moins mal. La pénibilité du travail, certes on en parle un peu mais il ne faut surtout pas que le débat déborde sur les notions de productivité et de rentabilité. Encore une fois le facteur humain ne compte pas tripette. Il ne reste au salarié que de s’accrocher à l’espoir de la retraite. La retraite, ce moment de sa vie où il ne sera en théorie plus obligé de travailler.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;La vraie question ce n’est donc pas celle de la retraite (et de quand et combien) mais bien celle du travail, de ses conditions et de son obligation. On ne peut pas continuer – durant une vie entière – à faire autant de sacrifices, à foutre sa vie en l’air avec le faux espoir d’avoir un jour des vacances éternelles tous frais payés. La vie ne commence pas à 65 ans pas plus qu’elle ne commençait à 60. La vie c’est maintenant et la vie ce n’est certainement pas un travail qui vous accapare complètement et vous donne même des sueurs froides quand vous n’y êtes pas. On prend un travail – ne parlons même pas de choisir un métier – que pour ce qu’il a de rémunérateur, même faiblement. C’est comme ça que l’on se tape des boulots de merde payés une misère, pour pouvoir se payer son kilo de pâtes. Par défaut. Il est important ce débat sur les retraites. Mais il est temps également de mettre le travail sur la sellette. Puisque c’est de là que tout part et que tout ce tient.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;Haz.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/_SzunkfnSN6k/TJ259GMSo7I/AAAAAAAAACA/DWCQlSDeAiM/s1600/sellette.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" height="273" src="http://2.bp.blogspot.com/_SzunkfnSN6k/TJ259GMSo7I/AAAAAAAAACA/DWCQlSDeAiM/s320/sellette.jpg" width="320" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-5240922776695379448?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/5240922776695379448'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/5240922776695379448'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2010/09/le-travail-sur-la-sellette.html' title='Le travail sur la sellette'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_SzunkfnSN6k/TJ259GMSo7I/AAAAAAAAACA/DWCQlSDeAiM/s72-c/sellette.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-4713638579332500376</id><published>2010-09-10T03:04:00.000-07:00</published><updated>2010-11-14T02:45:20.443-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Héroïne en CDI'/><title type='text'>Héroïne en CDI – épisode 3 : LA CLIM</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dans les bureaux successifs que j'ai pu pratiquer, il y a toujours eu un problème avec ça. La gestion commune du peu d'air qu'il nous est donné de respirer. Une personne par pièce, avec sa fenêtre? Jamais vu ça, à part pour la direction. En général, c'est plutôt autant qu'on peut caser d'ordinateurs sans que les plombs pètent – ce qui arrive quand même parfois.&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;On va faire un petit jeu. Je jette en vrac quelques éléments d'ambiance; imprégnez-vous.&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Le fax ronronne, les unités centrales turbinent, l'écran plat n'est pas encore passé par là. Hop, je grimpe sur ma chaise à roulettes pour choper une ramette. Thierry en chaussettes mange un grec. Il fait un panier avec son coca dans la poubelle débordante. Jean-Paul sue sur un plan à rendre pour avant-hier, il a une chemise auréolée sous les bras. En passant nous voir, le boss se prend les pieds dans le fil du téléphone et arrache la prise murale. On est en mars, le premier soleil de printemps toque au carreau derrière les stores noirs.&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Alors, comment vous sentez-vous? Qu'auriez-vous envie de faire à ma place? Mmm? Faire une pause pipi, ça je l'ai déjà fait quatre fois pour pouvoir respirer le bon air frais des WC. Non, bien sûr, vous avez deviné. OUVRIR LA FENETRE. Rien que de le dire, ça soulage, n'est-ce-pas.&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Il y a juste que la pièce est équipée d'une hideuse clim sous-puissante qui prend un peu d'air à 30 et le recrache à 16 juste à côté. Le même (air). Alors que dehors il fait frais, et que l'air sent si bon.&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;« -On ouvre la fenêtre ? », je demande.&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;En effet, il n'y a qu'une seule fenêtre pour 5 personnes. Il s'agit donc de LA fenêtre. On pourrait même lui donner un petit nom. Pourquoi pas Justine.&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;« - Non, y'a la clim.&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;-Eh ben on peut éteindre la clim et ouvrir Justine?&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; margin-left: 0.64cm; text-align: justify; text-indent: -0.64cm;"&gt;-Ouvrir quoi?!!&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; margin-left: 0.64cm; text-align: justify; text-indent: -0.64cm;"&gt;-Ah non on va pas éteindre la clim, il fait trop chaud! »&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Ah ça, pour être contrariée, je suis contrariée. Rien n'est pire dans une démocratie que d'avoir la majorité contre soi. Et pourtant, c'est bien comme ça que doivent diriger les hommes politiques. Comment font-ils? me demandé-je. Car je veux à tout prix arriver à mes fins. C'est vital, j'étouffe, je bous, je me meurs, mes collègues ont tort mais sont trop obtus pour le comprendre (tiens, ça me rappelle le traitement médiatique du non au référendum).  &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Sur ces entrefaites, cinq bonnes minutes ont bien dû s'écouler pendant que mon esprit vexé battait la campagne. Tous ont repris leurs activités avec autant d'ardeur que peut apporter le fait d'avoir le dessus dans une prise de bec. Dehors, le premier papillon de l'année virevolte. C'est le top départ. Prenant mon courage à deux mains, je décide d'agir comme un ministre de l'éducation en juillet (technique dûment éprouvée). Je me lève, j'ouvre Justine, j'éteins la clim.&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Silence dans ma tête.&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Personne n'a rien remarqué, personne ne remarquera rien. Et je respire la petite odeur de printemps qui fait palpiter les post-it autour de mon écran, tels les pétales d'une fleur électronique.&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;Quelle héroïne!&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-4713638579332500376?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/4713638579332500376'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/4713638579332500376'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2010/09/heroine-en-cdi-episode-3-la-clim.html' title='Héroïne en CDI – épisode 3 : LA CLIM'/><author><name>Le Salaire De La Peur</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13591784263761615872</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_alYkjjTUVtI/TGulYzfMP_I/AAAAAAAAAAM/NvgXBX799Pw/S220/salaire.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-8710088244249794191</id><published>2010-09-05T07:02:00.000-07:00</published><updated>2011-03-17T05:24:32.562-07:00</updated><title type='text'>LETTRE OUVERTE D'UNE MÉDIOCRE A SON MINISTRE</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Sur le modèle de cette lettre, rédigez la vôtre, modifiez les éléments  nécessaires (car chaque situation est particulière) et envoyez-la à cette adresse : &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Ministère de la culture&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;3 rue de Valois&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;75001 Paris&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Monsieur le ministre,&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Je suis française. Je suis artiste plasticienne. Je suis fatiguée. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Vous participez à un gouvernement issu d'un bord politique qui depuis  des années détruit l'image de la création, celle des créateurs. Afin de  pouvoir mieux détruire la création elle-même. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Ce bord politique a été accusé de « guerre contre l'intelligence » il y  a quelques années par de grands esprits lors d'une pétition lancée par  le magazine « les Inrockuptibles ». Depuis, certains de ces esprits se  sont éteints, d'autres sont las ; la guerre continue de plus belle. Vous  y participez. Du mauvais coté de la ligne de front. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Je pourrais choisir de vivre cette guerre symbolique – mais pas seulement symbolique - avec indifférence. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Tous les jours je préfère travailler, sans me soucier du qualificatif  prononcé par votre prédécesseur à mon endroit. Ainsi, j'assume  pleinement le fait d'être une « médiocre » parmi les « médiocres » tels  que les définissait monsieur Aillagon il y a quelques années. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Lorsque je pense à la prochaine exposition de mon travail, ou lorsque  je prépare un dossier de demande de subvention pour un projet ou encore  lorsque je réponds à un appel d'offre de résidence d'artiste, je ne me  pose pas la question de l'image que véhiculent de mon métier des édiles  incultes, suffisants et méprisants par le dessous. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Je pense à mon œuvre et à mon public. Il est certes fort peu nombreux  selon les modes de calcul de vos services. Il n'existe d'ailleurs  peut-être même pas pour vous lorsque j'expose dans les lieux les plus  vivants de la vraie création alternative. Mais il existe. Travaillant  partout où cela m'est possible dans les marges, je fais œuvre dans la  capillarité de la vie. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Je n'ai pas l'appétit du lucre, la réussite me fait horreur quand elle  consiste à porter une Rolex. Ces deux dernières affirmations me placent  certainement dans une position « antisociale » dans un pays où les gens  ont voté pour « travailler plus pour gagner plus ». Mais je suis fière  de cette position. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Tous les jours, je travaille. C'est ça être créateur : c'est travailler  tous les jours, à chaque instant. Être créateur c'est comme ajouter à  la difficulté d'être – inhérente à chacun – celle spécifique d'être  créateur. On ne choisit pas. C'est une nécessité intérieure. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Mais tout cela vous le savez, ce sont des lieux communs. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Tous les jours, cela m'exalte et me fatigue. Mais certains jours, je  suis très fatiguée. Ce sont les jours où je dois appeler mes "ami(e)s  conseiller(s)" des ASSEDIC pour me faire expliquer ma situation, pour  essayer de sauver les meubles. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Parce que j'ai la «chance» d'avoir droit à des minima sociaux. Et ceci  uniquement parce que j'ai été salariée, «régime» qui semble le seul à  avoir la considération des politiques dans ce pays.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Oui, car en tant que plasticienne, je n'ai pas droit à des compensations  ASSEDIC par rapport à mon métier qui se trouve à cheval de nombreuses  chaises... non musicales.... et je reste très souvent debout....comme  nombre de mes amis créateurs des arts visuels. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;D'ailleurs c'est la même chose par rapport à ma sécurité sociale (la  Maison des Artistes), je suis assujettie car je ne gagne pas assez  d'argent pour bénéficier de cette sécurité sociale et être affiliée.  Mais connaissez vous Monsieur le Ministre la différence entre un affilié  et un assujetti ?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;J'ai donc dû m'inscrire à la CMU. Ouf j'ai quand même une couverture sociale ! &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Dernièrement j'ai déposé mon dossier de renouvellement, mais, oh  surprise, on m'a demandé de justifier de mon activité de plasticienne !  Je fournissais pourtant un document émanant des services fiscaux  montrant clairement mon activité d'artiste auteur. Et ma situation n'a  pas changé depuis l'année précédente...&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Qu'est-ce donc ? Les services de sécurité sociale ont pour fonction de  vérifier les déclaration fiscales des activités professionnelles des  demandeurs de CMU aujourd'hui ? Autrement dit de vérifier si les  services fiscaux ont correctement fait leur travail ? J'ai dû me pincer  croyant être dans un mauvais rêve. Mais non c'était bien la réalité.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Comme la plupart de mes amis créateurs, depuis 2007 je réponds à de plus en plus de projets et je gagne moins. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Dans l'esprit des éléments de langages véhiculés par vos services, par  la grâce de l'union de notre premier magistrat et d'une «joueuse de  guitare», on nous a fait croire que ceux-ci – les artistes - étaient dès  lors protégés. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Je vous affirme le contraire. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Je viens de vous écrire qu'il m'était indifférent de gagner plus ou  moins. Si cette perte de revenu était liée à un projet sociétal de  redistribution, je n'en serais certes pas fâchée. Mais ce n'est pas le  cas. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Aujourd'hui mon dossier Maison des Artistes, autrement dit la sécurité  sociale des auteurs des arts visuels, m'a été renvoyé, demandant des  éclaircissements sur ma déclaration annuelle car j'ai déclaré des  interventions mais pas de ventes d'oeuvres. Mon dossier d'assujettie est  donc refusé.  Je dois justifier d'avoir fait mon métier. Ma fatigue a  grandi. Suis-je paranoïaque ? Je pense que cet imbroglio administratif  fait partie d'une stratégie de nettoyage de mon métier. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;J'en viens à la réflexion suivante : dans mon cas personnel, je  n'aurais plus le droit de faire mon métier parce qu'il n'est pas assez  rémunérateur ? &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Un système pervers, dont les règles changent à couvert, dans lequel  tout est exclusif, un système qui chasse les créateurs les plus faibles  sociologiquement parlant, et qui favorise les plus forts  administrativement parlant. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Où se trouvent les créateurs les plus intéressants et créatifs dans  cette dichotomie ? Votre réponse m'amuserait. J'ai la mienne. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Je reviens à mon cas personnel (mais qui est malheureusement général) :  au jour le jour, je cherche des expositions, j'en fait, je crée, je  réponds à des appels à résidences, je monte des projets, des dossiers,  je transmets un savoir faire et une pensée dans le domaine des arts  visuels (autrement dit je contribue à l'ouverture d'esprit et au  développement  de l'imaginaire des plus jeunes de nos concitoyens, par  là même je contribue au développement de leur esprit critique). &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Malgré tout cela, je rencontre CHAQUE ANNEE de plus en plus de  difficultés à vivre de mon métier. Je suis pourtant diplômée, doublement  diplômée d'ailleurs, deux bac + 5 ne seraient plus assez suffisants  aujourd'hui pour exercer ce métier ? &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Ce faisant, j'ai le sentiment de vivre une précarité grandissante, une  instabilité sociale, un danger de chaque instant qui m'empêche de faire  convenablement mon métier. J'en conclus que le système est mauvais et  inadapté à notre métier. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;En gros : puisque auprès des ASSEDIC, celui qui sait bien « ouvrir sa  gueule » obtient d'être un peu moins mal traité, j'affirme que cet état  de fait constitue une inégalité de fait entre les gens instruits ou  malins et ceux qui ne le sont pas.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Pour élargir le propos : je suis française. « Identité nationale ». Fierté d'être français. Est-ce possible en l'occurrence ?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Non. Je ne suis pas fière d'être ressortissant d'un pays qui méprise  autant les fragiles. Je ne suis pas fière de constater que la vie  créatrice de mon pays s'écroule parce que ses édiles font le calcul à  court terme d'évacuer ce qu'ils ne peuvent pas comprendre et ceux qu'ils  ne peuvent pas comprendre. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Vous ne pouvez pas nous comprendre. Mais laissez-nous faire ce que nous  avons à faire, participer de la vraie fierté d'un pays comme la France :  être un pays de culture vivante, intense et vibrante, même si vous et  ceux de votre bord faites tout pour nous précipiter à terre.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Soyez en assuré : la nécessité intérieure fera que, même au sol, je ferai partie de ceux qui y continueront de créer. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;De la hauteur de vos sphères, regardez-y parfois, au sol. Dans la boue  de votre indifférence il y a une colère qui s'installe irrémédiablement.  Vos courtisans ne vous la raconteront pas. Elle existe. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;Anna B., le 26 mai 2010&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-8710088244249794191?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/8710088244249794191'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/8710088244249794191'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2010/09/lettre-ouverte-dune-mediocre-son.html' title='LETTRE OUVERTE D&apos;UNE MÉDIOCRE A SON MINISTRE'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-6869626042795608157</id><published>2010-09-02T04:04:00.000-07:00</published><updated>2010-11-14T02:44:54.287-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Héroïne en CDI'/><title type='text'>Héroïne en CDI – Épisode 2 : A QUELLE HEURE ON S'EN VA?</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai toujours été attachée aux horaires, jamais en retard, souvent à attendre les autre. Je ne remets pas à plus tard les tâches pénibles. Cette petite discipline me permet de moins souffrir des contraintes, contrairement à ce qu'on pourrait croire.&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;Dans le boulot, ça se traduit ainsi: j'arrive tôt le matin... et je repars encore plus tôt le soir. Quoi qu'il arrive. J'ai vire remarqué que ça rendait fou mon boss, et éberluait les collègues. Je brosse un peu le tableau: la PME avec des contrats aux 35h, où il y a tellement de boulot qu'on pourrait y passer le double sans même le remarquer. Et évidemment, les gars tellement formatés par l'importance de la carrière dans leur vie qu'ils ne comptent pas leurs heures; et s'ils s'en plaignent parfois, jamais ils n'oseraient partir plus tôt, sauf peut-être le vendredi.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;Imaginez les nouveaux embauchés dans cette ambiance... Un peu jeunes et inexpérimentés, ils auront vite fait de trouver ça normal. Et à 20h ils seront chez eux avec un bon stick et une pizza. Tout fiers de gagner leur croûte. SAUF QUE. Moi je suis un peu bébête, j'ai lu mon contrat, et j'ai bien vu 35h écrit dedans. (Combien l'ont lu?) Rapide calcul... 7 heures par jour; si j'arrive à 8h30, avec 1h30 de pause, ça me fait... 17heures pour la débauche. Tranquille.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;Je vois d'ici les ricaneurs, un petit rappel s'impose. Quand on signe un contrat entre deux parties, c'est bien pour le respecter, n'est-ce pas? Il n'est pas plus acceptable de faire 50h au lieu de 35 que d'en faire 20 au lieu de 35. Je me loue, tu me payes, tope là. Tout le monde suit?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;Je me répète ça en boucle, histoire de me motiver. Inutile de préciser qu'à 17 heures, dans la boîte, on a presque l'impression d'être le matin. Ca sonne toutes les minutes. Ca urge. C'est bouillant. A 17h30 je me force, je me lève avec mes affaires – regards incrédules – lance bien fort « à demain » et sprinte de joie dans le couloir. J'ai OSE partir seulement une demi heure en retard!!!A l'arrêt de bus, quelques têtes bientôt familières me saluent.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;Tous les jours la même scène se reproduit, avec l'impression de claquer la porte au nez des autres, 17h30.&lt;br /&gt;Je m'y tiens, je m'y accroche de tous mes ongles, je bosse très dur pour y arriver. Me répète que je suis dans mon droit pour combattre la culpabilité latente et la peur d'être congédiée – je suis en CDD.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;Heureusement, dans le bus, je ne suis pas seule.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;Le jour où le boss me présente un CDI, il sait me mettre en confiance.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;« - On est très contents de toi. On t'a préparé un CDI avec un augmentation. Mais en échange, ce serait bien que tu t'investisses plus, au niveau des horaires, tu vois.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;-Oui, oui, bien sûr !&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt; »&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;Je signe. Je flippe. Je lis, c'est toujours le même régime.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;Le soir même, je suis partie à 17h30 avec l'impression de sécher des cours, de désobéir, avec mauvaise conscience, très mal en point. Plusieurs fois je pense en rigolant que j'aurais peut-être moins de tourment en finissant à pas d'heure.  &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;Je ne suis jamais partie au-delà de cette barrière fatidique des 17h30, sauf exception justifiée.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;Mon boss a bien fini par s'en accommoder. Peut-être l'aurait-il plus mal pris, venant d'un homme; le sexisme m'a servie. Je fais maintenant partie des meubles, et certains nouveaux m'ont même suivie. Ne croyez pas pour autant que la boîte en souffre, au contraire! Je dirais, moins de lambinage, plus d'efficacité. On n'a pas que ça à foutre. Les vannes des jaloux à la machine à café ont fini par se fatiguer devant la constance du clan des part-tôt.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;Récemment, à 4 mois de grossesse, j'ai même décidé un beau matin de faire réellement mes 35h. Partir à 17h. Chez moi à 17h30, avec rien d'autre à faire qu'arroser mes tomates. Vous imaginez la belle vie? Eh bien, y'a qu'à!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt;Dame, quelle héroïne!&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: 100%; font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;Héroïne en CDI&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: 100%;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-6869626042795608157?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/6869626042795608157'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/6869626042795608157'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2010/09/heroine-en-cdi-episode-2-quelle-heure.html' title='Héroïne en CDI – Épisode 2 : A QUELLE HEURE ON S&apos;EN VA?'/><author><name>Le Salaire De La Peur</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13591784263761615872</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='32' src='http://1.bp.blogspot.com/_alYkjjTUVtI/TGulYzfMP_I/AAAAAAAAAAM/NvgXBX799Pw/S220/salaire.jpg'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-1821634551537036536</id><published>2010-08-20T04:22:00.000-07:00</published><updated>2010-11-14T02:44:41.835-08:00</updated><title type='text'>Y'en a marre</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Ça m’énerve. ça me rend folle. Ça fait maintenant 6 ans que je suis à mon compte. Sur le papier, je  suis au régime micro BNC, on a connu plus glamour. Dans la réalité c’est  pas toujours sexy non plus, faut quand même avoir un minimum les pieds  sur terre et être disciplinée, on est loin des batifolages insouciants  qu’on s’imagine naïvement quand on parle de «&amp;nbsp;vie d’artiste&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="post_body" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt; On ne peut pas dire que je sois exactement disciplinée, doux euphémisme,  mais j’ai une putain de bonne étoile qui me sauve in extremis à chaque  fois de la banqueroute. Elle doit être très grosse et très compétente  cette étoile, vus à quels rigolos j’ai à faire parfois.&lt;br /&gt;Je ne sais que dessiner, c’est mon malheur. Si j’avais le choix, croyez  moi, je ferais du pain ou de la plomberie. Pourquoi ? Parce que t’en  entends beaucoup, toi, des connards qui exigent qu’un boulanger donne sa  baguette, en souriant et sans riposter ? T’en connais beaucoup des  petits rigolos qui disent au plombier «&amp;nbsp;tu fais ça pour le plaisir, non  ?&amp;nbsp;».&lt;br /&gt;Oui, dit comme ça c’est ahurissant.&lt;br /&gt;Mais bizarrement, dans le dessin, ça n’offusque personne, même pas les  auteurs. Je trouve ça fou, d’avoir réussi à inverser le propos quand il  s’agit de dessin (j’imagine que c’est aussi valable pour la musique, ou  le théâtre, ou tout ce qui est dit «&amp;nbsp;culturel&amp;nbsp;» ce que je dis là*). De  retourner comme une chaussette l’argument pour arriver à accepter et  faire accepter au pire la gratuité, et au mieux la rémunération réduite à  peau de chagrin. Et le mot magique pour arriver à ce petit miracle  c’est «&amp;nbsp;PUBLICITÉ&amp;nbsp;».&lt;br /&gt;Tiens, mate : «&amp;nbsp;tiens tu nous fais un super dessin pour une affiche  géante en quadri pour ce soir ? On a pas de sous, mais ça te fera une  putain de pub, mec !&lt;br /&gt;-oh oui, super, je m’y mets tout de suite sans attendre, la pub, c’est  ce qui me manquait pour que ça décolle enfin !&amp;nbsp;». INCROYABLE ! ça marche  !&lt;br /&gt;Sinon, t’as aussi les DIY qui te disent tu me files ton dessin ou alors t’es pas cool.&lt;br /&gt;Nan, je suis pas cool, j’ai un loyer à payer. Je serais cool quand tout  le monde le sera, mais tant que ça fonctionne comme ça, je ne lâcherai  rien.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;BANDE DE CONS. Là, je m’adresse aux abrutis qui acceptent ce deal. Je  ne m’adresse pas au mec qui le propose. Après tout, il est assez malin  pour faire perdurer le système, dans lequel l’auteur a l’air de  tellement se plaire, puisqu’il ne dit jamais rien et que ça fait des  années que ça dure. Mais merde ! Et le 31, quand tu te demandes avec  quoi tu vas encore assaisonner les nouilles que t’as bouffé tout le mois  durant, ils sont où les effets de cette pub ? Est-ce que cette pub de  merde t’a permis de décrocher un boulot correctement payé ? Je te donne  en mille : que dalle, nada, niet, compte la dessus et bois de l’eau,  t’as vu la vierge à poil ou quoi ? Tout ce que tu as eu, c’est une  flopée de connards qui te disent que c’est super ce que tu fais, qui  sont persuadés que tu gagnes des milles et des cents avec ton dessin et  qui veulent te faire bosser gratos ? pour te faire de la pub?. Et si tu  refuses, tu deviens d’un coup un vendu. Tu l’as dans le cul, et bien  profond.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Tout l’art d’inverser les rôles pour mieux te faire avaler -et parfois même revendiquer- ce mythe de l’artiste maudit.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Remarque, on veut nous le faire avaler par tous les moyens, ce mythe.  Après tout ça ne s’arrête pas au client récalcitrant, ça s’étend à la  société (française, du moins) toute entière. Chercher un appart, ouvrir  un compte, je parle même pas d’obtenir un prêt ou une quelconque aide,  ça vire au n’importe quoi quand tu dis que tu dessines pour gagner ta  vie. Ah oui, hin, t’as voulu faire des mickeys, petit con ? Bah tu vas  le payer, et cher.&lt;br /&gt;Non, ce n’est pas de l’intermittence, comme j’ai pu l’entendre, non, tu  ne touches rien en chômage, donc pas de pause, et l’urgence quasi  constante de trouver le plan qui te fera bouffer le mois prochain. Et  dans ces conditions, c’est très difficile, voire impossible, de  développer des projets, les échéances sont trop courtes, le métier trop  peu rémunérateur, ses conditions incroyablement moyenâgeuses. Ou  extrêmement modernes, comme le veut le libéralisme galopant.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Une idée ne nait pas toute seule par l’opération miraculeuse du saint  esprit, est-il besoin de le rappeler ? Si on n’a pas le temps de  laisser son esprit travailler seul, en laissant un peu la main de côté,  y’a de fortes chances de retomber éternellement dans les même gimmicks,  de perdre une quelconque réflexion, de produire pour produire, et finir  par perdre tout le sel de la création, le risque. Le propos s’appauvrit,  faute de temps, le temps de la réflexion, le temps de mûrir une idée,  le temps de la creuser. Le temps de lui donner une autre dimension, ça a  un prix, un prix que personne ne veut payer. Cette problématique avait  été abordée pendant le passage de la réforme de l’intermittence, un  débat vite avorté, après tout la culture est une économie, tout le monde  s’entend là dessus et personne ne pense à le remettre en question, et  il faut qu’elle soit rentable. Il faut produire constamment, pas le  temps de penser, ou alors c’est payer les gens à rien foutre.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Alors quoi ?&lt;br /&gt;On est sous-payés (quand on est payés) et la solidarité n’existe pas  pour pallier à ce défaut et permettre l’émergence de nouveaux projets…  c’est quoi ça ? Une volonté de voir la réflexion disparaitre au profit  du vilain produit culturel ? J’en ai peur, ça ne va pas en s’arrangeant.  Les intermittents voient disparaître leurs droits sous des prétextes  fallacieux, j’imagine qu’il est hors de question d’essayer de l’étendre  aux autres domaines… Et pourquoi pas, je vous le demande ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Merde, quoi, de grandes avancées sociales se sont pourtant faites,  pourquoi est-ce qu’aujourd’hui on ne peut plus espérer de tels  bouleversements ? Je parle de ma situation parce que je la connais bien,  mais on voit partout le recul des droits, ça «&amp;nbsp;grogne&amp;nbsp;», entend on  régulièrement, mais sans aller au delà, des grèves, qui ne changent  rien, des manifs qui passent inaperçues. Nous avons perdu tout espoir de  croire que ça peut changer vraiment, parce qu’on s’est appliqué à bien  nous séparer. Tellement bien que nous ne voyons que notre propre  merdier, en croyant qu’il est toujours pire que celui du voisin, sans  voir que tous ces petits merdiers n’en font qu’un seul gros. La reine  dans cette grosse ruche.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Et qu’en plus, on culpabilise de ce merdier là, comme si on en était responsables.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;D’autres textes et articles sur le même propos (merci à Zia) &lt;a href="http://www.rue89.com/cabinet-de-lecture/2009/04/14/les-galeres-des-intellos-precaires-prolos-du-savoir" target="blank"&gt;&lt;b&gt;ici&lt;/b&gt;&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2006/05/CHOLLET/13437" target="blank"&gt;&lt;b&gt;là&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Tanxxx &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;*&lt;i&gt; Et aujourd’hui, pour faire avaler les sous-contrats, les  sous-payes, les sous-conditions de travail, on te balance à la gueule  que tu as déjà bien du bol, d’avoir la chance de travailler. Et imagine  un peu, y’a même des pays où ils ont pas de quoi à manger ! l’argument  du «&amp;nbsp;y’a pire&amp;nbsp;», justement, y’a pas pire pour faire avaler des  couleuvres. Il faudra attendre qu’on en soit réduits à l’esclavage pour  être en droit de dire quelque chose ? &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-1821634551537036536?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/1821634551537036536'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/1821634551537036536'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2010/08/yen-marre.html' title='Y&apos;en a marre'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-3889922086125272203</id><published>2010-08-18T05:13:00.000-07:00</published><updated>2011-12-11T06:39:15.311-08:00</updated><title type='text'>La maison qui rend fou</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On sait tous que les méandres administratives peuvent finir par rendre fous. Je comprends pourquoi il y a tant de personnes agressives au troisième guichet, ou à la troisième réunion ou au énième coup de fil. J’en ai pris conscience il y a peu. Enfin on va revenir un peu dans le passé.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Au 22 février, je ressors du bureau du responsable. J’ai en main la date de fin de contrat. Au 22 mars, je suis sans emploi. La crise économique n’épargne pas les petites boutiques ou bien est-ce la mauvaise gestion de mon pote-patron, ou les deux… toujours est-il que je vais devenir chômeuse.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’est dur mais c’est aussi ça, la vie… y parait.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Connaissant la date, je me suis innocemment dit que ce serait assez intelligent de lancer les démarches administratives en commençant par me préenregistrer auprès du Pôle Emploi. Comme ça, je serai déjà dans leur base de données, j’aurai réuni les papiers nécessaires et au 23 mars, hop tout se déclenche. Même maintenant, je me dis que ça doit être faisable.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’arrive au Pôle Emploi de ma ville, sourire collé au visage. C’est aussi ça, la vie. Faut pas en vouloir aux employés si ma situation va changer. J’attends sagement à l’accueil. Au bout de 20 minutes, l’employée m’explique qu’il faut que je téléphone au Pôle Emploi. Le téléphone est derrière moi. Je téléphone au Pôle Emploi dans le Pôle Emploi. L’hôtesse d’accueil est payée pour nous dire « téléphonez derrière » &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je n’échappe pas à la boite vocale. Tout est sous boite vocale maintenant. Pour obtenir une voix humaine, il faut s’armer de patience et généralement, la voix humaine est encore plus désagréable que la voix robotisée. Pardon de déranger dans votre travail qui est de répondre au téléphone. « Madame, il faut nous rappeler le lendemain de la fin de votre préavis » C’est ça aussi, la vie. Des gens fatigués de leur boulot et qui nous le font savoir.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bon…super. J’ai réuni un certain nombres de papiers en attendant.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Au 23 mars, coup de fil. Trois jours plus tard, convocation. Photocopies, dossier rempli. Au 30 mars, j’arrive sourire fixée. C’est ça aussi, la vie. On attend.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;« Il vous manque des documents. C’est marqué ici ! Faut lire le dossier » Ah le truc en tout petit là ? Ah oui effectivement ça saute aux yeux&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je retourne auprès de mon ancien employeur pour avoir CE fameux papier. Pôle Emploi c’est pas plus simple pour les employeurs finalement. Après deux heures de recherche pour comprendre quel formulaire remplir et comment le compléter, on préfère téléphoner. Trois coups de fils plus tard au PE, ¾ d’heures de boite vocales, 4 services plus tard, on obtient quelqu’un qui nous donne une explication en 5 minutes chrono. On recommence sur le site. Elle nous a donné de mauvaises explications. En fait, c’est un papier que les Assedic remplissaient avant. C’est aussi ça la vie, on a des choses qu’on n’arrive pas à comprendre.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Deux jours plus tard, je reviens avec tout ce qu’il faut. Les papiers sont pris à l’accueil. Une semaine plus tard, je reçois de nouveau mon dossier dans ma boite aux lettres. Il manque un papier de mon ancien ancien employeur. C’est là que ça devient en plus rigolo et grandguignolesque. Mon ancien ancien employeur c’est le rectorat, l’État quoi. Deux administrations à bouger.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je leur envoie un mail. Pas de réponse. Je les appelle plusieurs fois dans la semaine. Aucune réponse. C’est aussi ça la vie, on tombe sur du vide. Je regarde le calendrier : c’est les vacances scolaires. Tout s’explique. Le rectorat est en fait une école…&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;A la fin des vacances, je reçois le papier. Je redonne mon dossier. Ça fait déjà un mois que je suis au chômage et je ne perçois toujours rien et je ne suis toujours pas inscrite. Une semaine plus tard, trois courriers du PE : un pour dire qu’il faut les recontacter d’urgence, le deuxième pour me dire de les recontacter d’urgence, le troisième pour me dire qu’ils rejettent mon dossier car, après calcul des reliquats des droits que doit me verser le Rectorat et celui de mes droits que doit me verser PE, ben c’est au Rectorat de le faire. C’est pas clair. Ça m’a fait la même. C’est aussi ça la vie, on se bat contre plus fort que soi.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je retourne au PE car, moi, je veux bien envoyer mon dossier au Rectorat mais il faut me le redonner…&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Courrier, retour, courrier, téléphone. Le Rectorat me réclame un papier de rejet du PE. Je vais sur le site qui rame et qui plante du PE. J’imprime le courrier. C’est le même que celui déjà envoyé au Rectorat. C’est pas le bon. Ce n’est pas EXPLICITEMENT écrit « Rectorat » sur le courrier alors ça peut-être un autre employeur. C’est ça aussi la vie, on se sent débile.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pendant plus d’un mois, j’ai le Rectorat qui me demandait un papier que le PE ne me fournissait pas. Le Rectorat a donc décidé (enfin !) de contacter leur correspondant au PE pour avoir le document. Il me semble que d’après le PE, je n’aurai fait aucune demande et que je suis inscrite chez eux.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Au final, j’ai galéré pendant trois mois. Je perçois maintenant moitié moins que mon salaire de vendeuse. Je n’ai pas pu payer pendant trois mois mes créances, mon loyer etc.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La plupart des travailleurs me fait comprendre que je suis une paresseuse d’être au chômage et de m’être battue pour avoir des sous alors que j’aurai du mettre mon énergie à chercher un travail. C’est ça aussi la vie, on se sent humiliée, plus bas que terre et on ne sait pas comment on va s’en sortir mais on croise quelqu’un pour nous attacher la pierre au pied pour mieux rester au fond de l’eau.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;Spoon&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-3889922086125272203?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/3889922086125272203'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/3889922086125272203'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2010/08/on-sait-tous-que-les-meandres.html' title='La maison qui rend fou'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-5330236576471033422</id><published>2010-08-17T05:12:00.000-07:00</published><updated>2010-11-14T02:43:58.120-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Héroïne en CDI'/><title type='text'>Héroïne en CDI – épisode 1 : LE STAGIAIRE</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;/span&gt;                &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Il  est arrivé à 8h10 ce matin, le nouveau stagiaire. Il s'est sapé classe,  avec une chemise repassée et des chaussures de ville, bien rasé. Ça  fait toujours drôle chez un mec de 20 piges; il m'a donné envie de  sourire. D'ailleurs je ne me suis pas privée. Comme j'étais la seule  déjà arrivée ce matin, j'ai dû prendre des initiatives.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;J'ai entendu un bruit de couloir hier sur son arrivée, c'est déjà ça.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;« -Je crois qu'y a un stagiaire de l'IUT qui arrive demain.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;-Non?!!! Mais où on va le mettre?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;-Y'a encore de la place dans les WC, à côté des boîtes d'archives.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;-Hin, hin, hin »&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Faut  préciser que les bureaux de ma boîte sont dans un minuscule T4 pour une  dizaine d'employés – un bureau pour boss n°1, un bureau pour boss n°2,  et deux pièces pour les 7 autres. Et donc, il y a réellement les  archives dans les WC. C'est même la pièce la plus spacieuse. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Les  chefs étant on ne sait où, on en est restés là concernant le stagiaire,  inch'allah. Et me voilà ce matin en free style avec le téléphone qui  sonne déjà toutes les 3 minutes. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Après  le café de bienvenue – ça m'a paru l'entrée en matière normale dans ce  genre de cas – je l'installe au poste d'un collègue qui est en  déplacement aujourd'hui. Je lui assigne une petite tâche bureautique pas  bien compliquée en attendant plus de directives, et je file sur mes  dossiers brûlants. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Les  collègues défilent un à un, à peine bonjour et tête dans le guidon. Je  sens que celui qui est devenu par la force des choses MON stagiaire  commence à se tortiller dans son petit futal noir. Je décide que la  situation a assez duré, et compose le numéro archi-connu du boss. « J'arrive »,  il me lance. J'entends derrière le ronron du 4x4 et la pouffe du GPS.  Le voilà, arrivée fracassante comme à son habitude: porte ouverte à la  volée, marches 4 à 4, en gueulant dans son téléphone. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Je sais pas pourquoi, mais je pressens un grand jour.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Une  demi-heure plus tard, il est toujours pas sorti de son bureau. Je toque  et entre, me force à dire bonjour en souriant un peu, et lui rappelle  l'arrivée d'Antoine – de son petit nom. Enfin il descend dans la fosse,  lance un grand salut à la cantonnade et salue l'Antoine d'un ton très  camarade, même galère, etc. Il le lance à dessiner les réseaux d'un  immeuble -c'est ça que fait la boîte où je travaille- sans rien lui  expliquer ou presque, se barre aussi vite qu'il est arrivé, et  évidemment tout ça est urgent.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;C'est  pas évident de dessiner les réseaux d'un immeuble, même sorti d'un IUT  on n'a pas vraiment idée. Il faut pas mal de temps et d'erreurs... C'est  à ça que ça sert un stage... Donc voilà le stagiaire parti à improviser  comme il peut. Je passe pas mal de temps à tenter de décortiquer la  tâche en morceaux plus digestes; mais c'est vraiment compliqué, ça  n'avance pas bien fort. Il y a tellement à apprendre.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Le  boss repasse après manger, la gueule avinée; il commence à lui chercher  des poux, commence à dire, c'est pourtant pas compliqué... Il lui prend  la souris des mains, s'énerve devant la lenteur du débutant, son  incompréhension.Il sous-entend lourdement que c'est très simple et que  si Antoine n'y arrive pas, c'est qu'il n'est qu'une sous-merde. Le ton  monte, le stagiaire cherche à répliquer. Mais les forces ne sont pas  égales... Notre boss est un vieux baroudeur de réunions de chantiers,  tour à tour jovial, brutal, gouailleur, fonceur. Je commence à bien le  connaître, lui et ses coups de gueule légendaires. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Je suis impressionnée de voir le stagiaire se rebiffer.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Comment?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Estimerait-il qu'il a le droit de ne pas baisser les yeux, se taire et tout recommencer sans mieux comprendre pour autant?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Où a-t-il bien pu apprendre une chose pareille?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Antoine menace de prendre son sac et de se barrer. Réplique.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;« Soit tu te sors les doigts du cul et tu me finis ça, c'est quand même pas compliqué, soit tu te casses, j'en ai rien à branler, jsuis pas ton père!!! ». Tout ça en gueulant évidemment.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Bon, là c'est trop, personne n'intervient. Ca, c'est encore pour ma pomme.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;« -Oh mais tu vas arrêter de gueuler comme ça? », je lui balance, au grand méchant loup. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Un  peu déstabilisé – pas l'habitude de se faire remettre à sa place par  une femme- il lâche du lest. Assez pour qu'Antoine se taille en bonne et  dûe forme. Je m'inquiète pas pour lui, il trouvera un autre stage, ce  sera pas plus mal.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Dans mon élan, j'en rajoute une couche, c'est pas tous les jours.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;« -C'est pas normal que tu parles comme ça à un stagiaire! »&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Ses yeux s'exorbitent. J'ai peur. Il prend son inspiration.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;« -JE PARLE COMME JE VEUX!!! »&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;(un peu faible, non?)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;« -On peut pas bosser dans ces conditions. ».Pas faux, tout le monde gobe.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Retraite  du lion dans sa grotte. Je tremble. Bon sang, quelle héroïne je fais.  Il est 5heures30, je file, et dans le bus j'écoute Daniel Mermet qui me  fait rêver d'en devenir une vraie... &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin: 0pt;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Héroïne en CDI&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: inherit; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-5330236576471033422?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/5330236576471033422'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/5330236576471033422'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2010/08/heroine-en-cdi-episode-1-le-stagiaire.html' title='Héroïne en CDI – épisode 1 : LE STAGIAIRE'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5216671902197921385.post-4922498002082908930</id><published>2010-08-17T03:08:00.000-07:00</published><updated>2011-12-11T06:37:31.344-08:00</updated><title type='text'>Savoir compter</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: inherit; margin: 1ex; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Comme tout  le monde ou presque j’ai essayé&amp;nbsp;d’apprendre à&amp;nbsp;compter  lorsque j’allais encore à&amp;nbsp;l’école. On m’a toujours dit  que savoir compter c’est le plus important –&amp;nbsp;encore plus que  de savoir lire et écrire, ce qui est parfaitement idiot. Il faut savoir  compter ce que l’on possède, il faut savoir compter ce que l’on  a fait (ou pas), il faut savoir compter ce que l’on doit à quelqu’un  d’autre (et inversement), il faut savoir compter ce qu’il nous reste.  Compter est le socle de notre bonne vieille civilisation occidentale  basée sur l’accumulation (peut être ailleurs également mais je  n’ai jamais voyagé beaucoup plus loin que les frontières de l’Europe)  et c’est aussi son mode de fonctionnement, son mode opératoire. J’ai  donc appris à compter, sans doute moyennement convaincu de l’utilité  de la chose, avant de m’apercevoir aussi que compter me permettait  de connaitre le nombre de pages du dernier numéro du Journal de Mickey  qu’il me restait encore à lire. Posséder et compter ne seraient  donc rien sans la frustration et le manque que cela finit par induire.  Compter rend le plaisir, la jouissance et l’inutilité à la fois  nécessaire et coupable. Comme un vieux reflexe judéo-chrétien.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Le meilleur  vecteur de tout ça, c’est le travail. Que dire de quelque chose qui  crée sa propre utilité et qui en devient nécessaire pour exister  socialement&amp;nbsp;? Tu as un travail mais tu ne seras qu’une merde tant que  tu ne seras pas devenu (petit) chef – encore la logique d’accumulation,  notion que l’on confond à tort avec celle d’amélioration. Tu n’as  pas de travail donc tu resteras une merde tant que tu n’en auras pas  un. Compter devient alors encore plus facile, il suffit uniquement de  connaitre les chiffres zéro et un, d’adopter le système binaire  et la position manichéenne qui consiste à dire que tout est blanc  ou que tout est noir. On cloisonne, on régule, on calcule, on gère  et on détruit les vies selon une logique comptable aveugle et aveuglante.  Et en plus d’être une notion philosophique et éthique, l’exploitation  du travail est une notion mathématique, liée à celle de plus-value  et donc à celle de profit&amp;nbsp;: il s’agit (en résumé) de la différence  entre ce qu’un patron paie à son employé et ce que le travail de  cet employé rapporte réellement à son patron.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Comme tout  le monde j’ai donc appris à compter et comme beaucoup je ne comptais  vraiment pas les bonnes choses. Je vais avoir 41 ans cette année, je  suis le fruit d’un accident post soixante-huitard. Cela fait 22 années  que je bosse maintenant, en entreprise, avec très peu de courtes périodes  de chômage. Je ne compte même pas les jobs que je faisais quand j’avais  encore le droit d’habiter chez papa. Je ne suis pas propriétaire  de mon appartement, je n’ai pas de voiture, tout cela ne compte pas  réellement pour moi. La seule chose qui comptait c’est le travail.  Pourquoi&amp;nbsp;? Je n’ai aucune envie, aucune passion&amp;nbsp;? Evidemment que oui.  Mais j’ai toujours estimé qu’essayer d’en vivre reviendrait à  la trahir. C’était un très mauvais calcul, peut être le pire mais  c’est le seul calcul que je pouvais faire&amp;nbsp;: accepter d’en chier d’un  côté (celui de la vie active) pour avoir soi-disant les mains économiquement  libres de faire ce que je voulais à côté. Certains vont à la pèche,  collectionne les nains de jardin ou je ne sais quoi d’autre encore.  Moi aussi. Toujours bénévolement. Avec l’illusion que quand on aime  on ne compte pas. Des dizaines, des centaines d’heures passées à  m’occuper d’associations ou autres. Je n’ai donc rien trahi. Mais  je me suis usé. Usé par des jobs purement alimentaires. Par truchement  j’ai risqué d’user également ce que j’aimais le plus, à tel  point qu’il y a quelques années j’ai commencé à le détester  également. Ce qui revient à se détester soi-même. J’aurais mieux  fait de me préoccuper davantage de mes chimères. L’aliénation par  le travail prend des chemins tordus pour finir par bouffer tout ce que  l’on voulait absolument préserver au départ. La dépression n’est  pas qu’un terme reflétant un solde macro économique calculé à  la baisse, c’est aussi un état des choses, un état de soi. Marrant  au passage comme la dépression est gémellaire de l’accumulation.  Plus on entasse et plus on s’enfonce. Encore une illusion. Les bulles  existentielles explosent bien plus fort que les bulles spéculatives.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;Bref, de quoi  je me plains&amp;nbsp;? Comme je l’ai déjà dit plus haut j’ai toujours réussi  à bosser ou presque. Pourquoi devrais-je ouvrir ma gueule&amp;nbsp;? Sinon je  n’avais qu’à devenir animateur radio, exploitant de cinéma, libraire,  patron de bar, disquaire, acteur, gérant d’une salle de concert ou  chroniqueur mondain, tous ces trucs qui me disaient bien mais dont je  suis totalement incapable. J’ai préféré vider des camions, remplir  des rayonnages, préparer des commandes, gérer des stocks. J’ai été  un as dans mon travail. Mais mon travail, me dit-on, ne vaut plus rien&amp;nbsp;:  ce n’est jamais assez bien, jamais suffisant. Si je veux en changer  je m’aperçois aussi que le même travail ailleurs est beaucoup moins  bien payé que ce que je suis actuellement. Ce serait donc la preuve  que le travail que j’effectue n’a plus de valeur. Tout se compte,  tout s’estime et tout est logiquement déprécié&amp;nbsp;: plus la rémunération  de la force de travail baisse – ou plus sa productivité augmente  – et plus les bénéfices augmentent de leur côté. J’ai donc compté  que cela fait 22 ans que je travaille. Mais pour une fois j’ai compté  les bonnes choses. J’ai compté que – en admettant une hypothèse  basse induisant que les systèmes sociaux actuels n’explosent pas,  ce dont je doute fort – je n’ai même pas effectué la moitié d’une  période de travail après laquelle je pourrais espérer enfin arrêter.  Vous saisissez l’absurdité de la situation&amp;nbsp;? Je vais travailler toujours  plus (hum) alors que mon travail vaudra toujours moins. Je ne parle  pas de souffrance morale – pour moi la souffrance morale est davantage  liée aux brimades au quotidien dans l’entreprise – mais bien d’absurdité.  La somme de nos absurdités c'est-à-dire notre effort collectif consenti  sous couvert de démocratie et obtenu par la manipulation individuelle  ne sert au final que quelques uns. Les cumulards. Ils se prétendent  bien sûr être nos généreux bienfaiteurs, ce serait grâce à eux  que l’on a la «&amp;nbsp;chance&amp;nbsp;» de travailler, alors qu’ils ne sont –  au sens littéral – que des profiteurs. Ton patron a besoin de toi  mais toi, as-tu besoin de lui&amp;nbsp;? Non.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size: small;"&gt;&lt;i&gt;Haz&lt;/i&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5216671902197921385-4922498002082908930?l=le-salaire-de-la-peur.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/4922498002082908930'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5216671902197921385/posts/default/4922498002082908930'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://le-salaire-de-la-peur.blogspot.com/2010/08/comme-tout-le-monde-ou-presque-jai.html' title='Savoir compter'/><author><name>Tanxxx</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry></feed>
